Humeurs

Expectative

Ce dimanche 6 mai 2012, le peuple français vient d’élire à 52 % son 24ème président de la République, à savoir François Hollande. Homme réputé peu charismatique et souvent homme de l’ombre, il a pris de l’ampleur depuis son départ du poste de secrétaire général du Parti socialiste en novembre 2008. S’étant transformé physiquement, il prit assez de confiance pour s’imposer aux élections primaires du parti, puis à l’élection présidentielle.

ExpectativeCela met fin à 17 années de présidence et 10 années de gouvernement effectif à la droite de l’échiquier politique français, en attendant les résultats des élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Ces cinq dernières années ont particulièrement été marquées par diverses critiques de la part des médias et des citoyens les plus militants sur la gestion politique de la France. Une donnée conjoncturelle s’est ajoutée à cette gouvernance : celle de la crise financière, débutée en 2008, et qui affectera encore la population mondiale pendant de nombreuses années encore.

Faut-il se réjouir de cette alternance politique ou faut-il craindre une gestion alarmante ? N’étant moi-même partisane d’aucun des deux programmes qui nous ont été proposés au second tour, pour diverses raisons, j’ai personnellement vécu comme véritablement agressive toute campagne de dénigrement pour l’un ou l’autre candidat dans la presse ou même de la part de mon entourage. De toutes façons, pour arriver au pouvoir, il faut en faire des saloperies. C’est un fait. C’est un jeu. C’est une lutte. Pas la peine de pousser des cris d’orfraie à chaque révélation scandaleuse, les gens. Vous n’êtes pas crédibles. Ou alors, j’ai tellement foi en l’humain que j’en oublie à quel point il peut être con.

Et puis j’ai observé la grille de lecture de chacun des partisans de chaque candidat que je croise autour de moi. Voici mon constat :

Les partisans de François Hollande sont fatigués d’une politique d’austérité à base de licenciements économiques et d’un non-respect de certains droits fondamentaux comme la liberté de circulation des personnes (pour faire court). En votant pour celui qui est devenu notre nouveau président, ils veulent retrouver des valeurs de partage, d’équité, de justice sociale pour tout résident sur le sol français. À mon sens, c’est une bonne idée sur le fond, mais je pense que tout cela manque cruellement de réalisme.

Les partisans de Nicolas Sarkozy sont fatigués de payer pour des assistés et ont peur de se faire virer à coups de pompe dans le train par les immigrés (pour faire court). En votant pour celui qui est devenu notre ancien président, ils espèrent maintenir une France qui a de la gueule, avec des valeurs qui claquent bien, une histoire prestigieuse et l’envie de montrer que chez nous, on est des gens biens. À mon sens, c’est une bonne idée sur le fond, mais je pense que tout cela manque cruellement de réalisme.

Les deux projets de société qui nous ont été proposés lors de cette échéance électorale me paraissent partiels, voire partiaux, quant au principe de réalité. Le principe de réalité, c’est une récession économique, mais aussi des problématiques sociétales complexes. Et si je devais être réellement honnête, je dirais sincèrement qu’aucun des deux programmes ne m’a réellement convaincu dans son ensemble. J’étais convaincue sur un programme sur le plan économique et l’autre sur le plan sociétal. Et au moment d’aller voter, je peux vous dire que j’ai hésité.

Mais ce qui m’a surtout écœurée – et ce qui m’a motivée dans mon choix de vote –, c’est cette espèce de bashing pour chacun des candidats. Je savais que le débat allait être âpre, mais que chacun en vienne à balancer des saloperies de la sorte pour essayer de convaincre les indécis. Même Adolf Hitler n’a pas eu le droit à une telle presse avant 1933, et pourtant on connaît la suite. Pour moi, l’un comme l’autre avait ses qualités et ses défauts pour gouverner.

Pour les satisfaits du résultat, je conseille quand même d’être en état d’alerte. Pour ceux qui en sont déçus, je conseille de voir les choses venir. Pour tout le monde, comme pour moi-même, je pense que la meilleure des attitudes à adopter est l’expectative face aux défis qui nous attendent durant ces cinq ans de gouvernance de François Hollande.

(cc) rsepulveda

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