Culture

Le saviez-vous ? Spécial Musique

Ce que m’ont appris 15 mois d’amour avec le Chevalier, c’est que j’ai beau être plus cultivée que la moyenne, je peux toujours me cultiver davantage. En effet, la culture n’est pas question de savoir, mais de curiosité.

3850756797_54cd16b21c_z

Petit test que j’ai fait hier avec le Chevalier : je lui faisais écouter Spiritchaser de Dead Can Dance, à savoir un album de musiques du monde un peu planantes, ce qui n’est pas tellement inclus dans son référencement naturel d’écoute musicale. A la diffusion d’Indus, le troisième titre de l’album, nous eûmes ce dialogue :

-          Tu sais que George Harrison a été crédité pour ce morceau ?

-          Ah bon ?

-          Oui, Brendan Perry s’est aperçu qu’en fait, dans son inspiration, il y avait une réminiscence de Within You Without You (effectivement, dans la partie planante de cordes, NDLR)Il a demandé à l’époque à George Harrison lui-même qui a répondu qu’il était tout à fait d’accord pour leur céder les droits. Mais la maison de disques a eu peur d’avoir des problèmes et a décidé de le créditer sur le titre.

J’avoue, j’ai beau connaître le personnage, capable de me réciter des biographies entières d’artistes, le fait qu’il ait fait l’effort d’aller piocher sur le Wikipedia anglais la fiche d’un album de groupe obscur m’a faite halluciner. Tout comme les quelques petites références qui vont du « Ah tiens, ça m’étonne pas » à « Oh putain, c’est quoi ce délire ? » En voici quelques unes…

Le riff de La poupée qui fait non n’est pas joué par Michel Polnareff, mais par Jimmy Page. Avant de rejoindre la formation des Yardbirds qui deviendra Led Zeppelin fin 1966, Jimmy Page était déjà reconnu comme un excellent guitariste, mais surtout comme musicien de studio que tout le monde s’arrache. Y compris les pointures françaises de l’époque yéyé: Françoise Hardy, Johnny Hallyday (PsychedelicA tout casser), Eddy Mitchell (What’d I say) et donc Michel Polnarreff. Une rumeur (précise) dit même qu’il a participé en tant que musicien studio à 50 à 90% de la production britannique entre 1963 et 1966.

Oasis et The Who ont partagé un certain « fils de » comme batteur. Il s’agit de Zak Starkey, fils de Ringo Starr, le fameux batteur des Beatles. Bien que Ringo reconnaisse les qualités de son fils, il n’envisageait pas exactement cette carrière pour lui. Sauf que le petit Zak est extrêmement précoce, au point d’enseigner la batterie dès l’âge de 10 ans. Il faut dire que les bonnes fées des percussions se sont penchées sur lui, puisque son parrain n’est autre que Keith Moon, batteur originel de The Who, qui lui a offert sa première batterie. Il le remplace d’ailleurs depuis une vingtaine d’années sur les concerts de The Who. Accessoirement, il a été batteur du groupe Oasis entre 2004 et 2008 et a participé au dernier album du groupe, Dig Out Your Soul (2008). [Le Chevalier relit et vient de m’annoncer qu’en fait, il y avait DEUX batteurs sur « Dig Out Your Soul » : Zak Starkey et Noel Gallagher. Sortez moi de là, je vous en prie, NDLR].

Bernard Minet a été diplômé du Conservatoire National en percussion en 1974. Avant d’interpréter Bioman et quelques titres aussi problématiques que Hey, jolie petite fille, voudrais-tu sortir avec moi ? Bernard Wantier de son vrai blaze était batteur dans des dancings à la fin des années 1960 pour payer ses études au conservatoire. Il a ensuite été musicien studio et a collaboré avec toute la variété française de la fin des 70′s : Sheila, Alain Chamfort, Charles Aznavour, Richard Clayderman… Ce dernier lui donnera l’envie de sortir sous son vrai nom des compilations d’interprétations de thèmes au synthétiseur (voui, LES compils Synthétiseur fin 80′s – début 90′s, c’est lui). Il collabore avec Dorothée et les Musclés entre 1983 et 1997. C’est d’ailleurs cette collaboration qui lui a permis d’accéder à la célébrité en passant pour un con, alors qu’en fait, c’est un musicien qui aurait pu faire une carrière très honorable.

On attribue à tort à Henri Salvador le premier disque de rock français. En effet, son EP enregistré sous le nom d’Henry Cording (ha, ha, ha) en juin 1956, avec des collaborations de Vernon Sinclair (a.k.a Boris Vian) et de Mig Bike (aka Michel Legrand), souhaitait rendre hommage à cette mode qui embrasait les Etats-Unis depuis 2 ans avec… des jeux de mots. Sauf qu’un disque du nom de Mac Kac et son rock’n’roll  a été enregistré un peu plus tôt dans l’année. C’est l’œuvre du batteur de jazz Baptiste Reilles, qui, par la suite, prit la direction artistique du Club Saint-Germain. De plus, ce sont essentiellement les orchestres de jazz qui se sont mis à populariser le rock’n’roll en France dès 1955.

Elvis Presley était peut-être fils unique, mais n’est pas né seul. Il avait en effet un frère jumeau mort-né, Jesse Garon Presley. C’est en l’hommage de ce frère jumeau que Jesse Garon, chanteur de rockabilly français qui a eu sa petite notoriété au début des années 1980, a pris ce surnom. En effet, se lancer dans un revival  50’s en s’appelant Bruno Fumard, ça l’aurait moyen fait.

Cadeau Bonux ! Les people qui ont essayé de chanter. J’ai bien dit essayé.

Alain Delon, Comme au cinéma

Alain Delon a l’expérience de la vie car il a les cheveux qui grisonnent. Alain Delon a du sex-appeal alors il jette sa veste sur le piano. Alain Delon se regarde dans le miroir, mais il souffre de son statut de star. Alors, comme tous les gens successful des 80′s, Alain Delon a décidé d’en faire une chanson. Avouez que, vous aussi, vous avez l’impression d’entendre Alain Melon.

Patrick Timsit, Manie Ma Nana

Il y a plusieurs raisons à ce massacre : nous étions en 1988, Timsit n’était pas encore la star qu’il sera dans les années 1990, c’est encore un mec qui fait des one-man shows un peu limite. Et donc il s’est dit : « Tiens, pourquoi pas rigoler en faisant une chanson con et en bougeant comme Richard Gotainer ? » 25 ans après, on lui parle encore de cette chanson comme d’un faux pas dans sa carrière.

Bernard Tapie, Je ne crois plus les filles

On savait que Nanar avait un peu touché à tout et que, même, il avait fait un duo avec Doc Gynéco. On a du mal à imaginer que chanteur, c’était son premier métier. A l’époque – dans les années 1960 –, il se faisait appeler Bernard Tapy et essayait de chanter comme Brel ou Serge Lama. Bide. Il a même essayé de recroiser le mic dans les années 1980 avec Réussir sa vie. Bref, même s’il est passé par la case zonzon, Nanar a mieux réussi dans les affaires.

Jean-Marie Bigard, La la la

Comme qui dirait, il n’y a la place que pour un seul Patrick Sébastien sur cette terre et déjà, c’est lui accorder bien trop de place. Je vous prie de m’excuser pour vous avoir pourri votre semaine – bah oui, vous passerez votre semaine à chanter La la lalalala la la la – mais admettez que Jean-Marie Bigard n’aura jamais fait aussi fort/nul que son Lâcher de salopes. Même quand il essaie de mettre l’ambiance en chanson, la soirée se dégonfle comme le slip du monsieur une fois qu’il a quitté la scène.

La musique est tellement protéiforme qu’il suffit d’être un petit peu plus curieux qu’une simple écoute pour découvrir toutes les connexions qui existent entre les différents styles. 

(cc) Brandon Warren

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>