Mens Room

Blue Dawn, période rouge, la claque !

« This One Goes To Eleven » est sorti la semaine dernière à la surprise quasi-générale, date annoncée à peine une semaine avant. On l’attendait plus tard, trop installés que nous sommes dans notre petit confort. Les Blue Dawn, eux, le confort, ils s’en tapent. Ils se jettent à plein talent, sans filet, dans leurs créations, qui sont autant de friandises revigorantes pour nos oreilles et nos cerveaux habitués, formatés, au mièvre.

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Ce nouvel opus est aussi intensément pourpre, orangé, étincelant de rubis, que le précédent, We Come In Peace, se parait d’indigos profonds, de bleus rois, d’azuréens clairs. Voilà pour la différence formelle, côté package d’EP, que j’adore. (Oui !!! J’adore même la pochette, belle, efficace, bien pensée, silhouette mystérieuse derrière, grosses lettres façon manifeste devant, et rayons, limite agit-prop. Comme ça c’est dit !)

Pour le fond, à la première écoute, le doute fugace d’un travail trop rapide (On s’était vus, quoi ? Il y a à peine six mois ??? ) s’estompe en quelques secondes : on le retrouve avec un bonheur intégral notre talentueux groupe. Indemne. Flamboyant. Magnifique. C’est peu dire que leurs morceaux me mettent en transe.

Nos quatre prodiges mêlent avec brio rythmiques entêtantes, puissance des envois de guitare, force des matraquages de batterie. De l’énergie musicale à l’état pur. C’est vif, enlevé, audacieux dans les ruptures de rythmes dont ils usent et abusent avec brio. Elles ne sont pas le moindre de leurs talents, ces ruptures de rythmes et elles sont, soyons fous, disons-le, purement jouissives ! L’ensemble est magistralement ciselé, inventif. Les mélodies s’enchaînent, mutent, disparaissent pour ressurgir parfois… le tout évidemment dans un même morceau !

Les voix sont parfaitement posées, seules ou en chœur, sur des accords jamais convenus, truffés ça et là de surprises à qui sait les écouter avec attention. Il faut souligner le travail vocal, d’un niveau très élevé, car aux sourdes oreilles il pourrait échapper, trop obnubilés que nous serions par une artillerie pourtant savamment pensée de cordes et de percussions.

On retrouve toutes leurs influences lourdes (late bloomer) mais on notera aussi des intrusions timides quoique réussies de quelques sonorités quasi-électroniques (rares, premières notes de Red Spikes), et l’incursion d’un violoncelle dans un morceau de pure douceur poétique (Inhale). Il y a même une sirène qui s’invite. (A la fin de Red Spikes, ma préférée, s’il en fallait une, car je les adore toutes sans exception).

Entre Hell et Heaven, pourtant, « This One Goes To Eleven » ne transige pas. Les Blue Dawn gardent leur alliance unique de force et de douceur… Vous avez dans les oreilles et l’Enfer et le Paradis réunis, mariés dans des morceaux magiques.

Mais comment ont-ils fait pour pondre une telle qualité, un ouvrage si incroyablement abouti en quelques mois ? Une orgie de trouvailles toutes plus réussies les unes que les autres. On sent bien qu’ils se sont fait plaisir au-delà d’un travail que l’on soupçonne titanesque. Messieurs, s’il-vous-plaît, gardez le plus longtemps possible cette étrange alchimie qui vous fait créer, ensemble, de telles merveilles, surprenantes, fortes, intelligentes, belles.

Tous ces joyaux, vous les trouverez dans « This One Goes To Eleven », nouvel EP des Blue Dawn. (Act your Rage, Djinga, Red Spikes, Late Bloomer, Inhale, Rocket to The Moon) ATTENTION !!!! : Je viens d’apprendre qu’ils seront en concert le vendredi 24 janvier aux Cariatides, dans le 2ème arrondissement de Paris, à partir de 20H30. Je ne sais pas où vous serez ce soir-là. Moi, je le sais.

Just follow the links :

Morceaux choisis (je dois me contraindre, vous savez bien que quand je suis dans cet état là, je peux écrire dix pages et plus. Moi qui suis habituellement si structuré, tout est en vrac. Ouaip, cet EP me fait cet effet là, et c’est bon !)

Act your rage :

Energie, énergie, énergie. Un coup de mou, perte d’aiguille sur la boussole, pas envie de se lever avant 11H00, envie de se coucher à 16h00 ???? Je vous prescris une cure de Act your rage. Ca vous donne juste envie d’exploser vos murs, de sortir de bouger, de vous souvenir de ce que vous vouliez. De ce que vous vouliez vraiment.

You got to act, you got to act your rage
Take a deep breath, stop beeing a slave
[…]
cross the lines, one at the time
[…]
You got to act, you got to act your rage
Take your all life to another stage
[…]
Your life is powerful
Mine would be if I woke up
[…]

Inhale :

Quelle beauté dans ce morceau ! On entend même le sourire du chanteur quand il dit « make me smile »… (si si si, je vous le dis) Mélodie « classique » à la guitare, voix veloutée, et ce violoncelle, diadème magnifique qui vient couronner le tout… subtil… fin… planant…

Red Spikes, mon chouchou, ouais :

Ca commence comme un morceau de Badalamenti  (mais si ! Je vous le dis qu’ils sont dingues), douce pluie aux sonorités électroniques, derrière laquelle on perçoit un léger mouvement, dans les fourrés, avant que ne surgissent, comme une meute de loups sortie du bois, des guitares puissantes. La voix arrive et prend possession du morceau, lui impose sa domination. Les guitares hurlent régulièrement mais sont domptées périodiquement, adoucies par le chant en des moments cristallins de pure grâce… « The price has changed »… Puis, peu à peu, les vocalises se déchirent à nouveau en tensions mesurées, saccadées, suivant finalement les guitares folles… convulsant, grainées, vers un final cataclysmique d’instruments, que seule une sirène parvient à faire taire.

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