Humeurs

J’en ai marre, Monsieur Le Président !

Monsieur Le Président, c’est un fait, un implacable constat, j’en ai marre ! Vous voila élu depuis un peu plus d’an maintenant. Une année entière pendant laquelle votre peuple se désespère. Voilà près d’un an que la pluie vous dégoulinait dessus à travers le toit de votre voiture et que Dieu a malencontreusement essayé de foudroyer votre avion.

J’en ai marre, Monsieur Le Président !Faudrait- il y voir un signe ? La question mérite d’être posée. Blague à part, Monsieur Le Président, prenez garde. La colère gronde dans le peuple. Les journaux ne s’y trompent pas et évoquent les ressemblances avec une certaine révolution qui a coûté la tête (au sens propre) d’un de vos prédécesseurs.

Parce que Monsieur Le Président, je fais partie de vos sujets de l’ombre. De ces élèves appliqués, qui se lèvent le matin, vont bosser et se taisent. Je fais partie de ce peuple de l’ombre qui jusqu’à peu y croyait encore et est allé voter. Je ne vous mentirai pas Monsieur Le Président, je n’ai pas voté pour vous, mais peu importe dirons-nous. Sauf à dire que je ne pouvais de toute façon pas être déçue, ne m’attendant à rien.

Mais avant de prendre les armes et les banderoles, et de semer le vent de la révolte, je voulais d’abord vous écrire de ma plume pour vous crier haut et fort mon ras le bol. Mon indignation tout d’abord, au regard de ma situation personnelle et celle de plein d’autres courageuses personnes ayant choisi de créer, de supporter, de faire vivre une entreprise.

Peu importe sa taille ou sa forme Monsieur Le Président. Il faut que vous soyez conscient qu’en ne faisant rien pour cette partie de la population qui est à la tête d’une entreprise et qui est pris dans une situation d’insécurité juridique et fiscale, le pays, celui que vous êtes censé sauver, sinon au moins protéger, court à la catastrophe.

Les chefs d’entreprise sont au bord du burn-out et redoutent les périodes de régularisation de charges sociales ! Savez-vous ce que c’est ? Les salles d’audiences réservées aux entreprises en difficultés ne désemplissent pas et les victimes de cette déconfiture sont désolées d’avoir osé y croire. Certes, vous n’êtes pas aidé. Ce ne sont pas vos ministres qui sont capables de dire à la télévision que la croissance économique et le chômage n’ont aucun lien, qui vont venir à votre rescousse !

Mais c’est vous le Président non ! Il doit quand même bien y avoir autour de vous deux ou trois personnes qui tiennent la route ! Et quand même, ne reconnaît-on pas « l’intelligence » d’un homme à sa capacité de s’entourer des bonnes personnes… Parlons un peu de courage Monsieur Le Président. Votre ex-compagne en connaît un rayon puisqu’elle écume les plateaux faisant part de sa vision du courage dans laquelle manifestement, vous ne rentrez pas !

Entre nous, soit dit en passant, si je n’ai que peu d’estime pour vous, je n’en ai pas du tout pour votre ex-compagne. Mais évidemment, cela restera entre nous. Parlons-en encore du courage de convoquer une conférence de presse à 16 h ! Vous ne risquiez pas l’explosion de l’audimat ! Et oui Monsieur Le Président, il est difficile pour certaines personnes d’être devant la télé à 16 h un jour de semaine, pour vous regarder vous lamenter sur ce chômage qui ne fait qu’augmenter !

Méchant le « Chômage » ! Quel vilain garnement celui-ci ! Il aurait pu vous faire un cadeau d’anniversaire et cesser au moins pour votre « célébration » d’augmenter ! Mais non le chenapan, il a décidé de continuer à battre des tristes records ! Bien évidemment, ce n’est pas de votre faute ! Les gros nuls du gouvernement d’avant, direz-vous, n’ont aidé en rien ! Et puis cette crise et cette récession, vous n’y pouvez rien ! Alors à quoi bon se battre contre un moulin, c’est bien là votre vision des choses non ?

Alors à ca je réponds non Monsieur Le Président ! Auriez-vous pris votre surnom au premier degré et essayé encore plus d’y ressembler ! Non, Monsieur Le Président, rebellez-vous ! Et que dire ensuite de la saturation de vos sujets, dirons-nous de ceux qui bossent dans le privé dans des conditions, disons-le aussi, de merde et qui ont l’impression que quand on parle de 15.000.000 € planqués à Singapour, on se fout un peu de leur gueule.

Et de tous ces scandales à la con qui font vendre des journaux ! Guéant, Fabius, Tapie et tous les autres. Y’en a pas un pour rattraper l’autre. C’est quand même dingue que personne ne soit intègre en politique ! Parlons aussi, Monsieur Le Président, du climat bizarre qui envahit nos rues. Des gens qui s’agressent de plus en plus. Des intolérances qui s’exacerbent. Etes-vous conscient que pour la première fois on a vu des gens manifester contre des droits acquis par des autres ?

Le monde est-il fou, Monsieur Le Président, ou le rendez-vous fou ? Mais pourquoi Monsieur Le Président ? Là est la seule question qu’il faut vous poser et la première qu’il faut régler ? N’existe-t-il pas une différence de traitement entre les personnes qui seraient à l’origine de la dégradation de ce climat ? Parce que Monsieur Le Président, je vous le redis, le peuple bien discipliné de France, celui qui travaille, paie ses impôts et bien plus, celui qui, naïf est allé voter, celui qui a l’impression chaque matin que sa situation va être un peu plus injuste, ce peuple là, Monsieur Le Président, fomente la révolution.

Ouvrez vos oreilles, le grognement commence à tonner, les éclairs zèbrent le ciel, la pluie inonde le pays comme si le ciel constatait cet état de délabrement, et la colère va éclater laissant la place libre au ras le bol ambiant. Et je vous préviens, Monsieur Le Président, à titre amical si on peut dire, ca risque d’être très violent.

PS : Si vous pouviez quand même faire en sorte que le printemps se pointe, ça me ferait bien plaisir !

(cc) Nebojsa Mladjenovic

11 Responses to “J’en ai marre, Monsieur Le Président !”

  • Très joli Laurie!
    Je ne te rejoins pas sur tous les points… Parce que je pense que l’autre aurait été pire surtout conforté dans sa position de Président, il aurait sans doute fait voter une loi le désignant lui et ses fils pour l’éternité ;)!
    Mais je te rejoins, le monde va mal, très… Monsieur le Président pourrait faire des choses en commençant par éviter cette réforme des rythmes scolaires qui va coûter un bras (ou 2 et 2 jambes) qui ne servira à rien sauf à créer des inégalités encore plus grande puisque cette éducation publique française et merveilleuse qui nous donna à nous (les immigrés) une chance d’intégrer l’ascenceur social n’est plus! Elle est morte et personne ne pense qu’il est temps d’y remédier… Je ne te parle pas des services médicaux publics, où perso, je ne mets jamais les pieds parce que j’ai vu la crasse qui y règne…
    Mais… Je me demande ce qu’il vous reste comme choix…
    Si la décision de faire une révolution se faisait qui s’occuperait de l’après? Qui mettrait-on aux commandes? Là comme ça, je ne vois pas! Il est difficile de choisir entre peste et choléra… regarde où nous en sommes en Espagne… Et si on s’exilait ;)!?

  • Merci ;-)
    Il est vrai que sur certain point l’autre n’aurait pas été forcément mieux et mon choix ce serait fait par défaut !
    Ce qui est triste c’est justement de faire ce constat que personne n’est capable ou n’a envie de faire quelque chose au final !
    et je trouve que ton article complète bien cet état de fait que je voulais dénoncer !
    Moi je veux bien m’exiler avec toi ! Reste la question principale : où ?

  • Moi qui ai toujours été un Guevariste convaincu, je l’ai toujours été plus par l’homme que par le côté révolutionnaire.
    En effet, rien que la définition du mot révolution ne donne point envie “retour d’un astre à son point de départ” …. tout est dit, regardez toutes les révolution qui ont eu lieu et à quel point elles en sont maintenant …..
    Je ne sais plus en quoi ni en qui croire …. compliqué tout ça.
    En tous cas, je suis de moins en moins humaniste malheureusement !

  • L’article et les commentaires sont très intéressants à plusieurs niveaux. Je vais tenter de faire court car je suis de mon côté passé par pratiquement toutes les étapes et les points de vue à ce sujet, je crois.
    Un mélange de pessimisme, “jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien…” avant l’impact; de sursaut individualiste “Pourquoi tout attendre de l’état? Quand celui-ci ne peut et ne veut plus faire grand chose? Il faut se bouger.”; de constatation optimiste “la démocratie est le pire des systèmes, mais on n’en a pas trouvé de meilleur” (car qu’on le veuille ou non, il y a bien pire et nous sommes globalement libres et avons des droits, même celui de nous plaindre); pour enfin entrer dans un début d’action: “Vous ne vous occupez pas de politique, monsieur, je vous plains, car la politique, elle, s’occupera de vous…”

  • Effectivement, cet article est intéressant, et ce pour diverses raisons. Sans les décliner toutes, ce qui me frappe c’est la sensation que nous, Français, nous plaignons beaucoup, souvent. Comme s’il était nécessaire de trouver un bouc-émissaire, que ça défoule, que ça nous permet de mettre une tête (à abattre, pas de turc) sur nos soucis au quotidien.

    Je ne dis pas que la situation est optimale, simplement je ne comprends pas pourquoi l’enfoncer davantage encore. Je crois qu’on devrait mettre davantage d’eau dans notre vin – ensuite tout dépend de nos aspirations à chacun – mais je ne me vois pas du tout critiquer le gouvernement en place.

    Le gouvernement précédent a, selon moi, fait tant de mal symboliquement au pays, qu’il m’est difficile de considérer que le gouvernement actuel est bien pire et qu’il mérite notre ire. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais les critiques étaient bien moins virulentes à l’égard du président précédent, quand pourtant il y en avait des choses à lui reprocher…

    Pour le reste, j’entends bien que ce qui inquiète bon nombre de nos compatriotes (j’ai l’impression de parler comme Chirac !), c’est la situation économique au combien désespérante dans laquelle nous nous trouvons, et les quelques décisions prises pour pallier la crise sous tous ses états et endiguer le chômage (parce que c’est aussi de ça dont il est question) ne vont pas forcément dans le bon sens.

    Or comme le disait Kwelet, on n’a pas encore trouvé meilleur système que la démocratie qui, malgré ses défauts, reste ce qu’elle est. Et il me semble important de respecter cet état de faits. Sur une note plus jouasse, ça me rappelle notre belle Journée Spéciale Politique de l’an dernier, tiens !

  • Je vais vous donner mon intime conviction (que vous ne me demandez d’ailleurs pas ;)), le vrai problème finalement, n’est pas le sempiternel clivage droite, gauche, centre etc.
    Non, le problème, c’est l’Homme !
    L’Homme, qui est de moins en moins intègre, de moins en moins tolérant, de moins en moins courageux, qui au contraire ne voit que son profil, ses intérêts, etc (j’en passe et des meilleures !)
    Les gens, ce n’est plus en la politique qu’ils ne croient plus, c’est en l ‘Homme !
    Je pense que si demain un Homme se levait et arrivait à créer une unité, à faire l’unanimité autour de lui sur de vraies valeurs, simples, telles que celles citées précédemment, je suis intimement persuadé que les gens passeraient outre les clivages pour le (ou la) suivre !
    C’est pour cette raison qu’il ne sert à rien (je pense) de discuter politique tant qu’elle sera appliquée par des personnes qui l’utilise qu’à servir leur propre dessein et pas le nôtre !
    Définitivement, l’Homme est ce qui pouvait arriver de pire à cette planète !
    Mais à part ça, moi …. ça va ;)

  • Je ne crois pas au mythe du super-héros, mais je suis d’accord avec ta critique miss parker :)

  • @ toutes : Merci de vos echos et de prendre part à ce débat. J’ai hésiter avant de publier cet article craignant des réactions négatives et donc je suis contente qu’il suscite la discussion !

    @ miss parker : j’ai choisi exprès ce terme de “révolution” qui est très fort et dont on sait que les après ne sont jamais bons et que bien souvent il y a une période qui suit qui est transitoire et en général pire qu’avant ! Je partage ton avis sur l’homme parce que bien évidemment tout ca va au dela du clivage gauche droite. Ce n’est que le reflet de luttes de pouvoirs et de guéguérres collectives plutôt que d’intérêt commun. Et c’est bien là le problème.

    @ Kwelet : ton commentaire me fait penser au film Home de Yann Arthus Bertrand dans lequel il dit à un moment “il est trop tard pour être pessimiste” ! Je trouve que cette phrase résume bien la situation. A l’action ;-)

    @ Rose H : D’abord chapeau pour la photo. Comme d’habitude elle colle toujours parfaitement aux sentiments que je veux faire passer dans un texte.
    Sur le fond, j’aurai pu écrire cet article, avec d’autres critiques, sur l’ancien gouvernement. Parce qu’aussi en tant qu’électeur, je pense qu’on a le droit de critiquer ou d’essayer d’avoir de meilleures idées. J’ai bien évidemment pris soin d’être la plus courtoise possible à l’encontre du Président actuel qui ne m’apparait pas être un combattif mais peu importe seul le résultat comptera.
    Perso, je me plains par rapport à ma petite situation de chef d’entreprise qui est directement impactée par la crise économique dans la mesure où mes clients coulent les uns après les autres et ne paient plus mes factures alors que d’un autre côté l’URSSAF et le RSI me demandent toujours plus !
    Pour le reste, je suis bien évidemment consciente qu’il est difficile de se plaindre de vivre dans une vraie démocratie et que ça fait enfant gâté…
    Et puis je lui avais mâché tout le boulot l’année dernière en lui préparant le programme du quinquennat ;-)

  • @Rose H : tu imagines, nous en sommes à parler de super héros pour qualifier une personne qui devrait avoir ces qualités de manière intrinsèque !!!
    Pour moi, un super héros lance des rayons laser avec la paume de sa main !! Vois dans quel époque nous vivons et où en sont nos valeurs …..
    Bref, tout ça n’est pas très guilleret …. voulez-vous que je vous raconte une blague ???!!!!! ;) (non, j’déconne)

  • Et si le super héro était une femme?
    Mais qui? Celles qui ont pris place dans le gouvernement espagnol(je sais je suis mono-sujet ;)!) se sont avérées être de véritables Bitchs bien pire que les hommes à qui elles voudraient ressembler… Je ne sais que dire ni vers qui me tourner je suis d’accord avec Miss Parker, sur le point que le clivage gauche/droite est obsolète, je l’avais déjà dit dans un autre commentaire… il y a longtemps!
    Je ne sais pas vers qui je devrais me tourner aux prochaines élections, peut-être même aurais-je le droit de vote en France…
    Mais je suis un peu perdue, et je ne peux en mon âme et conscience voter pour des partis, je voudras voter pour des gens mais personne n’est parfait et je regrette les icônes du passé, ces hommes ou femmes qui avaient le courage de leurs opinions et qui se battaient pour les faire entendre…
    @Laurie, pour l’exil, je le vois au soleil avec la mer en fond ;)!

  • “Il est trop tard pour être pessimiste”… Cette citation me parle beaucoup. Merci @ toi! ;-)

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