Histoires

Une visite inattendue : Un matin comme tous les autres (1)

Voilà, c’est quelque chose de nouveau et certainement loin de mes articles habituels que vous lirez ici… J’ai commencé la rédaction de cette nouvelle en février, je ne sais pas trop bien ce que ça vaut et si cela vous plaira, je m’essaye à cet exercice pour la première fois…

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Paris, 6h50.

Comme chaque matin, le même rituel, le réveil qui m’extirpe de la torpeur de mes rêves avant de me projeter dans la réalité dynamique de la vie.

Une douche et un premier café finissent par définitivement me ramener dans le monde des vivants. Les enfants se lèvent à leur tour, s’habillent et viennent prendre leur petit-déjeuner dans la cuisine.
Mon fils, Guillaume, 12 ans, est toujours le premier, cheveux en bataille et regard encore gonflé par le sommeil, il avale ses céréales machinalement, tout en jetant un œil sur les résultats sportifs sur son téléphone. Il me fait un compte-rendu détaillé, même si cela m’intéresse peu, je tente tant bien que mal de comprendre les derniers transferts, les évolutions des différentes ligues et les résultats ATP.

C’est souvent à la fin de cette conversation à sens unique qu’apparaît ma fille, Elisa, 8 ans. Elle est régulièrement de mauvaise humeur le matin, la faute au jean ou au T-shirt choisi la veille mais qui ne convient plus le jour-même. Mon fils et moi sommes rodés à sa litanie et nous la laissons déverser sa colère dans une certaine indifférence.

Un deuxième café pour me donner du courage et Guillaume quitte la maison pour aller prendre le bus afin de se rendre au collège, il est 7h30.

Il nous reste une demi-heure avant de partir à l’école, Elisa termine son bol, un peu plus calme. Elle quitte la table, part se brosser les dents et se coiffer et s’installe dans le canapé devant la télévision ou avec l’iPad.

Je termine moi aussi de me préparer. Sandrine, 41 ans, je me maquille tous les jours, parfois de manière très simple, mais aujourd’hui non, j’ai envie de me faire de vrais yeux smoky noirs et un rouge à lèvres rouge vif assorti à mes ongles. Je ne suis pas quelqu’un de superficiel mais j’attache énormément d’importance à mon apparence physique. C’est l’éducation que j’ai reçue qui veut ça.

8h00, nous partons à l’école. J’aime ce trajet que nous faisons à pied toutes les deux, ces 20 minutes de discussion sur tout et rien, nous traversons le parc et rejoignons ensuite la rue où se trouvent de nombreuses écoles. On peut dire qu’il y a du monde, on se bouscule, les voitures se faufilent pour déposer juste devant la porte leur progéniture, d’autres stationnent de manière farfelue et dangereuse, bloquant la visibilité des autres. Certaines roulent trop vite, klaxonnent ; Paris 8h30, c’est la jungle.

Je dépose Elisa, l’embrasse et tourne les talons, je dois retourner à la maison rapidement. J’ai pour de nombreuses personnes une grande chance, je travaille à la maison, je suis rédactrice. Ce que les gens ne savent pas, c’est que le télétravail implique une énorme autodiscipline et je sais qu’il ne faut pas que je traîne dans le quartier sous peine de tomber dans le traquenard du café entre copines qui me ferait arriver à 10h chez moi et ainsi perdre une heure précieuse de boulot.

Je mets mon casque sur les oreilles et je fonce rejoindre mon ordinateur, je zigzague entre les voitures, me faufile entre les poussettes, évite les trottinettes et traverse les rues un peu à la hâte.
Je suis sortie de ma course par un coup de klaxon violent et des pneus qui crissent, j’avais pourtant regardé, il n’y avait rien et puis cette voiture est apparue d’un coup. Encore un abruti en retard qui roulait trop vite ! Le conducteur me hurle dessus et je le lui rends bien ! Je continue vers mon but…

8h45, j’arrive à la maison, je discute 5 minutes avec Christine, notre concierge, et je monte les escaliers jusqu’au deuxième. Voilà, je suis arrivée, je suis levée depuis 2 heures et j’ai l’impression d’avoir déjà accompli un marathon. Je me fais couler un dernier café, allume mon ordi et m’installe, il est 9h00. Vérification de mes emails, un petit tour sur Facebook et on est parti !

Dans le silence de l’appartement, on entend juste le ronronnement du chat qui s’installe toujours près de moi. Ce bruit m’apporte énormément de quiétude et m’aide dans ma concentration.
Il est 10h quand on sonne à la porte, ce doit être Christine, sans doute un colis, cela fait plusieurs mois que la folle du quatrième n’ose plus venir me déranger depuis que je l’ai envoyée balader de manière peu sympathique. C’est en toute confiance que j’ouvre la porte.

Ce n’est pas Christine, mais une femme aux yeux et aux cheveux noirs, belle, sans âge, la peau claire, elle ne sourit pas, mais je lis de la tendresse dans son regard.

- Bonjour Sandrine.

Mon sang ne fait qu’un tour mais elle ne me laisse pas le temps de me ressaisir :

- Laisse-moi entrer, nous avons peu de temps !

Sa phrase ressemble à un ordre ferme et autoritaire… Un cri de stupeur sort enfin de ma bouche :

- Maman ?!

Elle force l’entrée et me sourit.

- Maman ! C’est impossible…

- Je te croyais moins rationnelle que ça ma chérie, toi qui aimais tant les histoires de mythologie quand tu étais petite…

Son sourire est amusé et taquin, moi je suis sous le choc.

- Mais Maman! Maman, dis-moi !

- Oh ma petite Sandrine (je frissonne, cela fait tellement longtemps que l’on ne m’a pas appelée comme ça…), tu t’es toujours posé tellement de questions. Accepte les choses telles qu’elles sont : je suis là, nous avons peu de temps et tellement de choses à nous raconter…

- Mais par où tu veux que je commence ? Maman, ça fait 31 ans !

– Par le début, Ma Chérie, ce sera un bon départ…

(cc) Valentina Mancini Roma

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