Ma montre affiche 15h53. Amour ne devrait plus tarder à me rejoindre maintenant, nous avons rendez vous à 16h. Je l’attends sur ce banc depuis environ 15 minutes, armée de ma légendaire impatience.
J’ai relevĂ© mes cheveux, il dit que je suis plus jolie le visage dĂ©gagĂ© puis j’ai mis cette robe Ă fleur qu’il aime tant et qu’il m’avait offert lors de notre dernier anniversaire.
Je veux lui plaire comme au premier jour de notre amour, aujourd’hui, plus que jamais, c’est important.
Nous nous sommes rencontrés un mois de mai, il y a deux ans. Un soleil radieux illuminait ce parc ou je me tiens aujourd’hui et où il m’arrivait de venir y lire un bon vieux livre déniché à la bibliothèque municipale, j’adore leur odeur. Ce matin-là , j’avais décidé d’aller flâner au parc. C’était un dimanche et il était là , promenant son chien, un jack russel. C’est lui qui m’avait abordé, la décision du chiot d’offrir ses besoins au pied du banc sur lequel j’étais tranquillement installée avait un peu forcé les choses.
Nous nous sommes disputés très fort il y a 12 jours, j’ai compté chaque matin. De cette dispute nous avons noté que nous avions tous deux des torts et que certaines de nos habitudes respectives devaient changer pour que notre amour puisse s’épanouir.
La question était de savoir si nous étions prêts à faire des sacrifices et méritait réflexion. Une prise de distance temporaire était devenue nécessaire. Mais voila, aujourd’hui est le jour des retrouvailles du moins c’est bien ce que j’espère là assise sur mon banc.
15h59. Mon regard est rivé sur l’entrée principale du parc, celle de la rue des coquelicots. J’ai les mains moites et je me dis que même si un ovni tombait à coté de moi je ne décrocherais pas mes yeux de ce portillon.
Et s’il ne venait pas. Cette pensée me hante, elle m’obsède. Je serai anéantie. La vie suivrait son cour c’est sûr, mais non sans peine. Je connaitrais alors ce que je n’avais jamais envisagé jusqu’à présent, la solitude, le chagrin, le désarroi. Je rentrerais chez moi, seule, perdue. Je dois y croire même si les minutes défilent à grande vitesse. Mes pensées s’entrechoquent, entre désillusion et espoir, je ne sais plus, j’essai juste d’attendre sans trop réfléchir.
16h04. Deux hypothèses s’offrent encore à moi, soit il ne viendra pas, soit il est en retard. Encore quelques minutes. L’espoir me garde assise sur ce banc, difficile de m’en défaire. J’avoue que s’il ne venait pas, j’aurais du mal à comprendre. Nous nous sommes tant aimé et malgré nos différents, je reste convaincu que notre histoire, notre si belle histoire, ne peut s’achever ainsi.
16h08. Quelque part dans ma tête le verdict retentit, il ne viendra pas. Avec une lenteur désarmée, mon regard a quitté l’entrée du parc, la porte du bonheur ne s’est pas ouverte cette après-midi. Il est tant de partir. Je me lève, fébrile, les larmes remplissent doucement mes yeux. Je ne sens plus mon corps, il me transporte mécaniquement vers la sortie. Voila j’ai franchi le portillon et me dirige dans la rue.
J’essaie de regarder droit devant, ça m’aide à retenir mes larmes encore un peu. Je ne pense plus qu’à rentrer et quitter cette robe pour me faufiler dans mon lit. Je ne suis plus très loin de mon appartement, à l’angle de la rue je serai presque chez moi.
Virage à gauche. Il est là . Il cri de l’autre coté de la rue « Pardon, je suis vraiment stupide, je suis en retard, les embouteillages… ». Je ne peux plus retenir mes larmes, des larmes de joie. Il est venu et plus rien n’a d’importance, plus rien ne compte. Nous voilà ensemble, amoureux fous, prêts pour un nouveau départ.
(cc)Â harold.lloyd
posté le 28/06/2012 | 284 vues | 4 commentaires | tags: balade dispute attente rendez-vous amour | une personne a aimé
Je suis une irrĂ©ductible midinette. J’avais hâte de finir pour connaitre l’issue . Longue vie Ă vous deux !
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