Il y a des films comme ça, que l’on attend pendant de longs mois, que l’on espère. Des films dont on guette avec impatience le premier teaser, la première photo, la première bande annonce. Main dans la main, le dernier film de ValĂ©rie Donzelli, sorti le 19 dĂ©cembre, Ă©tait de ceux lĂ . L’excitation de l’attente a fait place Ă l’impatience dans la salle… Puis Ă la cruelle dĂ©ception. Que s’est-il passĂ© ?
Mais reprenons depuis le dĂ©but. Mai 2011, Festival de Cannes. Je dĂ©couvre La Guerre est dĂ©clarĂ©e. Je suis bouleversĂ©e, en larmes, incapable de parler. FrappĂ©e par cette histoire, par la force des sentiments, par cette BO magnifique, par cette mise en scène libre et envolĂ©e. Plus tard, sous les conseils insistants d’une amie, je dĂ©couvre enfin le premier film de ValĂ©rie Donzelli, La Reine des Pommes (je vous en parlais ICI). LĂ encore, je suis frappĂ©e par la rĂ©alisation de Donzelli, Ă la fois directement inspirĂ©e de la Nouvelle Vague, et si intimement personnelle.
Alors oui, ce troisième film, Main dans la main, je l’attendais. “Une histoire d’amour, et de danse” disait le premier synopsis… Vaste programme… Je les voyais dĂ©jĂ danser dans ma tĂŞte. Mon petit cĹ“ur d’amoureuse de comĂ©die musicale s’emballait par avance. Quelques semaines avant la sortie, la bande annonce du film m’avait enthousiasmĂ©e. ValĂ©rie Lemercier semblait entrer Ă merveille dans l’univers du duo Donzelli/ElkaĂŻm.
PortĂ©e par le morceau “Electricity”, j’avais moi aussi envie de me lever et de danser. Alors, dès le lendemain de sa sortie, j’ai couru m’enfermer dans une salle pour le dĂ©couvrir, enfin. Et j’ai attendu, attendu, j’ai attendu la magie, j’ai attendu l’Ă©tincelle mystĂ©rieuse qui fait qu’un film s’embrase, la sĂ©quence parfaite et onirique qui transforme une rĂ©alitĂ© en poème surrĂ©aliste. Malheureusement, elle n’est jamais venue. Il y a de très jolis moments dans le film, Ă©videmment. ValĂ©rie Lemercier courant sur un pont, vĂŞtue d’un rideau piquĂ© dans un ministère ; ou JĂ©rĂ©mie ElkaĂŻm et sa chorĂ©graphie en langage des signes etc. Mais jamais l’ensemble ne dĂ©colle tout Ă fait.
Pire, soudain, les dĂ©tails agaçants du cinĂ©ma de Donzelli, les dialogues très Ă©crits et son jeu Ă elle si peu naturel qu’il semble artificiel, deviennent de gros handicaps. Eux qui s’Ă©taient faits oublier dans ses deux films prĂ©cĂ©dents, Ă©crasĂ©s par une force supĂ©rieure, sont ici en pleine lumière. Et cette lumière criarde fait mal aux yeux. Je suis donc sortie de la salle, terriblement déçue. Par le film, certes, mais aussi par moi.
Déçue de ne pas avoir rĂ©ussi Ă l’aimer. Sans doute en attendais-je trop. Les critiques Ă©logieuses m’avaient tant confortĂ©e dans mon idĂ©e que j’allais, Ă coup sĂ»r l’adorer, que j’y suis allĂ©e remplie de trop d’espoirs. Trop de pression, trop d’enjeux. Comme un rencard que l’on aurait trop fantasmĂ©, qui ne se passe pas vraiment mal, mais qui n’est juste pas Ă la hauteur de ce que l’on avait rĂŞvĂ©…
posté le 02/01/2013 | 1652 vues | 7 commentaires | tags: Donzelli Elkaïm Lemercier Main dans la main cinéma
J’ai vu la bande annonce et je dois dire qu’il ne me donne pas envie du tout, j’ai pourtant beaucoup aimĂ© La guerrre est dĂ©clarĂ©e, mais je crois que j’arriverai pas Ă rentrer dans l’histoire de Main dans la main, je sais pas, il y a comme un truc trop artificiel …
@Mimi : Effectivement, selon moi le problème est le cĂ´tĂ© parfois trop artificiel du jeu de Donzelli et ElkaĂŻm…
@Rose H. : Ah oui, ton avis m’intĂ©resse ! Je suis curieuse d’avoir ton avis…
Du coup, je l’ai vu hier, et j’ai bien aimĂ© dans l’ensemble, pour autant je partage totalement ton avis, CĂ©cile. J’ai mis un peu de temps Ă rentrer dans l’histoire, parce que je trouvais ça vraiment mal jouĂ©, et puis ça finit par venir, parce que ça reste lĂ©ger et assez onirique comme univers. Et puis moi, bon, je dois dire que les histoires d’amour inexpliquables, c’est un peu mon dada grave.
J’ai adorĂ© l’image, la voix off, l’histoire, le texte, mais tout le film manque de prĂ©cision. DĂ©jĂ , je pense que Donzelli est très mauvaise en direction d’acteurs, et elle a de la chance de s’ĂŞtre plutĂ´t bien entourĂ©e, parce qu’elle a laissĂ© passer des faussetĂ©s grosses comme le monde…
Par ailleurs, les personnages manquent de texture, leurs rapports sont flous et pas Ă©vidents Ă apprĂ©hender, pour ne pas dire peu ou incohĂ©rents. Le duo Lemercier/ElkaĂŻm est sublime, ceci dit. Et j’ai adorĂ© la scène du trouple, j’ai trouvĂ© que c’Ă©tait une incursion assez juste. Enfin… VoilĂ mon avis !
C’est personnellement le premier film de Donzelli que vais voir, et effectivement, on m’en a tellement dit de bien. Je n’ai effectivement pas du tout aimĂ© le jeu artificiel de Donzelli et d’ElkaĂŻm - et je trouve que pour ElkaĂŻm, c’est un pur gâchis, car comment mal exploiter cette prĂ©sence et ces yeux aussi noirs qu’ils en deviennent lumineux…
Les scènes de dialogue intimistes telles qu’elles sont filmĂ©es sont une catastrophe. Limite si Donzelli finisse par accepter les faux raccords. Pourtant, les scènes de duo Lemercier/ElkaĂŻm quand ils sont en mouvement sont très naturelles, je ne comprends pas…
Storia, je ne saurais que te conseiller vivement de voir La guerre est dĂ©clarĂ©e ! J’en ai encore des frissons, rien que d’y penser…
Autant j’avais adorĂ© “la guerre est dĂ©clarĂ©e” autant je suis déçue par ce film… sans fil conducteur. ValĂ©rie Lemercier doit se demander ce qu’elle a Ă©tĂ© faire lĂ ! Quant Ă JĂ©rĂ©mie ElkaĂŻm je trouve aussi que c’est un pur gâchis. ValĂ©rie Donzelli s’est juste fourvoyĂ©e : manque de travail, de rigueur, d’envolĂ©es… Bref, j’Ă©tais en colère contre elle en sortant de ma sĂ©ance…
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