Article sélectionné par Tevouille lors de sa semaine de Rédaction en Chef.
Alors que j’ai laissé derrière moi grossesse et accouchement, Dame Nature se rappelle à mon bon souvenir devant la glace : mes cheveux pendouillent lamentablement des deux côtés de ma tête. Merci la chute d’hormones, adieu chevelure à la Gisèle. Depuis le temps que mon mec me serine pour que je repasse au court, je me dis que c’est bien l’occasion qui fait la larronne.
Néanmoins, j’hésite sur la méthode. En tant que rédactrice « en chef » de la rubrique ciné, j’ai porté pendant plusieurs années une coupe en référence à une actrice, la coupe « petit moineau » de Jean Seberg dans A bout de souffle (rien moins que ça…).
C’est une coupe audacieuse, j’en conviens, qui colle parfaitement à mon genre de bôooooté. Surtout, ça ne demande aucun entretien, ce qui n’est pas négligeable pour une jeune maman, tous les matins je passe juste la tête sous l’eau, avec effet « YES ! J’adore me lever à 6h30 ! ».
Le truc, c’est que je n’ai pas mis les pieds chez un coiffeur depuis une éternité et que je n’ai pas spécialement envie d’investir 40 à 60€ dans un salon classique pour conserver deux centimètres de poils sur la tête. Finalement, c’est toujours chez des coiffeurs pour hommes que j’ai obtenu les résultats les plus probants.
Ça tombe bien, il existe à quelques rues de chez moi (je vis entre les Batignolles et l’avenue de Clichy) un superbe salon vintage, avec fauteuils de barbier à l’ancienne et murs tapissés de photos de magazines d’époque. So smart ! Je suis toujours passée devant avec une curiosité amusée, mais j’hésite à en franchir la porte et la suite des évènements ne me donnera pas tort.
Quand je rentre, les conversations des deux coiffeurs frisant la cinquantaine ne faiblissent pas, ma présence ne semble susciter (en surface) qu’un intérêt limité. Mais tout le monde sait bien que je suis LA. Dans la place. Je toussote gentiment, fixant mes interlocuteurs avec un grand sourire.
- J’imagine que tout est complet samedi… Etes-vous ouvert le lundi ?
- (Silence)
- Très bien, c’est possible mardi ?
- (Silence)
- Je suis disponible Ă partir de 17H.
- HA BON, PARCE QUE C’EST POUR VOUS !?
- Oui, en effet, c’est pour moi (mon mec est suffisamment grand pour prendre ses RDV tout seul).
- Ha mais, nous ne coiffons pas les femmes !
- Vous coiffez bien les cheveux courts ? Ca tombe bien, je voudrais une coupe courte. Une coupe d’homme (je fais simple, je ne sais pas si ce messieur connait Jean Seberg).
- Mais Madame, si on commence Ă accepter une femme, on va avoir cinq cents demandes…
- Humhum, (partagée entre le rire et la colère).
- Et puis vous comprenez que ces messieurs souhaitent rester entre eux (Presque outragĂ© que je ne me confonde pas en excuses), c’est une sorte de « Club de gentlemanS »… (un client regarde ses pieds, l’autre est mort de rire).
- Bien sûr, bien sûr… (battant en retraite).
Reprenant mes esprits sur le trottoir, j’ai envie de pouffer comme une gamine qui aurait lâché un éléphant dans un magasin de porcelaines. Et envie de pleurer aussi. Cette semaine, en couverture de Télérama, un dossier Le déclin de l’empire masculin. Et on se demande pourquoi.
posté le 17/12/2012 | 872 vues | 3 commentaires | tags: Jean Seberg coiffeur cheveux
Bon, on va mettre ça sur le compte de la vieillesse, hein. Mais c’est d’une absurditĂ© confondante.
L’endroit, un coiffeur gĂ©nial dans le XVème, pas cher (en comparaison avec les tarifs parisiens ;-)!) Tu peux faire confiance Ă Mathieu, c’est vraiment quelqu’un qui sait Ă©couter et qui rĂ©alise ce que tu veux! Si tu as besoin, je te file le n° ;-)!
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Sinon, il y a toujours mon petit coiffeur rue des PyrĂ©nĂ©es. Mais faudrait que tu acceptes d’aller dans un Tchip.