Coeur

Le clan

Il y a la mère, l’origine. Elle court partout, prête à aider le tout-venant. Si elle avait trois téléphones, elle les décrocherait en même temps.

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Son cœur est un monde pour qui sait être accueilli en son sein. On lui fait des crasses, parfois abominables, mais elle n’a pas la rancune tenace. Les propos qu’elle tient peuvent parfois s’avérer incohérents ou blesser, mais elle sait se faire pardonner.

Elle sait écouter ou livrer les informations qu’il faut. Son cerveau tourne à cent à l’heure, même si quelquefois, il lui arrive d’avoir des blancs lorsqu’elle conduit. Cela lui fait terriblement peur, car elle craint de vieillir en perdant ses capacités intellectuelles.

Il y a la tante, l’aide de tous les instants. Elle n’a pas toujours été là physiquement, mais elle a su assister sa sœur dans l’éducation des deux petites filles, que ce soit par le jeu, l’aide à la vie quotidienne ou le soutien moral. Elle a un sacré caractère et ne mâche pas ses mots. Elle s’avère parfois impressionnante, au point de faire peur. Mais c’est oublier la douceur de son cœur, généreux et franc.

Il y a la grand-mère, la matriarche. Elle est miraculée, parce qu’elle n’aurait dû vivre lorsqu’on naît à 6 mois de grossesse en 1927 et en pesant 750 grammes. Par la suite, elle a enduré beaucoup de souffrances – trahisons, maladies de proches, peines au labeur – sans jamais perdre espoir dans la vie, ni baisser les bras.

Il y a la sœur, l’aînée de 4 ans. Elle aussi, c’est un sacré bout de femme, parfois révoltée, mais, à l’instar de ses aînées, toujours le cœur ouvert à qui cherche le réconfort. Elle en a d’ailleurs fait son métier : assistante de service social. Même pour ses amies, elle se tient disponible à toute heure. Elle est d’excellent conseil, que ce soit en termes de style ou de relations.

Enfin, il y a la cousine, presque jumelle. Elle a les mêmes jouets, les mêmes fringues, la même éducation. L’enfance et l’adolescence furent complices et la vie a suivi son cours. Pour autant, à l’âge adulte, apaisée sur certaines choses à la faveur d’une vie personnelle heureuse, cette complicité se perpétue sporadiquement.

Ces 5 femmes, c’est le clan qui a fait de moi la femme que je suis. Je dois tellement de choses à ces femmes que je manquerais de temps dans ma vie pour tout énumérer. Chacune de ces femmes est à la fois normale pour qui ne les connaît pas mais extraordinaire et héroïque à mes yeux. C’est à leur contact que j’ai appris la féminité, mais aussi que la vie était un combat permanent. Contre le désespoir, contre la fatalité et la mauvaise estime de soi. Non seulement nous sommes des battantes, mais surtout, nous savons vaincre même en position de défaite.

Nous avons appris à nous débrouiller sans les hommes. Que ce soit par leur absence physique ou mentale, ils ont contribué à la conscience et à la construction de ce clan de femmes fortes qui font face à tout ce que la vie peut offrir. Certes, il se peut que nous paraissions abîmées par les épreuves, mais ce n’est qu’une façade qui cache le combat qui nous permet de sortir la tête de l’eau. Chacune a sa manière de l’exprimer, mais nous arrivons à nos fins.

Bref, chacune des femmes du clan est une héroïne à part entière. Mais ensemble, nous sommes plus qu’une ligue d’héroïnes : nous sommes les meilleures.

(cc) Lieven Soete

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