Back Room

La tortura.

Tout a commencé par un regard qui n’aurait pas dû exister entre 2 personnes « non-disponibles ». Il y a quelques années, nos enfants étaient dans la même classe et partageaient aussi des activités périscolaires. Ceci nous avait donné l’occasion de discuter et d’échanger nos numéros afin d’alterner les trajets.

La tortura.Ce premier échange paraissait banal aux gens qui nous entouraient – mon mari et sa femme – mais nous, nous savions déjà qu’il était trop tard. Nous avons pris soin de nous éviter un maximum et j’ai finalement emménagé à Paris.

Une première demande d’ami sur FB, je la refuse, une deuxième ; idem et une troisième que je finis par accepter. Un petit tour sur son profil me met le cœur (et le reste) en émoi et puis plus rien. Jusqu’à un message qui se voulait d’apparence anodine : « Salut, Je suis à Paris pour quelques jours. On se voit ? Envoie-moi ton nouveau n° de tél. ».

J’aurais pu ne pas répondre mais je l’ai fait… Quelques échanges plus tard, nous convenons de nous retrouver au bar de son hôtel afin de déjeuner dans le coin. J’arrive avec 20 min d’avance, lui aussi est là, je le vois depuis le trottoir d’en face, il fume sa cigarette, il n’a pas changé. Je me délecte à le regarder sans être vue, je pourrais encore faire demi-tour, mais à quoi bon. J’arrive au bar, à l’heure de notre rendez-vous.

Nous nous embrassons comme des amis mais trop longtemps pour le rester. J’ai le temps de respirer son odeur ; un mélange de parfum, d’alcool et de tabac, mélange qui me fait perdre la raison. Mais je le sais déjà, il est trop tard…

Il m’a commandé un verre de Chardonnay, il s’est souvenu. J’aurais préféré un Coca-light, histoire de garder les idées fraîches vu que mon corps est au bord de l’incandescence. Mais je me laisse tenter.

A la fin de notre deuxième verre et après avoir échangé trop de banalités, il me dit ces mots : « On y va ». Pas besoin de poser de question, ni de me demander de quoi j’ai envie, nous connaissons la direction que nous prenons. Sa main dans le bas de mon dos, me guide, nous prenons l’ascenseur, nos doigts se frôlent, nous nous rapprochons, nous nous effleurons sans dire un mot…

La porte de la chambre à peine refermée, nos vêtements tombent sur le sol, nos corps s’embrasent comme s’ils se connaissaient déjà… Perdus quelques part dans un espace temps, nous assouvissons enfin notre plaisir, sans un mot, juste nos souffles.

Difficile de s’éloigner, nous sommes attirés comme des aimants, nos corps s’emmêlent à l’infini. Le temps passe comme dans un rêve jusqu’à cette alarme de téléphone ; un rappel à la vie, à nos vies.

C’est le mien, je dois partir chercher les enfants à l’école, je me rhabille, je garde son odeur sur ma peau… Un dernier baiser mais sans un mot, je quitte la chambre. Dans l’ascenseur, je noue mes cheveux, rajuste mes vêtements et quitte l’hôtel machinalement. Sur le trajet, mon esprit est toujours dans la chambre avec lui, loin de ce corps encore engourdi par le plaisir.

Mon téléphone vibre, un message… C’est lui : « On se revoit quand ? ». Je réponds : « Peut-être… ». Tout mon corps me hurle déjà son manque, je respire son parfum sur ma peau et mes pensées repartent avec lui, dans cette chambre. La torture commence…

(cc) Cia de Foto

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