Culture

Chronique : Lupins – Natas Loves You – The Sophia Lorenians

La rédaction a demandé à Storia son avis sur trois nouveaux disques. 

Honte sur moi, j’ai tellement de choses dans ma tête que je n’ai pas pensé à chroniquer les CD que Ladies Room m’a envoyé au début du mois de novembre. Etant donné que Winter is coming, je me suis que c’était l’occasion d’écouter trois CD aux styles très différents, qui sont sortis l’automne dernier.

Les Lupins – En pays de Berry

Initialement, les Lupins, en pays berrichon, sont les loups-garous qui peuplent les légendes. Mais à l’origine de ce groupe qui s’est fait remarquer à la Fête de l’Humanité 2014, étaient les Breuvachons, un groupe qui s’est fondé en 1999. Composé de 8 musiciens, l’instrumentarium se compose d’instruments tant traditionnels (batterie, basse, guitares) que traditionnels (cornemuse, vielle, violon, flûtes, mandoline…). Ils sortent ainsi un premier album produit par Eric Benzi – aka le producteur d’Anggun – et qui contient un duo avec Dan ar Braz. Preuve que le pauv’ Daniel ne sait pu où qu’i d’meure.

Mon humble avis

Un disque de « rock celtique » comme il s’en fait beaucoup depuis les années 1990 en Bretagne. Sauf qu’on ne se situe pas dans le vieux pays de mes pères, mais bien au pays du Sancerre et du crottin de Chavignol, qui s’avère aussi le pays des légendes de sorcières et de loups-garous. Tant la musique que les textes me rappellent les premiers albums de Merzhin, avant que le groupe de Landerneau ne prenne un tournant plus dark et expérimental.

Bref – no offence –, un album qui permet de se faire une petite gloire locale auprès des adolescents, mais qui pour moi, ayant été biberonnée à ce son adolescente et ayant passé la trentaine, ne me touche guère. Je ne doute pas de l’efficacité du groupe en live – prise dans l’ambiance d’un festival, je laisserais ma jeunesse revenir – mais pour avoir écouté beaucoup d’autres choses dans ma vingtaine, j’estime que l’album ne rend pas grand-chose de l’énergie que peut porter le groupe.

Leur site ici.

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Natas Loves You – The 8th Continent

Des trois groupes que j’avais à chroniquer, c’est celui dont je suis le plus familier, puisque Got to Belong et Go or Linger sont inclus dans la playlist tournante de Oüi FM. Au début, j’ai cru que c’était Guillaume Natas – une espèce de troll prétentieux qui essaie d’être influent sur le Net. Mais, renseignement pris, ces Luxembourgeois qui se sont formés en 2010 et qui sortent leur premier LP n’ont rien à voir. Après un premier EP qui a très bien marché au Luxembourg puis l’installation du leader Alain Schuman à Londres, ensuite à Paris, ils ont décidé de faire un premier LP à leur image – éclectique tant dans l’identité de ses membres que dans les influences qui nourrissent le groupe. Ce disque est produit par Chris Zane, producteur notamment de Passion Pit.

Mon humble avis

C’est le genre de CD de pop ambiante qui accroche bien en n’importe quelle situation : quand tu as envie d’écouter un truc pas trop énervant dans ta discographie, quand tu as envie d’ambiancer un début de soirée où les gens hésitent entre danser et discuter, quand tu accueilles ta mère à déjeuner et que tu n’as pas envie de la caler devant le 13h en bruit de fond. C’est un disque de pop métissée et très consensuelle, dans l’air du temps.

Pour autant le groupe, comme le disque, n’a pas le défaut inhérent à beaucoup de groupes qui mêlent pop et électro dans ces années 2010 : c’est certes droit et carré, mais ça ne conceptualise pas encore au point de casser les noix. L’avantage de la jeunesse, sans doute. Bref, tel des sushis bien faits, ce disque ne se consomme pas de manière répétitive, mais ne fait pas de mal une fois de temps en temps. Le Chevalier rajouterait un bémol : ce disque n’a tellement pas d’aspérités qu’il se demande si Natas Loves You est vraiment un groupe qui a la foi en ce qu’il fait. Personnellement, ce serait faire un mauvais procès d’intention et marginaliser une bonne partie de la production musicale actuelle.

Leur page Facebook.

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The Sophia Lorenians – Sex, Tape and Girls

Ici, nous sommes en présence d’un EP de 5 titres d’un groupe parisien dont la seule biographie que j’ai pu me fournir est celle que la communication a écrite sur Facebook :

Les Sophia Lorenians créent la fusion des genres avec une esthétique minimaliste et groovy aux sonorités synthé-pop. Ce n’est pas le Mariage à l’Italienne mais on s’en rapproche furieusement ! « Sex, Tape & Girls », leur prochain EP bientôt disponible, vous transportera dans leur univers et vous fera évoluer à l’intérieur d’un hôtel où vous naviguerez d’une chambre à l’autre, d’un rêve à l’autre et d’une émotion à une autre…

Bon, ben allons-y, hein !

Mon humble avis

D’entrée de jeu, je remue la tête de manière pavlovienne. La maison de disque promet du groove et, sur ce point au moins, il n’y a pas d’arnaque sur la marchandise. La maison de disque promet aussi une production minimaliste et synthé-pop et là non plus, je ne suis pas trompée. Le problème est que, justement, à vouloir faire dans le très minimaliste, heureusement que ce n’est qu’un EP, tant j’ai l’impression d’entendre le même titre 5 fois dans différentes tonalités. Je ne suis pas forcément fermée à la pop synthétique – par exemple, j’aime bien M83 et Kavinsky (là, je balance l’argument du raciste qui a un ami noir, mais bon) – mais même dans ce style, répéter constamment la même recette, aussi sensuelle et inspirante soit-elle, finit sérieusement par lasser.

Leur site ici.

Je remercie encore Ladies Room de me dérouiller de temps en temps, ça fait du bien à la petite vieille encroûtée que je commence à devenir. Mais surtout, ça me fait du bien, ces petites cures de jouvence musicale…

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