Coeur

A vous je peux le dire… (suite)

Il n’est pas facile quand on sort d’une relation longue, qui en plus a vu naître des enfants, de recommencer autre chose. Quand j’ai repris ma liberté, il y a presque un an, je pensais reprendre les choses où je les avais laissées… Reprendre ma vie de célibataire de 26 ans, sauf que je n’avais plus 26 ans et que j’avais des responsabilités en plus ! Mais cela ne me faisait pas peur, je voulais profiter, m’éclater, goûter à tous les plaisirs, être libre !

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Mais je me trompais, ce n’est pas aussi simple que ça. D’abord, parce que mon corps pendant presque 15 ans n’a appartenu qu’à un seul homme et qu’ensemble, nous avions une intimité de celle qui se construit. On sait exactement comment s’y prendre, ce que l’autre aime, ce qui lui fera perdre pieds…

Et ensuite, il y a eu cette intimité qui se détruit, celle où l’on évite de se toucher parce que l’envie n’y est plus, parce que l’amour s’en est allé. Après tout ça, mon corps m’était devenu étranger, je voulais en reprendre possession, je voulais à nouveau sentir le désir, cette chaleur envahissante, bouleversante et incendiaire. J’avais pris la décision que je ne voulais que des aventures sans-lendemain, des aventures de pure sexualité, les sentiments pour moi, ça fait trop mal !

Alors oui, je l’ai fait, des aventures d’un soir avec des hommes sans prénom. Mais c’était difficile, un peu comme si j’organisais le propre viol de mon corps, comme si seule cette violence pouvait le réveiller de sa torpeur… Je me trompais, des nuits sans rêves qui ne me laissent que peu de souvenirs.

Et puis il y a eu lui.

Ce garçon qui est tellement différent de moi, arrivé en douceur, sur la pointe des pieds, en silence, à tel point qu’on a failli se rater. Je ne suis pas le genre de femme qui aime attendre, et puis je ne pensais pas qu’il pouvait s’intéresser à moi. Un jour, finalement, non sans l’avoir collé dos au mur, il m’a embrassée.

Ce serait vous mentir que de vous dire que tout de suite ça a été le feu d’artifice, mais j’ai quand même ressenti des papillons au creux du ventre. Mais je les ai chassés du revers de la main, ne pas s’attacher, ne plus avoir mal… Mais le cœur a ses raisons, que la raison ignore… Depuis quelques mois, nous vivons une relation douce, sans stress, ni objectif, sauf peut-être celui de profiter des moments que nous passons ensemble.

Cela nous apporte énormément de calme et de volupté, et peu à peu, malgré ma vie déjà bien remplie, nous avons créé notre bulle. Elle est à nous, peu de gens savent autour de nous. Ce n’est pas parce que nous voulons nous cacher, mais vu ma situation familiale, la patience est de rigueur. Et pour être honnête avec vous, cette clandestinité a du bon.

Nous pensions être extrêmement différents, et chaque jour nous nous trouvons de nouveaux points communs, nous nous invitons l’un et l’autre dans nos univers respectifs, et cela nous change, un peu, de ce quotidien harassant qu’est le nôtre.

J’ai deux vies ; celle de la semaine, je suis la maman dévouée et attentive, et celle du week-end où je deviens la maîtresse adolescente attardée qui veut juste aimer sans penser aux lendemains. Je ne sais pas si c’est l’âge ou le fait d’avoir déjà réalisé mes vœux de maternité et d’avoir connu la complexité de ceux-ci, mais dans cette relation, pas de projection, pas de scénario écrit à l’avance, ni de délai à respecter…

Ensemble, je crois que nous connaissons enfin une relation saine parce que nous n’attendons plus rien ou que nous avons trop eu ? Cet homme, aux antipodes des autres, me fait du bien au corps, au cœur et l’âme… Il a su calmer Maléfica et faire taire ses colères, il a réveillé une femme endormie depuis trop longtemps, voilée dans ses obligations de mère et d’épouse, oubliée d’elle-même et de tous… Alors à vous, je peux le dire, et sans vanité, aujourd’hui je suis heureuse et j’ai l’impression de baigner, enfin, dans la douceur…

(cc) Umer Malik

4 Responses to “A vous je peux le dire… (suite)”

  • Ce que tu écris est tellement juste et me parle infiniment.

    Gérer sa double casquette de parent solo.
    Réapprendre quelqu’un d’autre… Dans la durée… Enfin…
    Après l’unique perdu(e), après les vains pansements d’un soir…
    Savourer ce renouveau…

    Je suis très heureux pour toi et je ne doute pas que tu en profites pleinement. ;-)

    Euhm… Maléficia???…

    • C’est vrai que c’est compliqué, cette sensation… Je ne savais pas que cela le serait autant parce que je savais que j’étais claire dans ma tête, mais le corps est aussi fort quand il le veut et la tête a parfois tendance à te laisser croire que tout va bien ;)!
      Maleficia, excellent tuas raison je suis plus proche d’elle, une mutante ;)!
      Bien que comme me disait mon fils: “Il va y avoir un film sur toi et c’est Angelina qui joue ton rôle, tu dois être flattée ;)!”
      Maléfica, Maléficia… un peu des 2 ;)!

  • Je suis heureuse pour toi, vraiment! Profite et enroule toi dans la douceur.

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