Culture

« La petite communiste qui ne souriait jamais » de Lola Lafon

J’ai lu ce livre sur le conseil d’une de mes collègues et franchement, je n’ai pas été déçue… Je me suis rarement autant attachée à un personnage : Nadia Comaneci.

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Vous ne vous souvenez peut-être pas d’elle, tout dépend de votre âge, mais cette petite fille a fait rêver des centaines de petites filles… Je n’ai jamais été une sportive et je n’ai même jamais soupesé l’idée de lui ressembler, mais quand je la voyais évoluer, je me demandais comment il était possible pour un corps d’effectuer de telles figures… Elle était d’une souplesse, d’une rapidité et d’une force sans égale. Dans le livre, on découvre d’abord l’enfant qui est repérée dans une école par un homme, Béla, qui veut créer une école de gymnastes, un homme qui voit en elle la différence, au premier regard…

Il va la façonner, l’entraîner, elle devra se plier à une discipline stricte et ce que l’on comprend tout de suite, c’est que Nadia est une enfant qui aime la discipline et les challenges, qu’elle s’exécute mais surtout, qu’elle veut réussir pour elle-même, elle se sait différente et ça, pour une enfant de 10 ans, c’est extraordinaire. Dès les premières pages, on admire sa ténacité et sa volonté, son abnégation face à la douleur et son refus de l’échec… Elle est prodigieuse, cette petite fée ! On pleure les injustices, on se scandalise, on s’émeut de sa réussite tellement méritée…

Il y a aussi cette confrontation au monde communiste, à la Roumanie de Ceausescu, à la Guerre Froide et cette comparaison entre le capitalisme et le communisme, qui est criante de réalisme et qui nous prouve que les 2 systèmes, bien qu’opposés, se ressemblent étrangement. Avec ce livre, j’ai retraversé mon enfance et mon adolescence, des images me sont revenues. Le tout à travers l’histoire d’une petite fille comme moi. Parce que Nadia est un peu plus vieille que moi, et même si elle fait preuve d’une extrême maturité, on dirait qu’elle reste une enfant dépendante de l’approbation des autres, des adultes, des juges, du régime…

Ce qui, évidemment, la mènera vers des « choix » qui ne seront pas toujours les bons. Il s’agit d’un roman et, même si l’auteure entretient une correspondance avec Nadia, on n’a pas réellement la version de Nadia. En refermant le livre, je n’avais qu’une envie : acheter son livre autobiographique « Letters to a Young Gymnast » pour la comprendre et connaître ses émotions. Le livre s’arrêtant après sa fuite aux Etats-Unis, j’ai fait des recherches sur Internet pour savoir ce qu’elle était devenue, comment elle avait géré “l’après”. J’ai trouvé son site perso, j’ai bien envie de lui écrire pour lui demander…

En attendant, je vous invite à lire ce livre bouleversant qui retrace la vie d’une petite fille, mais aussi l’histoire de cette Europe qui, à l’époque, n’était pas Une mais Deux.

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