Humeurs

J’ai mal à mon job !

L’autre jour, à l’occasion d’un voyage en train, alors que mon boss pensait que je bossais, en fait, en bonne nana, je lisais GLAMOUR.

burn-out

Ce genre de magazine où des mois c’est bien, des fois beaucoup moins mais ça occupe pendant les voyages en train, d’autant que le thème spécial « feel good » m’avait bien fait envie ! Et du coup, je suis tombée sur cet article intitulé « Burn-out et ca repart » ! Le burn-out, c’est désormais le mal qui fait peur, le mal qui ronge la vie de la société commerciale et des entreprises et ma génération Y.

« Burn-out », le nouveau mal du siècle, c’est aussi le titre de L’Express cette semaine ! Mais qu’est-ce-que c’est que ce truc dont tout le monde commence à parler ? Une petite dépression saisonnière, une flemmingite aiguë ou est-ce beaucoup plus profond que ça ?

Je dois avouer que quand j’ai commencé à entendre parler de ce phénomène, notamment au moment de la sortie du livre d’Aude Selly (mais que j’ai pas lu), je n’avais que peu d’empathie pour ceux qui racontent à longueur de pages leur « burn-out » pensant naïvement qu’il fallait simplement se mettre un coup de pied aux fesses, plutôt que de faire croire à un lectorat crédule qu’un jour vous n’avez juste pas pu sortir du lit pour aller au boulot.

Je ne voyais pas bien comment, sauf paralysie fulgurante survenue au milieu de la nuit, un matin, vos jambes n’ont pas pu se mettre debout, malgré l’ordre de votre cerveau ! Et puis, en continuant l’article de Glamour qui parlait de notre génération de trentenaire, la Y, celle qui morfle en ce moment, j’ai commencé à me reconnaître dans tous les portraits qui étaient dressés. Et surtout, j’ai repensé à la semaine dernière quand arrivé le vendredi, après deux nuits d’angoisse sans sommeil, je ne pouvais que pleurer dès que l’on m’adressait la parole !

Tous ces amoncèlements de documents et de dossiers à traiter sur mon bureau m’ont semblé inaccessibles au vu de leur densité. Dès que l’on me demandait « ça va ? », une nouvelle crise de larmes se déclenchait et j’essayais, entre deux sanglot, d’expliquer que je ne me sentais pas d’y arriver et que, définitivement, j’étais au bout du rouleau. J’ai fait un petit test aussi, dit du Malash, que l’on trouve sur internet, lequel me donne une note de 71, avec en commentaire “risque élevé”.

Risque élevé de quoi ? D’un matin plus pouvoir me lever parce que mon cerveau ne sera plus capable de donner l’ordre à mes jambes de marcher, de tomber dans les pommes d’épuisement au boulot entre 4 coups de fils, 25 reproches, et 180 urgences pour hier ? Risque élevé, je dois me l’avouer, d’épuisement professionnel. Parce que malheureusement, ça peut m’arriver à moi aussi et je crois que je suis sur le chemin.

Même si je suis une battante, même si je me crois trop forte pour être touchée par une maladie psychologique, il faut que je me pose les bonnes questions pour enrayer la dégringolade que je suis en train de vivre. C’est juste qu’à un moment, il faut aussi savoir dire STOP quand on est au delà du trop, mais je n’ose pas, de peur de passer pour une faible ou pire encore, une grosse nulle qui n’arrive pas à gérer tout ce qu’on lui demande !

Parce qu’au final, j’aime mon job mais des jours, je le déteste au plus haut point. Je suis à mon compte mais j’ai un patron et des horaires que je dois respecter, j’ai le temps de rien faire pour moi la semaine tellement je rentre tard le soir, et en plus la pile des « trucs à faire » sur mon bureau ne désemplit pas !

Alors avant de toucher vraiment le fond, j’essaie de me maintenir pour retourner vers le haut, je m’impose de ne pas partir le soir après 20h, quitte à manger en travaillant le midi, j’ai repris le sport, à fond comme une droguée que je suis, et surtout, j’apprends jour après jour à reconnaître que ce n’est pas possible pour une seule personne de faire tout ce qu’on me demande !

Alors oui, je fais partie de ces jeunes actifs, génération trentenaire – génération 84 (spéciale dédicace à Storia) qui sont pressés comme des citrons, qui doivent être au top professionnellement, mais aussi dans leur vie personnelle. Et je n’y arrive juste plus ! Alors oui, j’ai très mal à mon job en ce moment, mais « burn-out », tu ne m’auras pas !

(cc) Alecska

One Response to “J’ai mal à mon job !”

  • Je suis en colère contre cette société déshumanisante et culpabilisante qui fait de nous des robots seulement bons à trimer, et sans se plaindre svp! J’ai connu comme toi les boulots pour lesquels tu n’as pas assez d’heures dans une journée pour tout faire, avec un patron qui t’en rajoute toujours plus, sans te donner plus de temps. Et quand tu le lui fait remarquer, il te répond “ben, tu te débrouilles”. Alors, tu grattes du temps où tu peux: tu sautes les repas. T’es complètement lobotomisée, tu penses au boulot même quand t’es en repos, t’es crevée, tu chiales tout le temps. Et quand, après quelques mois, t’as perdu 10 kg, on vient te voir en te disant “mais enfin, faut manger. et puis, faut pas stresser comme ça, c’est juste un boulot”. Juste un boulot? En attendant ça t’arrange bien que je fasse le taf de 2, connard!
    Et le pire, c’est que, comme tu le dit, on se sent coupable de penser à baisser les bras. On se conditionne, finalement, on devient notre pire ennemi (et le meilleur allié du boss^^). Il faut que tu penses à toi, à ton bien-être, ça passe avant tout.. ça ne fait de toi quelqu’un de faible ou de fainéante, juste une personne sensée et équilibrée.
    Courage, ma belle!

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