Coeur

La Chance

Tiens, tu es là. Tu n’es jamais parti. Tu stagnes, en silence, en attendant que le temps t’efface et que d’autres t’envahissent. Mais tu habites et tu hantes, ancré au fond, ancré jusqu’au bout.

Franpics

Sans toi, je ne peux plus respirer, c’est l’absence qui règne autour de mes pas, chaque jour tu m’accompagnes, dans mes rêves, entre mes lignes, tu es là dans chaque musique que j’écoute, dans chaque parole que je dis. Tu es présent dans mes flirts, dans mes regards séducteurs, dans mes mouvements aguicheurs.

Je t’espère dans mes faits et gestes, je t’espère sans reste. Et dans les sourires des hommes je cherche tes rides, tes fossettes, dans leurs mains je vois les tiennes, mais leurs actions ne sont pas les mêmes, elles n’ont ni leur douceur, ni ta tendresse. Leurs souffles ne sont pas les tiens, et leur odeur ne te ressemble pas. Tu es partout, mais tu n’es plus là à la fois.

Et dans mes rêves sans cesse tu reviens, et lorsque je me réveille le matin, je t’attends en vain. Nous avons vécu cette chose, nous avons marqué nos chairs. Nos corps se sont bus, se sont vus, nous nous sommes tus à l’unisson et avons exulté avec passion. Sereins, là, muets entre les songes du monde, nous étions tous les deux. Et malgré tous les obstacles, toutes les ombres, tout est intact, rien n’a bougé. Là où tu avances, je fais du sur-place. Là où tu vis, je me contente de survivre à la blessure. Je comble ton vide d’éphémères. La plaie béante au milieu de mon corps, à vif.

Chaque matin je pars à ta poursuite, et la nuit je m’endors sur mon souvenir de toi, retraçant le début et la fin, je me souviens de tout, je n’oublie rien. Je n’aurai pas le remords de ne pas avoir essayé, j’aurai simplement le regret du fait que tu m’aies laissée glisser. Nous nous connaissions par cœur, nous sommes redevenus des inconnus, dans la banalité du jour.

Alors viens, reviens vers moi, que je te montre à la terre entière, puis que je te garde pour moi seule, accorde-toi encore une fois, que je puisse trembler entre des doigts ; un peu, plus qu’un peu. Laisse moi me perdre dans tes bras, “tu peux pas laisser passer une fille comme moi.”

Photo :François Capdeville – FranPics

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