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Polyamour : expériences croisées

Récemment, je me suis découverte l’envie de me constituer un harem. Pour l’instant, c’est un peu bancal, mais je trouve que je me démerde pas trop mal au final. Et puis je me retrouve avec un préféré parmi ce harem qui m’initie tranquillement au polyamour. En gros, notre relation est plus qu’un plan cul, mais nous ne sommes pas pour autant exclusifs. 

Polyamour : expériences croiséesJe ne vais pas dire que cela se fait forcément sans souffrance, mais étant donné que je ne me sens pas dans les bonnes dispositions pour envisager une relation exclusive avec une personne en ce moment, je me dis que partager mon cœur et mon cul avec des personnes saines, consentantes et pas trop jalouses (tout en respectant les règles d’hygiène de base : TOUJOURS avec protection) est un compromis qui me semble convenir davantage dans la période que je traverse.

Et puis j’ai découvert que je n’étais pas seule dans ce cas. A travers des amis communs, j’ai rencontré un polyamoureux limite militant – je vous rassure, il ne se passe rien entre lui et moi. Et il m’est venu à l’idée de confronter nos deux visions de cette relation que je trouve, au final, un peu bâtarde parce que pas encore très comprise. Ce que j’expose ici, c’est son point de vue, en italique, puis le mien.

Qu’est-ce qui t’a fait venir au polyamour ?

Je suis sorti d’une relation de 10 ans avec une fille dans laquelle je me suis senti un peu emprisonné (vers la fin en tout cas), pas seulement sur le plan affectif. Je me suis posé pas mal de questions sur ce que je voulais vraiment et je me suis rendu compte que j’avais pas envie d’exclusivité. Il y a quelques mois je suis tombé sur le terme polyamour dans un certain nombre d’articles et ça correspondait à mon ressenti. Je n’ai jamais été un type jaloux, de toute façon.

En ce qui me concerne, je suis arrivée à un stade de mon développement où je ne me sens pas dans un état émotionnel d’assumer une relation exclusive, même si, l’âge avançant, je cherche un géniteur. J’ai eu deux relations qui étaient exclusives à la base. La deuxième m’a fait perdre confiance en l’amour. Par dessus, j’ai vécu une passion à sens unique très destructrice. Donc, en ce qui me concerne, je n’ai plus, pour l’instant, confiance en l’amour.

Préviens-tu tes différents partenaires ?

Ça dépend. La base, c’est que tout le monde soit d’accord. Ensuite, il y a des personnes qui vont préférer (et demander) à ne rien savoir – du moins ne pas avoir trop de détails, ils se suffisent de “je vois untel ce soir”. D’autres vont carrément vouloir rencontrer les gens, et j’en fais personnellement partie.

Je trouve moi aussi que ça fait partie des choses élémentaires de prévenir de la présence d’autres partenaires. Mais je fais partie des personnes qui ne demandent pas de détails sur les autres partenaires. Je vois l’expérience où j’ai partagé un de mes amants avec une fille qui est devenue mon amie. Outre un aspect malsain – conflit d’ego, etc –, partager un partenaire avec une personne que l’on connaît accentue selon moi l’aspect clanique du cercle relationnel. C’est pour cette raison que j’essaie que mes différents amants n’interagissent pas les uns les autres.

Si une relation te demande l’exclusivité, es-tu prêt à l’être ?

Non. J’y ai bien réfléchi. C’est un sacrifice que je ne suis pas prêt à faire et ça fait trop partie de ma personnalité. Malgré tout, je réfléchis à des évolutions. Il y a des polyamoureux qui passent par des phases d’exclusivité, notamment des femmes, après avoir eu un enfant.

J’envisage personnellement le polyamour comme un arrangement temporaire, le temps que je me trouve dans un état d’esprit un peu plus positif concernant mes relations aux autres. Je suis affublée actuellement de trop de tares sur le plan psychique pour imposer mes souffrances à une personne. J’envisage, à ce propos, le polyamour comme un moyen de ne pas m’attacher à un partenaire précisément et ne pas avoir de dépendance affective.

Comment conçois-tu tes relations polyamoureuses ?

J’ai une frontière floue et fluctuante entre amitié et amour. J’ai de l’affection pour des filles avec qui je ne sors pas. Le fait d’avoir plusieurs amoureuses, c’est comme avoir plusieurs amies. Cela ne me gêne pas plus que cela. Mais attention, je ne les aime pas toutes de la même façon, ni pour les mêmes raisons.

Sur ce cas précis, je rejoins mon ami. J’ai mes amants que je respecte un peu moins, parce qu’ils ne me séduisent que sensuellement et pas intellectuellement. Il y en a d’autres où on tisse des liens assez fort pour que nous soyons devenus des confidents. Enfin, pour certains amants, je ressens véritablement de l’affection, voire de l’amour. Mais dans la mesure où cet amour n’est pas exclusif ni fusionnel, je le gère mieux sur le plan émotionnel.

Quelles sont tes limites au polyamour ?

Dans le polyamour il y a une limite bien connue : les 24h de la journée. Autant tu peux aimer plusieurs personnes sans que “ça se divise” – donc que tu aimes moins chacun –, autant le temps que tu passes avec les uns et les autres est forcément séparé – sauf “couple” à trois ou plus, et encore. Pour autant, tu n’es pas obligé de passer exactement le même temps avec chacun. En fait, Les limites sont à discuter dans chaque relation et à rediscuter de temps en temps, parce qu’elles évoluent. Au début, tu te mets plein de limites et tu te rends compte que ça te limite toi. À un moment, les limites que tu as édictées te pèsent à toi-même.

Je suis tout à fait d’accord avec cet état d’esprit. Je pense même qu’on ne devient pas polyamoureux d’un coup d’un seul. Au début, même, lorsqu’on est en phase de « lune de miel », on pense faire évoluer son partenaire pour se l’approprier au final. Dans ce cas, une relation polyamoureuse n’apportera que pertes et fracas. Je suis aussi d’accord pour dire que les limites sont franchies dès lors que la relation est saine et enrichissante pour les divers partenaires. Mais pour cela, je pense, il faut instaurer un postulat de départ avec chacun de ses partenaires. Je trouve même que la première limite au polyamour est la définition de la relation que l’on a à l’autre. Si on est incapable de cela, autant rester célibataire.

Ma conclusion est somme toute personnelle. Je ne dirais pas que le polyamour soit un palliatif à un manque de confiance dans le sentiment amoureux – même si j’avoue que, moi-même, je suis dans ce schéma – ni même une justification pour niquer à droite à gauche – comme cette relation pourrait être comprise. Le polyamour ne va pas de soi, il peut être le fruit des rencontres (dans mon cas) ou d’une réflexion personnelle (dans le cas de mon ami). Tout le monde n’est pas apte à ressentir ces émotions, mais ce n’est pas pour autant que les personnes qui sont dans le cadre de relations polyamoureuses doivent être considérées comme perverses ou instables. Elles n’ont peut-être qu’un cœur, mais, semble-t-il, assez grand pour accueillir beaucoup de monde.

(cc) Stuart Conner

5 Responses to “Polyamour : expériences croisées”

  • Je suis très curieuse et intéressée par ton propos. J’ai cependant des questions. Attention, je ne porte aucun jugement et réagis pour mieux comprendre, postulat de départ clairement affiché.
    Tout d’abord je m’agace de cette volonté de codifier, classifier, ranger, toute notre existence. Notre société est tellement en perte de repères que le fait de d’inventer/édicter des cases, doit rassurer…. bullshit.
    Le “polyamour”, donc n’est il pas autre chose que la vie sensuelle, sexuelle et affective de personnes non engagées sentimentalement?
    Pourquoi ouvrir encore un tiroir et essayer de trouver des explications/excuses/justifications?
    Avoir l’honnêteté de prévenir ses partenaires qu’ils ne sont pas exclusifs, pourquoi? Il ne s’agit pas de mentir, mais seulement si la relation devient récurrente, je ne comprends pas l’utilité de discussions explicatives…?
    Est-ce que les différentes relations sont forcément assez longues d’où cette nécessité de transparence? Car s’il s’agit de rencontres occasionnelles, le plaisir se prend (protégé bien entendu) et ne regarde pas les autres, … non?
    L’intérêt de cet état des sens n’est-il pas d’apporter une extrême liberté de sentiments/sensations? Si oui, codifier et quantifier le temps passé avec les partenaires n’enferme t’il pas?

  • Au départ, oui, le principe même du polyamour est qu’il y a des sentiments pour plusieurs personnes. Sinon ça s’appelle une succession de plans cul. Il n’y a pas de codification et de quantification de temps passé avec les personnes, mais juste les émotions et les sentiments.

  • D’accord je saisis, même les sentiments ne signifient pas forcément qu’il y a rapports sexuels apparemment.

  • Oh ben si, quand même, c’est plus sympa. Quand les sentiments et le désir sont partagés avec chacun…

  • Bien sûr c’est l’idéal. Je disais cela en regard de la réflexion de ton ami.

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