fiction

Jeune fille au pair – Est pris qui croyait prendre

Larry se lève légèrement de sa chaise, suffisamment pour venir la poser aux côtés de Manon. Elle sent le danger se rapprocher, sa peau se couvre de frissons. Elle reste immobile et attend. La nausée commence à prendre possession de son corps. Elle a chaud, elle a froid, elle ne sait plus tous ses sens sont en alerte.

Jeune fille au pair – Est pris qui croyait prendreIl glisse un bras autour de son cou, sa main joue avec la fine bretelle de sa robe. La jeune femme ne dit toujours rien, sa respiration devient saccadée. Elle ne dit rien. Sa deuxième main rejoint la cuisse de Manon, à l’endroit même où elle était positionnée quelques minutes plus tôt. Mais cette fois-ci, elle n’en reste pas là, elle se glisse sous la robe. Manon se tend, se tourne vers lui, le fusille du regard, et murmure en colère :

- Arrête ça tout de suite, où je hurle.

Larry continue son manège, approche ses lèvres de son oreille et lui répond en souriant :

- Si tu veux son nom, tu vas devoir être une gentille fille.

Il enlève la main de sa cuisse, la met dans la poche de sa veste de costume et la ressort tenant entre ses doigts un bout de papier qu’il lui montre fièrement. Manon essaye de le saisir, mais il secoue la tête négativement.

- Non, non tu n’es pas assez gentille.

Il pose le papier sur la table entre leurs deux verres. Manon oublie ses mains moites, l’indécence de ses caresses, le chantage qu’il lui jette au visage. Elle ne voit que ce bout de feuille plié en quatre dont elle perçoit l’écriture par transparence. Elle le veut et elle l’aura, quel qu’en soit le prix à payer. Elle n’en croit pas ses yeux, elle va enfin savoir l’identité de celle qui l’a mise au monde.

Des flashes lui viennent à l’esprit, des mots fusent dans sa tête : retrouvailles, vérité… Larry jubile, il a réussi à la ramener dans ses filets, encore quelques minutes et elle est à lui. Son téléphone portable rompt le silence pesant qui est venu les envelopper. Il regarde machinalement qui cherche à le joindre. Ce doit être très important, car il prend l’appel.

Manon profite de cette minute d’inattention pour se lever d’un bond, arracher le bout de papier, et prendre la fuite. Elle se met à courir à travers les tables renversant les consommations d’un couple de personnes âgées au passage. Elle ne s’arrête pas, elle court, les stilettos l’empêchent d’aller vite, mais qu’importe la douleur et le risque de chute, elle ne se retourne pas.

Elle ne voit pas Larry se dresser à son tour pour se jeter à sa poursuite. Elle ne voit pas Titou lui barrer le passage et l’empêcher de la rejoindre.

- Si tu veux un conseil mon garé, tu laisses la jeune fille tranquille. Sinon je t’assomme.

- C’est ma fiancée, on s’est disputé, il faut que j’aille la consoler. Laissez-moi passer.

Titou lui prend le bras et hausse le ton :

- Tu lui touches un seul de ses cheveux, je t’écrase, espèce de minable. Tu m’as compris ?

Manon s’est réfugiée dans une ruelle, sous un porche. Rejointe par Lila, elle reprend sa respiration. Elle tient dans main, entre ses doigts tétanisés, le papier. Elle le regarde hagarde, partagée entre la peur d’être retrouvée par Larry et la peur de lire ce qui est inscrit dessus. Lila s’est postée au coin de la rue et surveille les deux hommes. Quelques minutes plus tard, elle vient prévenir Manon, un large sourire lui barrant le visage.

- Ton pervers est reparti d’où il est venu, la tête basse. Mon Titou lui a claqué son beignet.

(cc) Biscarotte

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