Mens Room

Ecrire

Il y a un an, un martien débarquait sur Vénus. Sabre au clair, lance dressée, prêt à planter son étendard dans le moindre petit bout de territoire. On est un peu comme ça, sur Mars. La vérité, il faut l’avouer, c’est qu’il n’avait aucune idée de là où il mettait les pieds. Mouai, un vrai martien quoi. Ce qu’il a découvert a dépassé toutes ses espérances. Un vrai coup de foudre.

ecrireEn ce récit naissant, sans doute doit-il d’abord, oui, il le faut, vous confier un petit secret : s’il était arrivé là, ce n’était pas par hasard, mais par amour (et oui). Pour l’une des autochtones. (Non, inutile de le passer à la question, il ne vous dira pas qui elle est). C’était une nuit, il s’en souvient nettement, une nuit sans lune, à la lumière rougeoyante d’un feu de criquets.

Elle lui avait parlé de sa planète, les yeux remplis d’étoiles. Elle lui avait indiqué le chemin. Évidemment, il prit cela pour une invitation. Hélas… il avait dû mal comprendre : cela n’a pas vraiment tourné comme il l’imaginait avec elle… Pourtant, il était là. Et bien là. Il se dit qu’il n’avait pas fait toute cette route pour rien. Il lui fallait s’en convaincre.

Très vite, pour faire s’envoler sa tristesse, il mourut d’envie d’aller à la rencontre des autres – un martien ne se refait jamais vraiment -, mais le milieu lui sembla, à tort, hostile : il s’est même demandé si les parties les plus précieuses de son anatomie n’allaient pas finir en yakitoris.

Une fois son campement aménagé, à couvert, il a commencé à observer de loin les paysages, magnifiques, et les habitantes, sublimes, arpentant, cartographiant avec opiniâtreté les reliefs et les emplacements. Il a exploré, toujours à l’écart, avec un enchantement croissant.

Puis, imperceptiblement, il a compris que l’observation, curieuse, silencieuse, était sans aucun doute réciproque. On l’avait remarqué. On le zieutait. Dans l’ombre. Entre étonnement et incrédulité. Derrière les feuillages lui parvenaient parfois quelques bruissements… Mais il se sentait un peu seul et commençait à se demander s’il ne valait pas mieux rentrer chez lui… Quand vinrent, enfin, les premiers contacts.

C’est ici qu’il doit remercier, non sans une vive et sincère émotion, les vénusiennes qui sont allées à sa rencontre : C* aka La Poupée Russe – premier message très pudique d’encouragement en privé, intense initiatrice de l’article sur Serpieri – , M* aka La Chouette bavarde – premiers échanges suivis, de nature littéraire – , Xena – premier commentaire public d’une pertinence rare et d’une gentillesse adorable – , S* aka Nouvelle 30naire – premiers échanges publics mêlant vélocité intellectuelle, onctuosité et raffinement – et enfin S* aka Rose H., évidemment, la grande prêtresse togée de pourpre impératrice, qui, avec son collège ecclésial, l’a propulsé, lui, aujourd’hui, sur le devant de la scène. Il a pour elle une vraie dévotion, dévotion pour ses engagements, sa délicate sollicitude, et le labeur qu’elle fournit.

Sans toutes ces premières mains tendues, discrètes, belles de leurs retenues, mais ô combien essentielles, il serait sans doute reparti, fort marri, pour sa planète. Comme c’eût été dommage ! Non pas pour les vénusiennes, mais pour lui-même : il serait passé à côté de tous ces trésors inouïs, des joyaux rutilants, que sont ses habitantes exceptionnelles. Car, enfin, il a commencé à comprendre – le martien est parfois lent, vous le savez bien – dans quel endroit magique il se trouvait. D’abord, un temple de l’écriture. Une écriture de qualité, tous azimuts, sans tabous, belle et franche. Et il a adoré ça.

L’écriture est ce qui nous relie tous, ici. C’est notre anneau unique, mais pas celui de Tolkien. Car notre anneau à nous est bénéfique. L’écriture est cette quête magique et mystérieuse, ce cheminement qui nous révèle aux autres mais aussi à nous même. Elle nous grandit. Elle nous permet d’abord de nous exprimer, enfin, de sortir ce qui est vraiment en nous, quand nous sommes infoutus d’user correctement de la parole, comme nous le confie avec une justesse inouïe Nouvelle 30naire.

Même si c’est parfois difficile, Ladies Room nous permet, avec bienveillance, de franchir le cap, de concrétiser, il était temps, notre envie d’écrire, qu’elle nous vienne de loin, parfois d’une rencontre ancienne, sinon enfantine, que l’on se remémore, avec un enseignant marquant ou parce que le fait de lire les autres la déclenche soudainement. Ladies Room, on y vient pour lire, on y reste, je crois, pour écrire. Et on se surprend, alors, à pouvoir écrire.

A le vouloir, et à le dire, parfois, dans une belle et touchante déclaration, comme celle de Tija, décidément remarquablement douée en bien des domaines, et que l’on espère vraiment garder avec nous au-delà d’une année. (voilà, c’est dit ;-) ) Certaines, notamment une pour laquelle j’ai une pensée émue (voir ci-dessus) et que l’on n’oubliera pas de soutenir dans son dernier défi, sont en train d’en faire leur profession ou presque, on leur souhaite le meilleur évidemment ! Pourtant, sur LR, même si l’on ne s’estime pas suffisamment paré pour l’écrit, il y a toujours une place pour nous et on peut trouver d’autres moyens pour s’exprimer, partager un peu de soi : dessins, photographies…

Il me faut avouer un autre petit secret (cela sera un peu la semaine des petits secrets). C’est ici que j’ai consolidé, avec vous toutes, ce goût, cette envie d’écrire, dont je ne peux plus me passer. Ces cinq jours vous seront donc dédiés à vous, les filles, et à toutes les façons dont vous avez enflammé mon corps, mon cœur, mon esprit et ma plume, leur donnant l’envie à tous quatre de s’agiter avec frénésie. Rien que ça. Vous êtes toutes une source infinie d’inspiration, et je vais tenter de vous remercier, pour cet immense cadeau que vous me faites. Puis, pourquoi pas, essayer de vous inspirer un peu à mon tour.

Chaque jour, au moins une Lady sera donc mise à l’honneur, si si si, en plus des articles en une, via les sections thématiques. Ce lundi, pour débuter, j’ai choisi Saroune. J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, mais j’insiste, je persiste, je signe, je marque d’un sceau Ferrari : j’adore son style précis et vif, au scalpel, sous acide, inventif, drôle, tendre et dur, ses personnages délirants et attachants, les situations à la fois profondes et carrément déjantées qu’elle narre avec brio, mêlant le festif à la tristesse, la noirceur la plus douloureuse d’un mal-être écorché vif à toutes les petites joyeusetés de l’existence.

Séance de rattrapage pour les dilettantes ou de réactivation d’un régal passé pour les fans, les 8 « Nermina » seront regroupés, aujourd’hui seulement, dans « Histoires » + en bonus l’irrésistible « on s’était dit rendez-vous dans dix ans ». Profitez-en, on ne s’en lasse pas ! A quand la suite de Nermina, Saroune ? Je suis en manque ! ;-) Non non, Nermina, « you don’t fool me »…

(cc) this lyre lark

12 Responses to “Ecrire”

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