Humeurs

Le Manque

De ces crises de délire, de larmes et de douleur, ce sang sur tes poignets, rien que de la rancoeur. Combien de temps depuis l’arrêt, de jours comptés, notés, ces boîtes remplies de comprimés. Tu les regardes, tu les toises et tu résistes pendant des jours. Et ce soir le bouchon claque, 1, puis 2, puis 3. Trop tard.

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Il faut que tu partes, tu ne peux pas abandonner. Dans un état semi-second, camoufler les cicatrices, ravaler les pleurs. Une idée fixe: ne pas boire, pas une goutte d’alcool, douloureux mélange qui liquéfie ton sang. Dans le brouillard complet, tu esquisses des sourires et ça ne fait rire que toi. Ton monde est ailleurs, toutes ces formes que personne ne voit, in delirium.

Tu déclines plusieurs verres et puis tu en bois trois, trop. Dans la chaleur, la musique te vrille les tempes, tu ne suis plus le temps, tout t’échappe, tu paniques. Et ces traces sur tes bras qui te brûlent, tu retrousses tes manches, tout passe inaperçu. Tes mains tremblent, les minutes défilent, les glaçons s’entrechoquent, danser pour faire illusion, garder une contenance, ne pas t’effondrer quand tes jambes se dérobent sous ton poids. Ton corps te hurle de t’en aller, ton esprit refuse d’abdiquer, le mal te tord le ventre, tu te concentres sur les autres pour ne pas penser, ne pas plier, ne pas sauter.

Tiens bon, tiens bon, sans cesse comme un leitmotivTiens bon, tiens bon, tu combattras dans la torpeur, déconnectée totalement de tous tes sens, acculée dans un autre univers, là où tout est gris et sombre, le rock’n'roll rythmera ta démence intérieure, ta balance entre l’envie de tout plaquer et celle raisonnable de faire bonne figure, de te calmer. Tu commences à somnoler, toutes ces substances dans tes veines qui appellent à l’aide, il faut partir, fuir avant que tout dérape… Tu t’en vas.

Assise là, sur le carrelage froid, seule à présent, tu contemples le vide. Pas ce soir, s’il te plaît, pas ce soir. Ca fait déjà trop mal et ça ne cicatrise pas. Tu ne vois que ces marques sur ton corps, tes cuisses, tes bras ; marques indélébiles qui racontent ta vie. Tu écriras cette journée sur ta peau blanche, encore.

Ca passera demain.

(cc) jayRaz

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