Mens Room

Les yeux de Lizzy Caplan

Elle ne dit rien mais tout est dit. Un regard. Juste un regard. Intelligence, force, volonté, sensualité. Et ce léger flou, très léger, des reflets. Voilage indéfinissable. Elle plante les yeux dans la caméra comme des crocs. Vous voilà mordus.

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La première saison de Masters of Sex vient de s’achever. Le dernier épisode me semble de loin nettement en dessous des autres, hélas, conventions de faux bilans et de cliffhangers obligent. Il apparaît très précipité dans la narration quand tous les autres épisodes ne sont que lents tempos, pulsations suspendues, digressions impromptues : les actes manqués et autres non-dits, les silences, ici, sont très souvent sollicités pour exprimer énormément.

Car toute la série, ou presque, est d’un très haut niveau. Et qu’importe son logo plus ou moins controversé. (Franchement, qui a pu croire qu’il s’agissait d’un martini dry posé sur une table ?) Une intrigue basée sur des faits réels concernant des pionniers de la recherche sexuelle. Des dialogues jamais convenus, quelques répliques déjà cultes, deux ou trois moments de toute beauté par épisode. Tiens, juste comme ça, la scène de la piscine entre les personnages Thomas Gilpatrick et Margaret Scully dans le surréaliste épisode 10.

Des thèmes audacieux (si, si, rappelons qu’il s’agit d’une série américaine même si le câble permet des libertés) traités avec intelligence : l’orgasme, la masturbation, le sexe et l’amour, l’amour et le sexe, l’impuissance, les conventions, les conditionnements, la passion amoureuse, l’homosexualité… La liste est longue. Toute la difficulté, on l’aura compris, est de produire une série qui pourrait à n’importe quel moment sombrer dans le graveleux du fait de son sujet, le sexe, mais parvient jusqu’à présent, en tension permanente, à l’éviter systématiquement.

L’ensemble est servi par des acteurs remarquables, souvent très impressionnants dans des scènes pourtant régulièrement périlleuses, incarnant des personnages fragiles, qui me semblent tous plus subtils les uns que les autres. Ca fait du bien. Au milieu de tout ce talent, il faut l’avouer, il en est une qui s’impose.

L’actrice a eu plusieurs looks, parfois malheureux, mais là, comme souvent dans ces moments de fusion réussie entre un personnage et le comédien qui l’interprète, il faut avouer qu’elle s’est trouvée en Virginia Johnson. Une peau pâle, des cheveux denses et charbonneux. Et ses yeux… On les croirait noirs, mais, officiellement, ils sont verts. D’un vert sombre et profond.

Il semble obscur, mais il scintille. Rehaussé de sourcils francs, épais, qui sont pour beaucoup dans sa puissance. Oui, il semble obscur mais il scintille, d’une palette de sentiments, le sombre éclat, intense, des yeux de Lizzy Caplan.

3 Responses to “Les yeux de Lizzy Caplan”

  • J’adore Lizzy Caplan. Elle est délicieuse à regarder dans Fashion Film :) http://vimeo.com/58933055

    Autrement j’ai entendu parler de Masters of Sex mais pas en des termes si élogieux… Je vais me pencher sur cette série au plus vite ! Merci pour ce bel article.

  • Merci @ toi, je ne connaissais pas! Délicieuse en effet… ;-) On pourrait aussi écrire sur sa moue, voire ses moues, si caractéristiques… et franchement irrésistibles… Ton avis m’intéresse au plus haut point sur cette série, quand bien même ce serait pour la démonter en règle… affaire à suivre? :-)

  • Lizzy Caplan… je ne peux détacher son visage de son personnage emo-gothic de mean girls aux côtés d’une flamboyante Lindsay Lohan, rousse et jolie à l’époque

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