Article sĂ©lectionnĂ© par Tevouille lors de semaine de rĂ©daction en chefÂ
S’il y a une chose qui m’a toujours étonnée, c’est le moteur de nos manques dans l’écriture. Alors que mon célibat m’inspirait particulièrement, depuis que je suis en couple, je n’ai pas pondu un seul article sur le bonheur de vivre à deux. Le pire, c’est que le couple, c’est loin d’être le nirvana au quotidien. On est en adaptation permanente et parfois on se demande comment on a pu jurer fidélité et amour éternel au butor en face de nous.
De même, depuis que je suis devenue maman, j’évite de m’appesantir sur ma grossesse et je n’ai aucune envie de raconter par le détail mon accouchement, ni mon soi-disant émerveillement d’être mère. Je ne me sens pas intrinsèquement différente. Ce que la psychanalyse n’a pas su régler en quinze ans de thérapie, ce n’est pas le sourire de mon fils qui y fait, même si j’aimerais beaucoup y croire.
J’ai une vie différente, plus désorganisée que je ne le souhaiterais, comme si… j’avais déménagé ou changé de boulot. Bien sûr, c’est un tournant important, mais c’est aussi la chose la plus naturelle au monde. Par ces déclarations, je ne minimise en rien la place qu’il occupe dans ma vie. C’est vrai, parfois, je me regarde dans un miroir et je me souviens à peine avoir été enceinte (j’ai la chance d’avoir récupéré assez facilement ma ligne).
Je n’arrive pas vraiment à définir ce qui m’arrive. Lui et moi, on s’apprivoise progressivement. Je le trouve super mignon, mais quand je peux le coucher pour mater tranquillement une série, je le fais sans scrupule. Nos interactions sont encore limitées. Des sourires et des câlins lui suffisent. C’est vrai que mon compagnon et moi nous amusons d’un rien et que nous invitons de plus en plus nos propres souvenirs d’enfance dans nos conversations. J’ai toujours eu très peur d’être cataloguée comme infréquentable par nos amis célibataires et/ou sans enfant.
D’ailleurs, la méfiance vient plutôt de leur côté. Bien sûr, c’est difficile de ne pas parler de ces petites choses au quotidien qui nous ravissent, mais des nouveaux parents ne développent pas des ornières surdimensionnées : je suis les infos, je continue à aller au cinéma, je fais la gueule si je dois garder le petit alors que mon homme va boire un verre avec nos potes. Quand on fait des enfants après 35 ans, c’est qu’on a en général privilégié ses objectifs personnels (une carrière professionnelle ou une carrière de fêtard) et que, sans lui nier une quelconque place, on s’attend à ce que notre enfant se fonde dans notre mode de vie.
On pourrait rétorquer que je nie la maternité : je n’ai pas allaité parce que je voulais reboire du champagne tout de suite, je ne me suis pas inquiété pour lui la première fois où je l’ai laissé à quelqu’un d’autre, j’ai voulu retourner tout de suite au travail, je laisse les amis et la famille le couvrir de vêtements et de cadeaux. Il occupe dans mon cœur la même place que mon compagnon, même si il doit être plus difficile de perdre un enfant qu’un homme, j’ai déjà failli ne jamais me remettre du départ d’un homme…
Tout comme Xena, je ne crois pas être une mauvaise mère. Et je suis heureuse. Enfin, venir le dire ici doit certainement me rassurer un peu… Car j’ai peur aussi. C’est là la magie du truc, ce mélange d’attraction et de répulsion : j’y vais, j’y vais pas, je lâche, je lâche pas ?
Au final, c’est pas si difficile d’écrire sur la maternité, même si mes mains sont légèrement moites, je crois même que ça m’a fait du bien de vous en parler…
(cc)Â Cafemama
posté le 18/01/2013 | 582 vues | 3 commentaires | tags: peur mere accouchement maternité grossesse bébé enfant
D’accord avec Nouvelle 30naire, je vois pleins de nĂ©o-mum autour de moi qui sont en permanence en train de valoriser l’Ă©ducation qu’elles prodiguent Ă leurs enfants ça m’hĂ©risse le poil. Moi je dis toujours que je fais comme je peux avec les moyens que j’ai et trouver un juste milieu entre se faire confiance mais aussi avoir un regard critique sur l’Ă©ducation qu’on prodigue c’est pas mal non plus. Et je suis aussi comme toi la maternitĂ© Ă changer mes prioritĂ©s mais pas mon caractère.
Je suis moi absolument raide dingue de ma fille, mais en aucun cas esclave. S’il y avait un manuel de la mère parfaite on le saurait. Se poser des questions c’est ĂŞtre vivante et en veille, c’est sain et normal. Par ailleurs on vit sa maternitĂ© selon son histoire et sa personnalitĂ©, pas de règle absolue; nous sommes toutes tellement diffĂ©rentes.
Profite de ton petit bout et continue de vivre!
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