Culture

« L’amour en cité » : raisons et sentiments

La rédaction a invité Storia à l’avant-première de la projection du documentaire “L’amour en cité”.

Trésor, 31 ans, Noisy-le-Sec, divorcé. Jacky, 30 ans, Canteleu, en couple, un enfant. Ali, 28 ans, Montigny-lès-Cormeilles, marié. Julie, 27 ans, Créteil, célibataire. Sofiane, 21 ans, Douchy-lès-Mines, en couple. Farah, 33 ans, Paris XXe, mariée.

12862936624_81e735c523_zLeur point commun ? Ils ont accepté de se confier sur leur parcours amoureux et les codes de la relation amoureuse lorsque l’on vit en cité.

À l’origine de ce documentaire qui sera diffusé le lundi 15 décembre sur France 4, la réflexion de la journaliste Maïram Guisse en fin de contrat avec le Parisien en 2010. Elle s’est demandé comment il était possible d’aimer et d’afficher son amour lorsque l’environnement dans lequel on vivait imposait de la pudeur, voir de la réserve en ce qui concerne les rapports humains. Dans son aventure, elle a emmené Ruddy Williams Kabuiku. Pendant deux ans, ils ont interrogé 3 hommes et 3 femmes sur leurs relations, leurs réflexions autour de l’amour et de l’influence de la vie en cité sur leur rapport à l’amour.

Beaucoup de problématiques y sont abordées : les mariages mixtes – entre un Malien et une Française, un Antillais et une Maghrébine, une Algérienne et un Français –, l’éducation à la sexualité, à l’affection et à la pornographie, la pudeur, et même l’homosexualité. Maïram Guisse et Ruddy Williams Kabuiku ont eu l’intelligence d’interroger six profils très différents, ce qui s’est avéré important pour la qualité du documentaire.

En effet, le spectateur s’aperçoit que le fait d’habiter ne change finalement pas grand-chose au fait d’aimer et d’éprouver des sentiments. Ce qui change, c’est l’éducation plus ou moins tolérante selon les origines des parents ou le rapport que chacun a à son environnement. Les mariages intercommunautaires peuvent être plus ou moins bien vécus selon les endroits – cela peut aller de l’acceptation pure et simple de la part des parents au cassage de gueule de la part de la belle-famille. Il se peut aussi que ce ne soit pas l’entourage amical, mais familial, qui incite à la pudeur ou à la liberté quant aux relations aux autres.

Au final, ce documentaire n’est ni racoleur, ni condamnant. Mais la liberté – voire la crudité des propos tenus – s’avère libératrice pour qui est confronté à ces problématiques. Même si France 4 le diffuse en 2e partie de soirée, je vous conseille à tous de le voir, tant pour interroger votre rapport à votre environnement que pour servir d’outil pédagogique auprès du jeune public.

L’Amour en cité, un documentaire de Mairam Guissé et Rudy Williams
Première diffusion le lundi 15 décembre à 23h25 sur France 4

(cc) Frédéric Bisson

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