Humeurs

La Claque

C’est donc ça, le néant immense, plus aucune pesanteur dans le ventre, plus aucun suspens, plus aucun doute. Tout est clair, posé, précis, concis. Il va falloir décrocher les rêves, ranger les souvenirs dans le carton des belles choses, ne pas être amère, ne pas verser de larmes.

C’est le moment où la vie te donne des coups de cravache, quand tout le monde te dit qu’il faut aller de l’avant, qu’il faut rire et sourire, surtout ne pas souffrir. Ne pas cesser de respirer, pour rien au monde, happer l’air, l’avaler entièrement, reprendre conscience du mouvement autour, et ne pas lâcher prise.

Une dernière cigarette écrasée dans le cendrier, « toujours après l’amour ». Voilà, c’est ça qui s’en va, cette sorte d’amour grisé, grisant, jouissif, épuisant, avorté. Il y a trop peu de mots pour exprimer la douleur vive et fugace ressentie quand la sentence a claqué. J’ai gardé toute contenance, lorsque mon cœur dévasté s’est mis à trembler, conséquence sismique de l’abandon de l’âme. Mes mains aussi, accrochées au vide, les ongles enfoncés dans mes paumes, au sang, mâchoire serrée jusqu’à la crampe. Pas de sanglots, aucun.

Plus de regrets, jamais, j’ai vécu, j’ai profité, j’ai admiré, je me suis sentie belle et désirée comme jamais, je me suis sentie femme, vivante au creux de ce que l’on aurait pu appeler « nous deux ». Plus de peine enfin, plus de désir, juste la paix, l’esprit vide et serein.

On m’a dit de me relever, de marcher, alors maintenant je cours.

(cc) MTSOfan

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