Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2013

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Les doubles méfaits des filles en chiffons

J’ai écrit il y a quelques semaines un texte intitulé Les doubles méfaits des mecs en bois. Devant les remarques de plusieurs de mes amis (masculins) et par souci d’équité et d’égalité, je m’essaye aujourd’hui à un exercice de style un peu différent et tente de me mettre à la place de la gent masculine en modifiant mon texte de base très légèrement.

fillesenchiffons.jpgPrière de me pardonner pour les suppositions et extrapolations en tout genre… J’essaye de rendre justice mais ne suis pas une experte ;)

Pour commencer, petite définition : qu’est-ce qu’une fille en chiffons ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’une fille en soie (douce mais difficile à entretenir, coûteuse et qui glisse entre les doigts) / en laine (chaude mais qui irrite) / en dentelle (sexy mais à prendre mais précaution de peur de la casser) / en polaire (résistante et qui n’a apparemment besoin de personne) ?

Il n’existe pas de fille en chiffons « type » et l’expérience pousse à conclure que la princesse de l’un peut en fait être la fille en chiffons de l’autre. Elle est donc plutôt difficile à décrire de manière générale la fille en question, mais on peut en revanche facilement donner des exemples. Et là, je suis sûre qu’un certain nombre de personne se reconnaîtra :

La fille en chiffons, peut (dans le désordre et sans préférence) : vous faire tourner en bourrique pensant des heures, des jours, des semaines voire des mois en vous faisant miroiter ce qu’elle ne pense en réalité jamais vous accorder ; vous parler de faire des enfants au bout du deuxième rendez-vous et vous faire rencontrer sa mère (à laquelle elle ressemble étrangement d’ailleurs) au bout de deux semaines ; vous faire une crise de jalousie monstre en plein milieu de la rue parce que vous avez eu le malheur de répondre au texto de votre copine de fac ; vous harceler de dizaines de messages par jour pour vous demander si vous l’aimez…

Je continue la liste ? Non ? Pas la peine ? Il me semblait bien que vous alliez comprendre le concept assez rapidement.

En plus du grotesque de la situation (si on veut prendre les choses avec dérision), il faut souvent constater qu’avant d’en venir à ces extrêmes (en eux-mêmes déjà condamnables), la fille en chiffons a auparavant fait en sorte que vous vous attachiez un peu. Elle a en général sorti le grand jeu pour vous séduire, a été charmante et particulièrement attirante au début ; vous a fait sentir le plus beau, le plus fort ; vous a fait croire à la possibilité d’être bien en couple…

Bref, elle vous a fait sortir de son bel emballage (ou de sa carapace) votre cœur et vous a même peut-être donné envie de lui confier. Et parce que vous aviez envie d’y croire, vous l’avez fait.

Mais la fille en chiffons n’a que faire de votre cœur. Par ses actes, elle le laisse tomber par terre. Et il gît alors à ses pieds, sans qu’elle se soucie de le voir traîner là, rarement intact. Très souvent même, parce que vous êtes abasourdi par la surprise ou la tristesse, vous ne le ramassez pas assez vite ce cœur (pourtant fragile) et la fille en chiffons en profite pour piétiner les quelques morceaux encore viables avec ses beaux talons aiguilles.

Une fois le choc passé, vous ramassez les morceaux et rentrez chez vous. […] La douleur passe mais une constante se dessine : vous remballez votre cœur dans son emballage d’origine et le rangez là d’où vous pensez qu’il n’aurait jamais dû sortir : du plus profond de vous-même.

Et puis le temps passe et vous essayez de ne plus penser aux chiffons, à la soie, à la laine, à la dentelle, à la polaire. Vous essayez même de les éviter soigneusement, ces déclinaisons de tissus. Vous devenez expert et fuyez tout ce qui peut causer des réactions allergiques à votre peau sensible. Vous tentez de trouver des femmes, des vraies : en chair, en os, en honnêteté, en simplicité, en  maturité.

Et puis, quelques fois, vous en trouvez. Ou plutôt vous en trouvez une (une, c’est déjà pas mal par les temps qui court). Une qui a l’air bien, vraiment bien. Elle est gentille, attentionnée. Elle dit simplement ce qu’elle veut et ne se comporte pas en princesse.

Mais la fille en chiffons rode toujours. Elle n’est pas là. Elle n’est plus là. Par contre ses actes, eux, sont toujours présents. Un passé de rencontres de chiffons, de soie, de laine, de dentelle, de polaire, ça ne s’efface pas comme ça.

Au-delà de briser les cœurs, les filles en chiffons créent des hommes peureux, qui hésitent à prendre les devants de peur de se faire rabrouer à la première invitation à dîner. Elles créent des hommes rustres, peu prêts à faire (encore) des efforts de galanterie à force de voir le peu de cas que l’on fait de leurs actions. Elles créent des hommes trop précautionneux, trop habitués à prendre des pincettes pour parler à des princesses mal lunées. Elles créent des hommes peu enclins à se livrer vraiment car ils ont trop souvent confié leurs sentiments à des femmes qui n’en avaient que faire.

La fille en chiffons rend la vie de tout le monde plus compliquée : celle de la femme bien qui a parfois du mal à comprendre le fonctionnement de ces hommes échaudés et blasés, et celle des hommes qui doivent réapprendre à faire confiance et doivent considérer la possibilité de sortir à nouveau leur cœur de leur étagère intérieure fermée à double tour…

…Voilà, finalement, il faut peu de choses pour changer de point de vue et il est facile de réaliser que, qu’on soit une homme ou une femme, quand on cherche l’âme sœur, on s’arrête rarement à la première étape des échecs en amour et on explore en général l’intégralité de la gamme (qu’elle soit en bois ou en chiffons), juste pour être sûr.

Ni les hommes ni les femmes n’ont l’apanage du brisage de cœur et du comportement à deux balles. Au moins, nous sommes tous égaux devant ça !

(cc) risaikeda

 

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Ça valait vraiment la peine que tu te penches sur le cas des filles en chiffons, car ton article est encore meilleur que le précédent !


 

Merci La Poupée russe, ça me va droit au coeur ;)


 

C’est exact, car quoi que l’on fasse, Ă©goĂŻsme, orgueil et manque de tendresse sont souvent Ă  la racine de nos pathĂ©tiques comportements.

Cependant comme il est vrai que les dĂ©fauts sont subjectifs : dĂ©faut pour l’un ou l’une, mais qualitĂ© pour une ou un autre.

*

L’une des principales pierre d’achoppement entre homme et femme est la projection de sa propre façon de fonctionner sur l’autre. D’oĂą bien des incomprĂ©hensions. Or l’autre a son vĂ©cu, sa physilogie, sa façon de fonctionner et son “langage d’amour” (le livre “les langages de l’amour” est très instructif Ă  ce niveau) qui fait qu’on ne place pas au mĂŞme endroit, avec les mĂŞmes mots, les preuves d’amour que l’on attend de l’autre et que l’on donne.

*

C’est bien cet article, un bon nombre de personnes devraient le lire pour comprendre qu’homme ou femme, nous trainons nos faiblesses et qu’il n’y a pas plus de cons que de connes et de coeurs de pierre d’un cĂ´tĂ© ou de l’autre. Il y a seulement des façons de procĂ©der qui nous heurtent car “on ne ferait jamais comme ça” sauf que nous heurtons aussi en faisant des actes qui ne nous apparaisse pas durs et qui le sont infiniment pour l’autre.

*

Sans souplesse, sans amour et sans volontĂ© constante de mettre notre Ă©go sous nos pieds, rien n’est vraiment viable Ă  long terme.

Bravo pour cet article.


 

hey @longwere tu veux pas commenter mon article aussi steuuuplé

suis sure que tu vas adorer !!! http://ladiesroom.fr/2013/01/16/french-bukowski-girl-15/


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