J’apprécie de plus en plus ce proverbe populaire, dont le pendant rétro pourrait être « Après la pluie, le beau temps » de la Comtesse de Ségur, mais ça le fait beaucoup moins bien en société.
Je n’ai commencé à appréhender véritablement son sens qu’en passant la trentaine et en laissant derrière moi les casseroles de la vingtaine. Parce que j’en ai collectionné des déconfitures et des mauvais plans. J’ai cru que j’étais maudite pour l’éternité.
Enfant, adolescent, puis jeune adulte, le temps prend son temps et notre horizon nous semble définitivement assombri par une mauvaise note ou un chagrin d’amour. La vie a un arrière-gout d’éternité. Les échecs semblent insurmontables. Et souvent, c’est la loi des séries, l’un appelle l’autre.
Ce que je découvre depuis quelques années, c’est que toute mauvaise expérience a forcément son pendant positif. On ne sait jamais quand exactement, mais la vie compense toujours. Bien sur, sur le moment, on en a toujours gros sur la patate. On digère plus ou moins vite. Il faut « juste » être patient et penser long terme. Parfois, il faut des années pour réaliser que, derrière les épreuves, on est finalement gagnant. En y croyant, en positivant, ça marche plus facilement.
C’est ce que je me dis aujourd’hui face aux différents imprévus que nous avons eu à gérer. En 2011, mon compagnon, directeur d’une structure sociale, se fait piquer pour 3 000 € de tickets-resto dans son bureau. Il ne les avait pas enfermés au coffre. Entretien avec la direction, avertissement, la direction du foyer lui est retirée et il est mis à la tête de deux petites structures parisiennes.
Certes, elles n’ont pas le lustre de celle qu’il dirigeait jusqu’alors, mais l’une abrite notre logement de fonction, ce qui résout les problèmes de trajet maison-bureau. Après quelques mois de recul, son entourage amical et moi-même le félicitons pour sa forme et bonne humeur retrouvées. Sa réduction de salaire a finalement été rattrapée et il avoue que son précédent poste lui bouffait la vie, qu’il n’était pas loin de craquer.
Autre exemple. Ca fait trois mois que j’ai repris le boulot et nous avons eu la chance de dégoter une garde partagée et une nounou après un entretien unique avec une famille super sympa du quartier. Depuis plusieurs semaines, des accrochages réguliers avec la nounou, pourtant très professionnelle, nous empoisonnent la vie : problèmes de salaire, d’heures sup., j’aborde les vacances particulièrement stressée.
Quatre jours avant la reprise, la nounou nous contacte par téléphone pour nous annoncer un double décès dans sa famille en Afrique. Elle se trouve dans l’obligation de partir le plus vite possible pour s’occuper des funérailles. Pour nos co-parents, qui ont déjà perdu tous les deux leurs mamans, la nouvelle fait douloureusement écho. Nous lui accordons sans problème quelques jours pour régler ses affaires.
Nous lui demandons juste de nous tenir informés avant la date de rentrée, prévue dix jours plus tard. Chaque famille se démmerde comme elle peut. Deux jours plus tard, nous recevons chacun un recommandé nous informant de sa démission immédiate. Selon sa version, nous avons particulièrement manqué de cœur face à sa situation difficile et elle se voit dans l’obligation de nous planter là , je pense pour éviter de subir plus longtemps notre sadisme incurable de nouveaux esclavagistes urbains.
Autour de nous, les mauvaises langues ne cessent de nous souffler qu’elle a peut-être « tué » sa mère et son frère à bon escient… Le problème n’est pas là , nous avons trois jours (dont le week-end) pour trouver une nouvelle nounou et nous avons tous dans notre musette des anecdotes sur les nounous pires que des légendes urbaines (un nouveau né jeté dans les WC, une).
Je suis au bord de la crise de nerfs, je n’ai pas de jours de congés, la famille vit à plus de 800 km. Ma co-maman passe une annonce en croisant les doigts. Dans les heures qui suivent, elle reçoit par mail et par téléphone plus de 60 réponses ! Le marché de la garde d’enfants nous réserve pas mal de surprises.
Rendez-vous pris dans la journée : nous voyons deux candidates et fixons deux autres RDV pour le lendemain. Coup de foudre pour une sud-américaine qui élève actuellement les deux garçons d’un couple homosexuel. Au vu du buzz sur le mariage pour tous, j’interprète la coïncidence comme un signe.
Et notre nouvelle nounou est géniale. Alors ne perdez jamais courage, il y a toujours une bonne nouvelle qui vous attend.
(cc)Â Camdiluv
posté le 15/02/2013 | 389 vues | 5 commentaires | tags: imprévu Proverbe echec courage | une personne a aimé
Je suis heureuse d’avoir pu clairement transmettre cet optimisme que j’ai appris Ă dĂ©velopper (parce qu’il s’agit d’un vrai apprentissage, entre expĂ©riences foireuses, amour de ses proches, mĂ©ditation et yoga, lectures diverses…).
Et ton idĂ©e d’un journĂ©e spĂ©ciale “optimisme” (Ă l’encontre de Mezrahi et sa première soirĂ©e de la dĂ©prime) est si gĂ©niale que j’espère que la rĂ©daction de LR saura rĂ©agir de manière ad’hoc ;)
Toujours prendre le bon cĂ´tĂ© des choses! J’adore! Ourson me disait ce matin qu’en relisant mon Blog (ah bon, tu lis mon Blog, toi?), il s’Ă©tait rendu compte que j’arrivais Ă rire de mon quotidien, je devrais sans doute en faire un bouquin pour remonter le moral des troupes en crise… Ca fait 2 fois qu’il me le dit, je devrais sans doute l’Ă©couter ;-)! On prend la vie du bon cĂ´tĂ©, on s’accroche au positif! Mon nouveau mantra! Et si un jour tu as des problèmes de nounous, envoies-moi un message, j’ai des connections ;-)! Et cette bonne idĂ©e sur la journĂ©e de l’optimisme, c’est TOP! Ou une rubrique Bonne humeur du jour ;-)?
Ça bouillonne d’idĂ©es ! Je crois que la soirĂ©e de jeudi va ĂŞtre productive ! Et les enfants, c’est aussi une mine de bonnes idĂ©es. Vivement que le mien parle ;)
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J’adore ton texte bourrĂ© d’optimisme. C’est tellement agrĂ©able de te lire comme ça car quelque-part beaucoup en toi fait Ă©cho en moi.
Je pense aussi qu’il y a toujours une bonne nouvelle pour qui veut bien y croire. Je crois qu’en ces temps difficiles financièrement et professionnellement on a besoin d”optimisme. Et les ladies si on faisait une journĂ©e spĂ©ciale “optimisme” avec pleins de belles histoires ?