Back Room

L’oeil vert.

Article sélectionné par Kwelet lors de sa semaine de Rédaction en Chef !

De son doigt couvert de rouge, elle redessine la peau diaphane, quasi transparente des globes étrangers qui s’offrent dans une posture toute emplie d’une chaste soumission. Lui est là, derrière la porte verrouillée, du bout de son œil vert, assistant à ce qu’il n’aurait jamais soupçonné. Sa femme, assise sur le sol, reconnaissable à sa crinière épaisse et brune, semble peindre de son index le corps blanc et nu d’une autre femme, une femme qu’il ne connaît pas.

Cindy A., January 2001

Elle, lesbienne ? Le choc est tel qu’il ne se rend pas compte tout de suite qu’elles ont changé de configuration. Ses cheveux, qu’il aime à empoigner lorsqu’il la besogne, rampent vers lui, comme un appel. Seul le bout de son nez se détache du visage invisible. Ses cuisses sont écartées en grand. Tellement que dans un accès d’amour conjugal, il craint qu’elle ne se blesse. S’est-elle jamais ouverte à ce point avec lui ?

L’étrangère apparaît enfin. Déception. Le visage ne vaut pas le corps. Et la voilà qui se plonge avec fureur entre les cuisses pleines de sa femme ! La tête prise dans l’étau des mains encore poisseuses de rouge, elle obéit aux injonctions de sa maîtresse. « Mange-moi », croit-il entendre entre deux cris. Convulsions. Spasmes. Rougeurs. L’orgasme est déchirant, délirant. Jamais il ne l’a vu jouir ainsi…

Perdu entre dégoût et excitation, il ne sait comment aborder la question de l’érection douloureuse qui lui vrille le bas ventre. Tellement perdu qu’il ne remarque pas que la scène a de nouveau changé. L’inconnue s’est placée genoux et mains au sol. Cambrée, il voit avec une indiscrétion confondante toute sa secrète anatomie. L’anus brun et le sexe rose, parfaitement épilé, vraissemblablement. Il s’attarde un peu plus qu’il ne voudrait sur la trainée humide qui s’écoule de la vulve à la cuisse, avant de s’écraser dans un bruit indécent sur le carrelage.

Les secondes s’écoulent comme autant d’éternités, mais le moment de la réciproque n’arrive pas. Son épouse leur fait face, à tous les deux, le pied posé sur le rebord de la baignoire. Il ne le voit pas, mais il sait que son sexe est béant. L’étrangère lape, suce, embrasse avec une frénésie incroyablement animale tandis que d’une main, sa femme presse avec violence le visage couvert de son jus acide, contre le clitoris turgescent.

Un. Deux. Trois cris. Nouvel orgasme. Jets vulviens.

Silence.

Obscurité.

Sensation humide.

Caleçon embué de foutre.

Obscurité.

Silence.

Réveil.

(cc) John Perivolaris

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