Culture

Une génération sans modèle ?

Lors de mon dernier anniversaire, et connaissant ma passion pour les livres, ma petite sœur a choisi de m’offrir un livre qui s’appelle « Françoise », écrit par Laure Adler.

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Comprenant qu’il s’agissait d’une biographie, j’eus honte de mon ignorance, ne reconnaissant pas la femme souriante et tellement chic, ses branches de lunettes coincées entre les dents, qui me faisait face. Cette femme, je l’appris très vite, était Françoise Giroud.  Une partie du petit mot de ma sœur qui se trouvait dedans disait « un livre qui rend fière d’être une femme »

A priori pas grande fanatique des biographies jusqu’ici, j’ai dévoré la vie de cette femme, me sentant au fur et à mesure des pages tellement inculte de ne pas avoir su qui elle était plus tôt. Les femmes, les guerres, les talents, les créations, les rencontres, les magazines, les cinémas, les politiques, les élégances, les décapotables mais aussi les démons, les blessures, les passés, les trahisons, les deuils. Un concentré de tout ce qui fait d’une personne quelqu’un de grand, quelqu’un qui marque son époque.

Combien de jeunes femmes ont adopté la nouvelle vague, ont eu Françoise Giroud pour modèle, se sont inspirées d’elle. Combien de femmes de cette génération se sont vues pousser des ailes pour se lancer, essayer, créer des choses…Alors oui, ce livre dresse le portrait d’une femme d’exception qui s’est battue pour ses idées et ses projets.

Ma phrase préférée de Françoise Giroud est celle là : « Je suis une femme libre. J’ai été, donc je sais être, une femme heureuse…Qu’y a-t-il de plus rare au monde ? ». Cette phrase écrite en 1960 m’a fait m’interroger sur ma génération à moi. Cette génération baptisée « Y ».

De quelles femmes actuelles, de quels personnages peut on apprendre aujourd’hui, qui nous donnent envie de nous battre vraiment, de créer encore, de se battre pour des idéaux et pour une liberté ? Quel modèle pourrais-je présenter à mes filles quand les Simone Weil, Gisèle Halimi et toutes ces autres combattantes auront disparu ?

Je n’ai malheureusement pas réussi à répondre à cette question. Bien évidemment, il y a plein de combattantes des droits, de la liberté, des femmes qui ont des projets. Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, en général, que ce soit dans la vie civile ou la vie politique, qu’on parle d’hommes ou de femmes, on manque cruellement de modèles, dans le sens où l’on parle de personnes qui rassemblent, qui fédèrent et qui emportent l’adhésion.

Alors, allez-vous remplir de la vie de cette « Françoise », livrée avec brio et sans fioriture, n’égratignant en rien son talent, mais ne l’épargnant pas des blessures qui forgent les caractères, et battez-vous pour vos idéaux. Avec passion, avec talent. Avec honneur.

“Françoise” de Laure Adler – Edition Grasset – 496 pages – 22€

2 Responses to “Une génération sans modèle ?”

  • bon deja merci pour ce court texte mais au combien bienvenue puisque posant une vraie question. Qui veux-je devenir ?
    Dans une société qui porte au nu c’est le cas de le dire Les Nabila, Kim et autres Zahia effectivement, il est en droit de se demander ou on va, non pas dans ton cul, mais surement droit dans un trou. Les modeles comme tu le dis ne devrait pas venir de la generation y qui trop jeune peu experiences ne peuvent servir de mentor à une generation entière. La faute est a reporter sur la generation X les quarantenaire qui a defaut de nous proposer un modele coherent de justesse, de dignité et de moralité nous présente un monde cynique dopé à la culture du vide. Les autres grandes journalistes et ecrivains issue de la generation X ne voient pas plus loin que le bout de leur 7e arrondissement et quelques têtes bien pensantes qui élèvent la voix sont bien vite limogées. Je pense à tous ces journalistes salariés de Lagardère licenciées à la période 2007-2008 départs provoquant de facto, une dégradation du contenu éditorial, faisant de leurs magazines hebdomadaires et mensuels des torchons servant à essuyer les reflux démagogiques déglutis par une France bien “bien pensante”, travail famille patrie.

    • @ Saroune : Merci d’avoir compris le sens de mon interrogation ! Et en effet, je partage ton avis sur la génération X un peu trop standardisé et baissant les bras à la moindre difficulté.

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