Histoires

Nermina, cette folle… – 4

Article sélectionné par Kwelet lors de sa semaine de Rédaction en Chef.

Nermina, je l’écoute. Nermina, elle décide. Nermina, elle m’embarque. Nermina, je lui dis “Non” aussi. Je ne suis ni suiveuse, ni mollassonne, je veux être aimée. La différence. Une amitié pas drôle, juste complice. Je me sens comprise ou plutôt nourrie. Elle me raconte sa vie, et j’ai l’impression qu’on m’apprend la vie. Je sais que je ne sais rien, et je sais qu’elle sait tout.

toilettesL’aventure Nerminesque débute avec un exposé. Il faut travailler dessus par paire. Heureusement, Nermina existe, sinon, l’exposé, je l’aurais fait en groupe de un. Le sujet : analyser une émission télévisuelle.

Le cours de communication audiovisuelle est mon cours préféré. Comme le bleu, à l’époque, était ma couleur favorite. J’aime le monde des images travaillées. Cet univers est lisse, enveloppe bien ficelée. Le tout est bien envoyé. Bien réceptionné aussi. Je suis une jeune fille qui se fie aux apparences. Le cours de télé est mon préféré, on y parle façades.

Trop facile !” crie Nermina. Tout le monde fait le Hit-Machine, KD2A et les magazines qui parlent célébrités, c’est vraiment pire que pas intéressant du tout. Ce n’est pas faire honneur au cours, ni au prof. On est plus intelligentes que les autres“. Là, Nermina s’enflamme, je la laisse prendre feu. Le spectacle du brasier est trop intriguant. Du coup, je me fais mon petit suspense, concrètement, je m’attends à tout, mais surtout au journal télévisé. “On va faire les élections législatives !“.

Elle va au delà de mes pronostics.Mais oui, les élections débutent ce dimanche. On va tout enregistrer. On va à la bibliothèque pour se documenter et ensuite on analyse les VHS“. Oui, parce que les élections législatives ça prend plusieurs VHS. À la bibliothèque de Beaubourg, elle sort un petit livre rouge de son sac. “C’est le mien“. L’ouvrage, c’est Bourdieu sur la télévision. Ce livret couleur communiste, je le lui ai pris et jamais rendu.

C’est une découverte. On analyse. On scrute beaucoup et avant tout on “zyeute”, cette très chère Marine Le Pen. Ses gestes, ses demi-sourires et finalement son regard. Ce contact d’oeil à oeil est le pivot de l’exposé. Marine Le Pen fixe, ne détourne jamais le regard, ne baisse pas les yeux, n’observe rien sur les côtés. C’est cet outil implacable de communication visuelle dont cette femme use comme personne, qui nous voudra la note inespérée de 14 sur 20. Merci Marine Le Pen.

On étudie l’autre, le regard figé sur une vieille VHS, ça pique un peu les yeux. Avec Nermina, j’apprends à entrer masquée sur la toile tissée par l’ennemi. Un ennemi puissant qui coince bien du monde dans ses filets. Nermina aurait troqué le monde post septembre 2001 contre n’importe quelle ère, même préhistorique.

Mais Marine Le Pen, c’est un détail de l’histoire (leaule). Le jour de l’exposé, avant de s’exposer justement devant nos camarades de classe, qui soit dit en passant détestent “notre différence” royalement, une Nermina surexcitée m’entraîne dans les toilettes. Elle enlève son pull, l’arrache presque… et commence à déboutonner son pantalon. Que va-t-il m’arriver ?

(cc) Lifelog.it

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One Response to “Nermina, cette folle… – 4”

  • Je t’ai mis la pression pour avoir la suite pdt l’été et je ne lis l’épisode 4 et 5 que maintenant ! D’affilée les deux articles, sans respirer. Si je demande encore la suite, ça va pas te faire trop suer ? Je me plonge vraiment avec joie dans ton écriture.

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