Article sélectionné par Tevouille lors de sa semaine de Rédaction en Chef.
Après la culpabilité féminine vient la culpabilité maternelle ! Plus insidieuse et plus sournoise, elle se glisse dans vos veines, distillée à petites doses par la société, la famille et surtout les enfants… Pas plus tard qu’hier j’en ai été victime.
Ma vie est arrivée à la croisée des chemins, je dois prendre des décisions, effectuer des changements et ceux-ci impactent évidemment ma famille. Forte d’une certaine expérience, je sais qu’il faut savoir informer de manière progressive. Donc étape 1, le travail.
Après avoir passé de nombreuses années à veiller sur mes enfants et à avoir mis mon activité professionnelle au second plan, j’ai décidé qu’il était temps de reprendre un vrai boulot, dans un bureau avec un salaire plus ou moins décent (enfin je l’espère).
J’ai donc informé mes enfants de cette volonté… Nous étions tranquillement en train de dîner après une belle journée ensoleillée.
Si mon Ourson est resté partiellement indifférent, ma Boucle d’Or a fondu en larmes…
Boucle d’Or : « Tu sais maman, ça commence à faire beaucoup… Le déménagement, le changement d’école, Papa toujours pas là , là ça fait trop… Tu ne peux pas nous abandonner ! »
Moi : « Mais je ne vous abandonne pas, je vais juste retourner travailler ! »
Boucle d’Or : « Mais t’as déjà un boulot ! »
Moi : « Oui, mais c’est mal payé et je veux m’épanouir dans un autre univers que celui de notre famille. »
Boucle d’Or s’effondre, les larmes roulent sur ses joues et mon cœur se brise…
C’est vrai que c’est égoïste comme démarche, c’est vrai que financièrement on n’en a pas besoin, c’est vrai que leur père est déjà absent toute la semaine et qu’il va falloir trouver quelqu’un pour faire « mon boulot »…
Oui, mais il le faut, ce n’est que le début des changements. Ou juste une évolution amorcée il y a plus d’un an… C’est d’ailleurs l’Ourson qui a attiré mon attention là -dessus…
« Je trouve que depuis que l’on a quitté Luxembourg, tu as beaucoup changée et je ne suis pas sûr que cette nouvelle version de Maman me plaise autant que la précédente. »
Aïe ! Ça fait mal, je suis touchée, mais je tiens bon ! En tout cas en apparence, je fais bonne figure, j’explique, j’argumente, je disserte…
Mais le poison est dans mes veines, il me brûle, je le sens se répandre, il m’empêche de dormir parce que je sais que ma décision est irrévocable et que la suite en dépend… Je vais devoir affronter les regards lourds de reproches, assumer le fait que je ne serai plus la seule à gérer ma famille et qu’en plus ils en souffriront…
Le temps atténuera-t-il la culpabilité qui me ronge ? Tout le monde trouvera-t-il sa place ? Je ne sais pas ! Mais il va falloir faire abstraction de cette douleur pour aller de l’avant et peut-être que chacun en sortira grandi, même moi…
(cc)Â @jackeliiine
posté le 07/08/2012 | 824 vues | 3 commentaires | tags: culpabilité mere travail enfants | 2 ont aimé
Je sais que tu as raison… Mais ma princesse les larmes aux yeux, c’Ă©tait douloureux! Et l’ourson, il faut se mĂ©fier de cette tranquilitĂ© apparente… Il est dĂ©jĂ revenu me poser des questions aujourd’hui… Heureusement c’est les vacances ;-)!
coucou, moi aussi je pense que tu as raison de prendre cette decision. Ceci dit, ce qui est de la culpabilite maternelle comme tu dis, ca partira seulement le jour ou tes loulous verront le bon cote de ta nouvelle situation et crois moi ca se fera tres vite. Un enfant qui voit sa maman heureuse et epanouie se sentira bien dans sa peau et aura une grande confiance en soi, un enfant qui tot ou tard sentira que sa maman souffre d’une maniere ou d’une autre d’une situation aura beaucoup de mal pour sa construction personnelle. Et comme tes loulous ne sont pas betes, si tu n’es pas a 100% epanouie et meme si tu le cache divinement bien, ils s’en rendront compte. Cette demarche n’est pas egoiste de ta part, tu as juste laisser couler cette larme sur les joues de Boucle d’Or aujourd’hui pour lui eviter d’en faire couler beaucoup d’autres plus tard! courage et continue sur cette voie.
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Pour avoir vĂ©cu ce genre de situation, je peux t’assurer que tu as bien fait. Tu verras, j’en veux davantage Ă ma mère de nous avoir Ă©levĂ©es ma soeur et moi avec les remords qui la caractĂ©risent (et d’avoir fini par divorcer et accepter des responsabilitĂ©s professionnelles lourdes que lorsque j’ai quittĂ© dĂ©finitivement la maison Ă 25 ans). Tes enfants vont douiller, c’est certain, mais mĂŞme si tu t’Ă©loignes d’eux, je pense que tu seras prĂ©sente Ă leurs cĂ´tĂ©s pour leur permettre de relativiser ce passage difficile. Tu seras surprise de les voir se responsabiliser peu Ă peu, en mĂŞme temps que ta famille Ă©voluera.
Tu sais, j’ai 29 ans et j’en apprends encore sur la manière dont ma mère a conçu notre Ă©ducation et la manière dont elle a fait des sacrifices sur le plan personnel. Maintenant, elle est plus Ă mĂŞme de me confier certaines angoisses qu’elle avait me concernant. Et je peux te dire que tes enfants te remercieront, une fois adultes, d’avoir pris la dĂ©cision qu’il fallait au bon moment. Dis-toi, et rĂ©pète-leur constamment, qu’il est prĂ©fĂ©rable pour eux de voir en leurs parents deux adultes qui s’occupent d’eux tout en n’Ă©tant pas empoisonnĂ©s par la rancoeur. Parce malheureusement, si tu poursuis ta vie d’adulte en fonction d’eux – comme l’a fait ma mère –, je peux t’assurer que tu vas au devant de grands traumatismes, pour eux comme pour toi.