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« Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan

Avec beaucoup d’émotions, Delphine de Vigan raconte sa mère. A la recherche de ce personnage intriguant, comme une enquête dans le passé, Delphine de Vigan ose creuser dans les mémoires familiales pour comprendre et refaire vivre sa mère.

« Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de ViganL’écriture contre l’oubli, l’écriture pour dire, l’écriture pour crier, l’écriture pour dénoncer, l’écriture pour fixer les choses, pour que personne n’efface les traces.

Cela sera un long combat pour elle, travailler sur ce livre qui s’impose malgré elle, et qui n’est pas sans difficulté. Aller interroger la famille et extirper les tabous, faire sortir les gens du silence. Elle vie une relation particulière avec sa mère, entre amour et haine, entre espoirs et déceptions.

Souvent elle parle de sa mère en disant « Lucile », comme si elle n’arrivait pas à l’appeler « maman », une relation complexe s’est nouée entre elles deux. L’écriture est d’une grande sensibilité, le ton est juste et sincère.

D’habitude je ne mets pas de citation, mais là je n’ai pas pu m’en empêcher tellement l’écriture est belle. Dans cet extrait, elle met en exergue le fait que l’écriture n’a pas été une évidence tout de suite, mais bien au contraire un long chemin.

« Je ne sais plus quand m’est venue l’idée d’écrire sur ma mère, autour d’elle, ou à partir d’elle, je sais combien j’ai refusé cette idée, je l’ai tenue à distance, le plus longtemps possible, dressant la liste des innombrables auteurs qui avaient écrit sur la leur, des plus anciens aux plus récents, histoire de me prouver combien le terrain était miné et le sujet galvaudé, j’ai chassé les phrases qui me venaient au petit matin ou au détour d’un souvenir, autant de débuts de romans sous toutes les formes possibles dont je ne voulais pas entendre le premier mot, j’ai établi la liste des obstacles qui ne manqueraient pas de se présenter à moi et des risques non mesurables que j’encourais à entreprendre un tel chantier. » 

En effet tout le livre est une réflexion permanente sur l’écriture et le sens à lui donner. Elle est en perpétuelle interrogation sur elle-même. C’est un roman sublime que j’ai dévoré. Je n’avais pas lu d’autres romans de Delphine de Vigan, mais ça m’a donné envie de la lire davantage ! A découvrir absolument.

One Response to “« Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan”

  • J’ai trouvé ce livre (ou peut -être, devrais-je dire, cet étalage de la vie intime d’une pauvre femme au destin tragique) assez insignifiant. Je l’ ai terminé le plus vite possible, ne supportant plus le néant d’une démarche que je n’ai pas comprise et qui, je pense, aurait du rester personnelle. Dès la moitié de l’ouvrage, je n’ espérais même plus une quelconque réflexion ne serait-ce que sur l’intérêt d’un tel déballage. Très déçue.

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