En ce mois de juin oĂą beaucoup de films sortent, certains sont plutĂ´t mauvais, d’autres pas mal, mais il y en a qui un sort du lot : Marley par Kevin MacDonald. Le cinĂ©aste britannique, aussi connu pour avoir rĂ©alisĂ© Le dernier roi d’Ecosse (avec Forest Witaker), a voulu mettre un point d’honneur sur l’homme qu’Ă©tait Bob Marley.
Ce biopic de 2h24 (oui ça peut paraĂ®tre long mais je vous assure que ça passe vite !) est prĂ©sentĂ© comme un patchwork d’images d’Ă©poque, de tĂ©moignages rĂ©cents des proches de Bob Marley ainsi que d’images actuelles de JamaĂŻque et des quartiers oĂą il a grandi.
Et ça commence par le commencement : le Ghana. C’est de lĂ que partaient les futurs esclaves, c’est de lĂ que tout part, par la “porte de non-retour” qui s’ouvre symboliquement dans la lumière pour nous faire entrer dans le monde de Robert Nesta Marley : la JamaĂŻque.
Bob Marley est né en 1945, dans le hameau de Nine Miles dans les collines de Kingston, capitale jamaïcaine. Il y grandit parmi ses cousins, travaillant pour ses oncles, vivant difficilement son statut de métisse. Son père, Norval Marley, était blanc et sa mère Cedella, noire. Finalement ce statut de métisse est le fil conducteur de ce documentaire réalisé de main de maître, puisque tout au long de sa vie, Bob Marley se considérera comme à part, différent, à cause de sa mixité.
Jah Rastafari
Et ce sentiment de rejet le rapproche d’un mouvement dont il deviendra, sans le vouloir, le “prophète” : le mouvement Rastafari. Sa nouvelle religion va devenir un Ă©lĂ©ment très important dans sa vie, de part ses signes physiques (lorsque l’on pense Ă Bob Marley on visualise ses dreadlocks un joint Ă la main), mais aussi dans sa recherche de la paix dans le monde ou encore dans ses chansons (on pense Ă “Selassie is the chapel” ou “War”).
Bob Marley, l’homme de paix
Ce que l’on retient principalement de ce film, c’est l’homme de paix. Il suffit simplement de se souvenir de cette phrase qu’il prononça dans une interview : “I only have one thing I’d really like to see happen. I’d like to see mankind live together — black, white, shiny, anyone, you know what I mean ? That’s all.” VoilĂ ce que recherche ce mĂ©tisse qui Ă©tait considĂ©rĂ© comme un paria durant son enfance, ce chanteur que l’on essaya d’assassiner en 1976, cet homme qui rĂ©alisa l’exploit de rĂ©unir deux opposants lors d’un concert pour la paix, il n’y a rien de plus Ă retenir selon moi.
L’artiste
Bob Marley passera par diffĂ©rents styles musicaux avant de trouver le reggae. Lui et son groupe connaĂ®tront quelques annĂ©es de galère avant de se faire connaĂ®tre mais lorsque la machine commence Ă tourner c’est une rĂ©volution musicale qui se met en marche. Le reggae devient la musique des rastas, un moyen de faire passer un message de paix aux peuples et en musique. C’est notamment grâce Ă Bob Marley & The Wailers que le reggae prend une dimension internationale.
L’amant et le père
Ce film dĂ©livre aussi une dimension très personnelle du chanteur mythique. De part les tĂ©moignages de sa femme Rita, de deux de ses enfants, Ziggy et Cedella, de ses amis, ses producteurs, de sa mère, on y dĂ©couvre un homme loin d’ĂŞtre fĂ©ministe qui reconnut en tout 11 enfants de 7 mères diffĂ©rentes alors qu’il fut mariĂ© tout le long de sa vie Ă Rita. Il fit souffrir celles qui l’aimaient mais qui se turent par amour et parce qu’elles admiraient l’homme. Bob Marley n’Ă©tait pas un père “gaga”, il faisait attention Ă sa famille, en prenait soin, mais ne tenait pas la place du père rassurant. Ses enfants ne vivaient pas avec lui d’ailleurs, mĂŞme s’ils le voyaient quotidiennement.
Lorsque ceux-ci parlent de leur père, pour ceux qui s’en souviennent, on sent une pointe de regret de ne pas avoir connu un peu plus ce grand homme, mais aussi une fiertĂ© d’ĂŞtre des “Marley”.
La fin.
Bob Marley mourut en 1981 d’un mĂ©lanome dont il pensait s’ĂŞtre dĂ©barrassĂ© quelques annĂ©es plus tĂ´t. Il passa ses derniers mois Ă se faire traiter en Allemagne avant de revenir aux USA et mourir Ă Miami. Je retiens un passage plus symbolique que n’importe quel autre : la nuit oĂą sa femme et ses petites amies lui coupent ses locks car elles pèsent trop lourd sur son crâne et parce que celui-ci perd ses cheveux Ă cause de la chimiothĂ©rapie. C’est la chute du rastaman.
Mais Bob garde le sourire jusqu’Ă la fin et porte en lui un message d’espoir, celui que l’on peut tous vivre ensemble en paix. Il nous laisse un hĂ©ritage musical qui ne faiblit pas avec le temps. Il est mĂŞme renforcĂ© et diversifiĂ© grâce Ă ses enfants et amis qui puisent leur inspiration dans son travail.
Bref Marley, un documentaire qui vaut le coup, qu’il faut aller voir au cinĂ©ma pour se prendre des classiques de Bob Marley en Dolby Surround dans les oreilles ainsi que des images surprenantes et Ă©mouvantes du roi du reggae.
My richess is life, forever. Bob Marley
posté le 26/06/2012 | 769 vues | aucun commentaire | tags: marley reggae kevin macdonald Bob Marley documentaire film cinéma musique
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.
Some kind of unreal music #27 Chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter...
Some kind of unreal music #26 Voici donc les 5 sensations du printemps à l’essai. Alors oui, il y a beaucoup d’albums de vieux briscards...
Vente privée Fripesketchup Vous connaissez Fripesketchup ? La marque de vêtements, bijoux et accessoires Vintage...
Le couple, tout un concept. Je ne suis pas douée pour la vie à deux, je crois que ce n'est plus un secret pour vous. Je suis maladroite, chiante, un peu brute et j'en passe... Et il y a quelque chose qui me titille...
Nuits Fauves - le titre de Fauve, me trotte dans la tête depuis que je l'ai découvert. Subjuguée à chaque écoute par la violence, l'urgence de vivre et d'aimer qui émane de ces paroles. Ce titre fait écho au roman...
Du temps où Internet n’existait pas, quand il n’était pas possible de prouver dans la seconde la véracité de certains propos, toute rumeur devenait une information capitale. Les invasions vikings...
Le pire parfois, en catéchisme, ce sont ces laïcs dévoués qui s’offrent à former les enfants aux arcanes de la religion. Je me souviens d’une dame, la trentaine, habillée et coiffée...
Bang, bang ! Après les « Two mothers » indignes, voila les « Two Fathers » torturés. 2011 fut une année bénie : en France, Michaël Fassbender (Shame), Ryan Gosling (Drive)...
Manon a été troublée par ce contact physique inattendu. L’électricité transmise est remontée le long de son dos et n’était pas pour lui déplaire. Mais la morale lui interdit d’imaginer autre chose...