De retour dans mon pays d’adoption nordique au mois d’août (pendant que toutes mes copines se font dorer la pilule sous le soleil caniculaire du sud de la France), je me penche sur ce qui, à Helsinki, au mois d’août qui est encore un mois d’effervescence, fait figure de “place to be” de tous les hipsters et bobo finlandais :  Flow festival à Helsinki.
Au programme, une figure culte de ces dernières années : Björk. Après tout, pourquoi pas ? Je ne connais pas bien la reine des glaces et elle est précédée sur la scène par Feist que j’affectionne tout particulièrement et French Films, un groupe de rock finlandais bien péchu, peu de risques que je m’ennuie.
Le début du concert est un peu pénible : on est loin, tout Helsinki s’est massé en face de la scène principale - et le finlandais est grand et je suis toute petite :-) On est loin et la diva islandaise (qui refuse toute photo du concert ou tout film à l’iPhone pendant le concert) a choisi d’utiliser les écrans géants pour diffuser des images dignes de mon écran de Mac quand il est en mode d’économie d’énergie. Deux musiciens/geeks, des joujoux informatiques et dix choristes, plus la tenue de Bjork excentrique à souhait, digne d’une BD de Bilal, ne parviennent pas à emporter l’adhésion.
Mais peu à peu la magie opère… Les rythmes électro, mêlés aux orgues du fond de la scène et aux chants quasi chamaniques des choristes envoûtent le public qui se balance doucement sur ses jambes. Et la voix de Björk éclate dans chaque mot, chaque refrain, chaque phrase.
Elle redessine par ses chansons, ses visuels, ses mélodies, les contours d’un monde en mal d’épopée et de divinités païennes. Elle mêle divinités modernes du monde électronique et images d’une Islande rêvée et d’un monde ressourcé au contact de la nature enfin protégée.
Et le public finlandais, pourtant si avare d’applaudissements ou de manifestation bruyante se laisse aller à acclamer celle qui fait naître de ses “jouets” magiques et de sa voix de prêtresse, l’illusion d’un monde qui aurait du sens et reviendrait à l’essentiel, au sauvage au primitif.
Quand la dernière chanson claque, entre bruit d’éclairs (nouveau jouet de la diva, une machine qui crée des éclairs accompagnant les sons de sa pop électrique), chants rituels des choristes qui dansent comme si elles étaient envoûtées  sur fond d’images de volcans en éruption et de feux d’artifice dorés sur la scène, on reste subjugué, impressionné,  inquiet et rassuré à la fois d’un tel spectacle divin.
Non, Björk n’a jamais été une chanteuse que j’écoutais beaucoup et je ne suis même pas sûre de la réécouter après ce concert. Mais ce moment qu’elle crée sur scène, auréolé de ses sourires quand enfin on aperçoit son visage est un moment d’une véritable intensité et qui offre au spectateur blasé et désemparé, un moment de spiritualité et de communauté partagées.
J’ai trouvé ma déesse : son nom est “Bjorki” à la finlandaise…
posté le 18/08/2012 | 1311 vues | 2 commentaires | tags: flow festival finlande Björk concert musique
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C’est un très joli premier article, et qui plus est sur une artiste que je trouve également fascinante. Merci beaucoup !