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Je vais vous parler d’une photo

D’une en particulier. Juste d’une seule. De la photo qui a fait la Une du Journal local dans mon département de Haute Savoie. De cette photo qui avait pour objet d’illustrer un terrible fait divers.

Je vais vous parler d’une photoParce qu’il s’est passé un évènement tragique dans une station de ski juste à quelques kilomètres de chez mes parents. Dans la station de ski où j’ai emmené mon amoureux pendant les vacances de Noël et où je lui ai fais partager ce que c’était cette vie là, en montagne.

Dans ce petit village de Haute Savoie, comme dans beaucoup d’autres stations de ski d’ailleurs, il est quelques irréductibles saisonniers qui se refusent à intégrer des logements « en dur » que leur propose la mairie à des tarifs souvent préférentiels.

Ces saisonniers ont à leur disposition un parking sur lequel ils installent leurs vans aménagés. La difficulté est qu’en ces temps hivernaux, le climat est plutôt rude et ils sont contraints de s’aménager dans leurs fourgons des chauffages de fortune.

Et comme des fois le destin s’en mêle, un fourgon a pris feu, avec à l’intérieur un jeune homme de 20 ans et sa petite amie de 17 ans. Ça c’est le drame, je peux rien y faire, ni me rebeller contre. Mais je peux me révolter contre le traitement de ce drame.

Parce qu’en première page de ce quotidien local, il y avait une photo. Une photo choc. Il y avait la photo de l’arrière d’un fourgon duquel des flemmes sortaient de tous les côtés. Ce fourgon pris au piège des flammes sans que personne ne puisse rien lutter. Et donc la photographie de ce fourgon en flamme à l’intérieur duquel deux jeunes gens étaient en train de perdre la vie.

Je ne blâmerai pas (quoi que) la personne qui a pris cette photo plutôt que d’essayer de lutter contre les flammes, puisque à sa décharge on peut penser qu’elle ne savait pas qu’ils étaient à l’intérieur.

Mais le journal ? L’éditeur qui publie cette photographie ? Lui le sait. Lui n’a pas d’excuses. A quoi pense-t-il ? Il sait que ces deux jeunes sont morts dedans. Et que manifestement quand la photographie est prise, ils sont peut être déjà décédés.

Ne fallait-il pas penser à la famille de ces deux jeunes ? A l’image qu’il va rester à leurs parents de se dire que c’est dans ce fourgon en flammes que leurs enfants sont morts ?

Parce que cette jeune fille, si je ne la connaissais pas autrement que quand elle était petite, je connais toute sa famille.  Ses parents, ses grands parents, ses oncles et tantes, son grand frère, ses 3 petits frères et sœurs, ses voisins, les habitants de son village.

Et je ne peux que me révolter de savoir que des amis, non seulement ont perdu un être cher, mais qu’en plus, ils se refont le film de l’incendie et imaginent leur fille de 17 ans au milieu des flammes !!!

Encore une fois, je me pose la question des images par rapport aux infos qu’elles illustrent. Quand est-ce que s’arrête la liberté pour laisser la place au respect et à la décence ?

PS : Si vous voulez vous faire une idée, la photo est .

(cc) camil tulcan

2 Responses to “Je vais vous parler d’une photo”

  • C’est comme la photo du mois de décembre du NY Post avec l’homme qui venait d’être poussé sous le métro! Un scandale, mais le voyeurisme est à la mode, en tout cas beaucoup plus que l’héroïsme… Parce que là encore on aurait pu essayer de l’aider! Au lieu de le photographier et je me demande ce que les rédacs chefs des journaux ont dans la tête????

  • C’est des dollars qu’ils ont dans les yeux :-) et un vide dans la tête :-)

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