Humeurs

Quel est ce monde ?

Je ne prends pas souvent mon clavier pour parler de la vie de mes enfants et surtout encore moins de leur vie sociétaire et scolaire, mais là, je suis choquée, scandalisée et très en colère !

ecole

Il y a quelques semaines, mon fils a été victime de harcèlement téléphonique et j’ai réglé le problème en envoyant un message à l’expéditeur des textos menaçants et insultants en lui rappelant les peines encourues pour ce genre de délit. Résultat rapide et efficace ; plus de nouveaux messages !

Lundi soir, en plein milieu du dîner ma fille m’explique qu’un garçon de CP lui a planté une fourchette dans l’épaule… Autant vous dire que je tombe des nues, regarde son épaule et y vois la marque des dents de la fourchette. Je soigne la blessure et lui demande ce qui a bien pu se passer.

Elle m’explique que le « petit » de CP ne voulait pas s’asseoir correctement afin de laisser de la place aux autres, et qu’elle lui a mis sa chaise droite et qu’en représailles, il lui a planté la fourchette. Elle m’explique que le surveillant qu’elle a prévenu lui a dit que la prochaine fois, il serait puni !

Si vous aviez entendu mon rugissement… LA PROCHAINE FOIS ? Mais quelle prochaine fois, et si c’était dans l’œil ou dans le cou ou même la main ? Je préviens ma fille que dès le lendemain, je contacterai la directrice afin que l’on prenne des mesures contre ce petit.

Le lendemain, j’ai donc appelé la directrice, qui était absente, et j’ai pu parler à son adjointe. Evidemment, elle n’était pas au courant de l’incident. Elle me rassure et me dit que c’est un comportement inacceptable, et qu’elle va de ce pas parler à ma fille et sanctionner le petit garçon.

A la sortie d’école, je récupère ma fille qui me hurle dessus comme quoi, je n’aurais pas dû appeler l’école, qu’à cause de moi elle a passé 2 récrés toute seule, que la grande sœur du petit garçon est venue l’intimider avec ses copines…

Je rassure ma fille en lui expliquant qu’elle est la victime, et donc non-coupable, et que c’est mon rôle de mère et de parent protecteur que d’informer l’école de ce genre de faits. Et je lui précise que s’il faut, je le ferai encore !

Elle m’explique aussi que sa maîtresse est venue lui demander pourquoi elle ne lui avait rien dit, que le surveillant de cantine s’est excusé de ne pas l’avoir prise au sérieux, et que le petit garçon a passé un sale 1/4h avec l’adjointe et qu’il a une punition à faire signer par ses parents.

A ce jour, je n’ai aucune nouvelle des parents, ils n’ont pas cherché à me contacter. Je me dis qu’ils n’ont peut-être pas encore eu le temps, mais à leur place, j’aurais appelé l’école dès 9h00 pour avoir les coordonnées des parents de la victime pour me confondre en excuses et prendre des nouvelles… Mais passons…

Ce qui me choque le plus dans cette histoire, c’est que ce soit encore et toujours la victime que l’on persécute, parce qu’elle a parlé, parce qu’elle a voulu se défendre ! Ça me donne envie de hurler ! Après on s’étonne que peu de gens portent plainte lors d’une agression, mais s’ils ont subi cela depuis leur enfance, vous m’étonnez ! Et puis, je me demande aussi si la prochaine fois, elle m’en parlera ou si elle préfèrera se taire de peur des représailles…

J’espère avoir fait correctement mon boulot de parent en lui expliquant et ré-expliquant que ce comportement était grave et qu’elle était la victime, et qu’il fallait sanctionner l’enfant afin qu’il comprenne et que, peut-être, cela permettrait de mettre en évidence un problème plus grave de comportement…

Du fond du cœur, je l’espère ! Je ne veux pas que ma fille, ou mon fils d’ailleurs, soit une victime silencieuse ! Quel est ce monde dans lequel nous vivons ? A quel point est-il vicié pour que la victime se sente coupable ? Je vous le demande…

(cc) Kevin Dooley

11 Responses to “Quel est ce monde ?”

  • Alexandra

    Il ne faut rien lâcher, nos enfants ne comprennent pas toujours, mais on reste droite dans ses bottes. Expliquer que ne rien dire, c’est cautionner, que ça peut être plus grave. Que c’est protéger son prochain aussi que de dénoncer. Je suis bien placée pour argumenter!!!!!!
    Triste réalité.

    • ines.sechet@gmail.com

      en tant qu’adolesente je suis totalement d’accord avec votre réaction . Peut être que des fois nous ne comprennons pas pourquoi nos parents s’en mèle tout le temps mais au fond nous aurions fait pareil :)

  • Pour en être passée par là (ma mère a dû me changer d’établissement quand elle a vu que même les profs étayaient les maltraitances commises par mes camarades, jusqu’à ce que je me retrouve soit saquée par mes notes attribuées, soit exclue des activités de groupe), et au regard de ce que me raconte ma mère sur le comportement de ses élèves, il y a malheureusement beaucoup de paramètres à prendre en compte.
    Premièrement, beaucoup de professeurs ne sont pas forcément “préparés” à gérer les situations conflictuelles internes aux établissements scolaires en dehors du contenu pédagogique. Ils n’étaient pas plus préparés auparavant, puisque la formation à l’enseignement n’est une préoccupation que depuis une quarantaine d’années en France, sauf qu’ils avaient une plus grande latitude quant à la gestion de l’extra-pédagogique dans le cadre scolaire. A fortiori, si tu ne t’es pas préparé au préalable au métier d’enseignant dans sa globalité ne serait-ce qu’en animant des camps ou des centres aérés dans ta jeunesse – où là, tu apprends réellement à gérer des groupes d’enfants –, tu auras beaucoup de mal à voir quel(s) élève(s) est(sont) exclu(s) d’une classe, etc.
    Deuxièmement, je peux te dire qu’en tant que mère, tu as un comportement exemplaire, parce que tu as su détecter très vite que quelque chose n’allait pas. Mais surtout, tu as appris à tes enfants à donner des signaux d’alerte qui t’ont permis de détecter leur mal-être. Seulement, tous les parents ne sont pas capables de détecter ceci chez leurs enfants (ma mère a mis 6 mois avant de voir que j’avais le dos troué). Notamment à l’adolescence, certaines plaintes de la part d’adolescents ne sont pas prises au sérieux par leurs parents, d’où de plus grandes propensions pour certains à devenir les victimes des autres. Du côté des parents des enfants “agresseurs”, il y a aussi un immense manque de sérieux de la part de certains. En effet, personne n’imagine que son enfant puis être capable d’en faire souffrir d’autres. C’est pour cette raison que ces mêmes parents s’indignent eux-mêmes qu’on puisse attribuer ces faits à leurs enfants, ou alors en rigolent [je te jure] et disent que les enfants agressés n’ont pas à être aussi faibles. Ces comportements confortent leurs enfants à continuer, puisqu’en l’occurrence, les personnes qui sont censées avoir le plus d’autorité sur eux ne prennent pas au sérieux leurs actes, qui sont au demeurant condamnables. Comment veux-tu, dans ce cas, que l’équipe pédagogique qui gère ces enfants ne soit pas démissionnaire ?

    • Du côté de l’école rien à redire! L’adjointe a pris le gamins entre ‘ yeux et l’a obligé à s’excuser! Même le surveillant s’est excusé pour son manque d’attention et la maîtresse a dit à Boucle d’Or de venir lui parler quand qqc comme ça arrivait…
      Moi je n’ai rien à redire sur la prise en charge de l’école.
      Merci pour tes mots, mais j’espère vraiment qu’ils continueront à me parler.
      Ce que je ne comprends ce sont les parents du gamin, moi je serais mortifiée de honte! Il y’a 2 ans Ourson avait été mêlé à une histoire, mais il n’était pas agresseur, il s’était juste contenté de ne pas intervenir. Je peux te dire que j’ai demandé à l’école de le sanctionner comme les agresseurs et je peux te dire qu’il a été puni! Je me suis excusée auprès de la victime qui m’a bien dit qu’il n’avait rien fait. Je lui ai expliqué que pour moi c’était aussi grave! Et je pense qu’il a compris…
      Pour ce qui est de la grande soeur du petit garçon, c’est assez logique qu’elle prenne sa défense, il parait que depuis elle s’est aussi excusée. Ce que je voudrais c’est qu’on m’explique pourquoi on ne peut plus se défendre!
      Quand j’étais petite je faisais partie des “chevaliers” et je voulais être avocate pour défendre les gens… Mais ma fainéantise a anéanti mes espoirs d’étudier le droit! Mais j’ai toujours été de celle qui défendait les opprimés… Et j’ai souvent été renvoyée pour ça ;)!

      • Ca me rappelle le comportement de ma soeur, forte en gueule, qui a même eu des problèmes en maternelle parce qu’elle s’est mise à frapper les gamins de CP qui la terrorisaient. Elle voyait bien que j’étais maltraitée par mes camarades (j’étais en 6e, elle en 3e). Par conséquent, comme elle tenait sa classe au respect, elle disait aux mecs qui la suivaient de porter mon cartable (parce qu’avec mes épaules, toussa) :)

  • Ma biche comme je te comprends. je suis en plein dedans. Mon loulou insulté, harcelé une fois de plus est au bout de ce qu’il peut endurer… Mais cette fois sa prof principale a eu l’intelligence d’insister pour qu’il aille faire une signalement de harcèlement auprès du CPE. Aucun impact sur les sales mioches (dont je me paierais bien les parents soit dit en passant) mais mon loulou est revenu en me disant “tu comprends maman, ce n’est pas normal, ce n’est pas ma faute… ils n’ont pas le droit de faire ça”
    ça parait peu mais, quelle avancée… on finira bien par sortir du cercle vicieux de la victime isolée et décrédibilisée par ses bourreaux. Et nous maman, continuons a veiller et à les protéger du mieux qu’on peut. nous sommes leur premier supporter / coach / garde fou. C’est dur, faut pas se le cacher ça fait même super mal. Mais je ne baisserai JAMAIS les bras. On ne peut pas cautionner cette violence, ce manque de reconnaissance et de prise en charge sur des enfants… arg ça y est ça m’énerve ;)

    • Oui je savais pour ton Loulou! Et je comprends ce que tu expliques avec le CPE, c’est super important de mettre des mots sur ce genre de choses et surtout les conscientiser que CE N’EST PAS DE LEUR FAUTE!
      ET comme toi, j’irais bien planter une fourchette dans l’épaule du petit monstre et demander à ses parents de revoir leur copie! Supporter c’est exactement le mot que j’utilise avec les enfants! Je leur dis souvent je suis votre plus grand supporter, votre fan inconditionnelle ;)!
      On va monter un club de mères en colère, j’en connais qqn-unes!

  • Keep up the good work, Nouvelle30naire ! Je trouve ta réaction et celle des enseignants exemplaires. Ça n’a pas toujours été le cas dans ma propre expérience, et c’est une réelle souffrance pour un enfant de constater que ni ses parents ni ses enseignants ne mesurent la portée des agressions – physiques ou verbales – qu’il subit. Je suis condamnée à me demander si c’était effectivement de ma faute. J’imagine qu’on est toujours le bully de quelqu’un d’autre, mais c’est vraiment quelque chose que j’aimerais éviter à mes enfants. Quand je serai grande.

    • Merci baby Haussmann. Je suis impressionnée de voir que vous avez subi tout ceci! Je dis vous en parlant de Storia et toi. Je n’ai jamais connu ça dans mon école, ni collège, ni lycée. On ne persécutait pas on ne se moquait pas et on ne s’en prenait pas aux plus “faibles”. Une seule fois, je me rappelle qu’une fille de ma classe avait essayé de s’en prendre à moi et je l’avais directement remise en place. Elle avait perdu toutes ses copines. Et quand j’ai changé de lycée, une fille a tenté de s’imposer; elle torturait sa classe depuis longtemps et j’ai mis un terme à ses agissements. Elle a d’ailleurs quitté le lycée à la fin de l’année. Moi on m’a toujours appris à me battre et à me défendre et du coup c’était rapidement fini! Mais aujourd’hui j’ai la sensation que les gens sont culpabilisés d’être des victimes, comme s’ils avaient laissé leurs bourreaux aller trop loin par leur faute… Si vous saviez comment tout ceci me met en colère!

  • Alors petite précision, j’ai appris 2-3 trucs ce matin…
    L’adjointe est venue me voir pour me dire que le petit garçon avait été sanctionné, mais qu’elle avait aussi mis ma fille en garde parce que à première vue, il avait commencé par des coups de pieds et qu’elle lui avait rendu… L’adjointe m’a fait remarqué qu’elle aurait dû avertir le surveillant à ce moment pour éviter l’escalade de violence…
    Je lui ai mis les points sur les i en lui expliquant que prendre une fourchette et la planter dans l’épaule n’était un comportement normal et par contre se chamailler entre gamins cela pouvait arriver. Ce soir, je dirai à Boucle d’Or que si le morveux la re-frappe, qu’elle ne se laisse pas faire mais qu’elle avertisse le surveillant au premier coup.
    Deuxième chose… Les parents du petit monstre se seraient présentés pour se plaindre de la sanction infligée à leur fils qui ne l’aurait pas fait exprès… Ah bon, il a pris sa fourchette et l’a plantée dans l’épaule de ma fille sans faire exprès de manière assez violente pour traverser le Sweat-Shirt et la blesser…
    Je pense que ce soir, comme j’ai lancé mes espions pour identifier les parents, je vais aller leur expliquer comment je ne vais pas faire exprès de leur écraser ma main dans la figure… Elle sera partie toute seule!

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