Culture

LA Pièce

“Bonjour Justine, je sais que tu es super, méga, ultra, giga, tétrapack occupée mais voilà j’ai monté une pièce de théâtre, certes avec deux bâtons et un silex, mais c’est génial, viens nous voir jouer”. Quelques mots dérisoires jetés sur Gmail, avec ce stupide espoir qu’une écriture, qu’un jeu de comédiens touche, fasse mouche, et nous permette de ne plus être sur la touche… justement.

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Rentre chez ta mère

J’arrive dans les bureaux de la CAAP (Cellule d’Appui à Projet). Une structure régionale qui aide les 18-30 ans à développer un projet qui chamboule une vie et touille celle des autres. Une cellule pour Bozo pas très heureux dans une vie normale. Venez-y d’ailleurs on est pas très nombreux dans cette cellule. Le mec me dit : “Vas-y, le petit journal de Sarah, qu’elle écrit en pyjama dans sa chambre en papier peint crêpons, on s’en bat les noisettes“.

Monter l’affaire !

Pour persuader des élus locaux, conclure à une convention et emprunter des salles, il faut un DOSSIER. Les fameux récipiendaires n’en liront que les trois premières phrases. Mais bon messieurs exigent qu’il y ait tout un bordel, lyrique, onirique, dominique-nique-nique… dedans.

On fait ça par terre

Vous ne possédez pas de locaux autre que votre F2 à Montrouge, et encore moins un théâtre. Tout comme moi, vous n’êtes pas sortie du Conservatoire national et vous le savez… vous êtes dans la merde.

Le doute est dans l’air

Parce qu’on vous parle de success story, du mec sur son lit d’hôpital qui a frôlé la mort, qui s’est mis à écrire ( par hasard à l’insu de son plein gré), dont la prose à ébloui le tout-Paris, et qui est maintenant plus connu que le Parc Astérix.

Une bouteille dans la mer

Je squatte des locaux. Illégalement, j’ai pas le choix. Mon Codevi a pris froid, plus un kopeck pour louer des théâtres privés. Pour pouvoir répéter sur un plateau de théâtre, je soudoie, je mens un peu beaucoup, pas passionnément. C’est pas très catholique ni musulman.

C’est mieux qu’hier

Les cinq comédiens, la vidéaste, l’ingé lumières, la costumière, le graphiste et le D.A se sont greffés au projet. Je me demande par quel miracle ils sont arrivés là. J’étais toute seule, je me suis réveillée et il y avait plein de monde autour de moi. Et ça, ça n’a pas de prix, pour le reste y a Visa Electron, la carte de ceux qui ne savent pas gérer leur argent.

La Première

En petit comité, 20 personnes se sont déplacées pour voir le résultat de 10 mois de travail acharné. Je n’ai aucun recul sur ce que je fais. Des avis j’en ai, des bons même, mais alors pourquoi tant de difficultés ? Qu’ai-je manqué ? Se perfectionner encore toujours, en espérant voir un jour mes comédiens s’envoler.

P.S : si certain(e)s sont curieu(x)ses de voir ce que les écrits d’Ugly Sally donnent sur scène, c’est par ici & ici.

P.S 2 : si comme moi vous vous lancez dans un projet casse gueule, casse tête, casse tire-lire, COURAGE ! Je suis de tout coeur avec vous. On vaincra !

(cc) Delphine Queme

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