Culture

Some kind of unreal music #27 : La Gale / Dissonant Nation / Laurent Lamarca

Pour ce nouvel editorial, j’ai decidé de faire ce que je devais faire depuis bien longtemps : chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter. Bon, ces albums sont sortis en début d’année et ont leur petite carrière derrière eux. Je me dis qu’une petite piqûre de rappel pour ces artistes ne fait pas de mal.

Trois premiers albums en langue française et trois styles très différents : le son urbain avec La Gale et son album éponyme, le rock qui tâche avec Dissonant Nation et leur EP La Chanson, et enfin Laurent Lamarca et son album Nouvelle Fraîche. Je me suis donc posée dans mon petit appartement et j’ai écouté. Voici mon verdict.

La Gale 

Père suisse et mère libanaise, cette technicienne et organisatrice de concert compte à son actif plusieurs collaborations, notamment avec des artistes du Moyen-Orient. Elle a également joué dans De l’encre (téléfilm diffusé sur Canal + et réalisé par Hamé et Ekoué de la Rumeur). Son premier album éponyme est sorti en France le 28 janvier 2013.

Mon humble avis

Ca me rappelle un peu Keny Arkana au niveau du phrasé, mais avec une voix bien plus grave. On sent la fille en colère contre tout, mais qu’elle préfère jouer la désillusion plutôt que l’énergie du désespoir (Passe ton chemin, fais ta vie/Quand la justice…). Il faut croire que le déracinement fait partie de ses thèmes de prédilection (Comptez vos morts), ainsi que la déchéance dans l’alcool (Un singe en hiver). Malgré tout, j’y retrouve une qualité d’écriture assez bonne, sans pour autant quitter les préceptes du français urbain. Pour moi, c’est un gage de qualité. Par contre, je suis toujours aussi réservée quant à trame sonore au clavier, même s’il faut reconnaitre qu’il y a quand même une recherche au niveau du groove… Heureusement que l’écriture assez fine et le flow très particulier de la demoiselle compensent l’aspect assez pauvre de la production musicale.

Revue de presse

La tribune de Genève

Les échos du hip-hop

*

Dissonant Nation

Originaire d’Aubagne, le trio formé par Lucas, Simon et Loïc s’inspire pour leur musique, des vieilles mécaniques à bruit (The Pixies, Pink Floyd, etc.). Ils ont sorti en novembre 2011 leur premier LP Sauvage et sont depuis régulièrement en concert, notamment le 28 mars dernier à la Flèche d’Or. On m’a donné à chroniquer l’EP qu’ils viennent de produire, La chanson que tu préfères, avec 4 titres dessus : La chanson/Barbie et Ken/We play we are/Ziggy 1973.

Mon humble avis

Des guitares saturées avec des claviers éthérés et des haaaan… C’est ça, on est bien en train d’écouter du rock français fait par des petits mecs à peine sortis de l’école. En termes d’écriture, on retrouve les traditionnels thèmes du bashing des idoles enfantines pour montrer qu’on n’a plus 8 ans (Barbie et Ken), bref, c’est encore très frais (mais dans le mauvais sens du terme, j’écouterai ce qu’ils feront dans 10 ans, pour voir). Et j’avoue que le phrasé anglais n’est pas dégueulasse et assez mélodique, ce qui en soit n’est pas plus mal pour un groupe français. Par contre, cette voix et ce phrasé me rappellent trop la voix d’Adrien des BB Brunes pour que je ne sois pas parasitée dans mon jugement. Et soudain, je me dis :

Revue de presse

Sourdoreille

Nouvelle vague

*

Laurent Lamarca

Artiste lyonnais aux influences multiples (Noir Désir, mais surtout Radiohead et Portishead), Laurent Lamarca a d’abord collaboré au groupe de dark rock XX Mariani, avant d’écrire pour divers artistes (Camélia Jordana, Ycare, Luce – ouais bon, que des artistes Nouvelle Star, mais faut bien se former, hein !).

Mon humble avis

Dès le premier titre, Nouvelle fraîche, le ton est donné : cette petite intro à la guitare qui part sur des sonorités plus urbaines et électroniques m’a quelque peu fait sursauter. Le reste de l’album navigue entre pop et rock à la française, avec une belle production et un son propre. Au niveau du chant, j’aime cette voix saturée, je reprocherais juste un léger timbre nasillard et un phrasé un peu haché (J’ai laissé derrière moi). L’écriture est tout à fait en adéquation avec le son : entre phases légères (Little Rimbaud) et considérations un peu plus graves et plus posées (La main). Bref, un album aux sonorités éclectiques qui se laisse entendre avec plaisir et qui, chose rare, n’est pas lassant en écoute linéaire.

Revue de presse

Le Fair

France Inter

A bientôt pour de nouvelles aventures.

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