Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

19. mai 2013

Mot de passe oublié

Laurie 83

Vis ma vie d’agriculteur… ou les tribulations d’une blonde dans un champ

Je vous l’avais dit dans le up and down, j’ai fait un truc improbable pendant le week-end de Pâques. Quand je dis improbable… Accrochez-vous à votre chaise, les gens, parce que je suis rentrée de plein fouet dans la vie à la campagne. Moi, la blondasse qui blogue jusqu’à deux heures du matin, je me suis levée à six heure pour aller aux champs. Ouais.

vismavieagriculteur.jpgAlors dĂ©jĂ  je vous situe… Vous vous souvenez de ma copine aux supers pouvoirs ? Et ben son frère cultive toute sorte de choses, notamment des asperges. Et elle va l’aider tous les matins Ă  les ramasser. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’elle aille ensuite bosser Ă  9h ou non. Le mythe s’étoffe, hein ? Et encore, je ne vous ai pas dit que le jour des dix gosses, elle rentrait de six heures de rĂ©colte… Je vous jure que Laurence existe en vrai.

Acte 1. L’Homme s’était proposé de donner un coup de main pour la cueillette. Le samedi matin, il y est donc allé tout plein d’entrain. Il a récolté de 7h à 12h30. Penché en avant, en équilibre sur les cuisses. Il est revenu l’air tout fier à la maison, s’est assis, puis, au moment de se relever, a reçu l’addition. Il a foncé vers le lit en gémissant de le laisser agoniser en paix, a tendu une main tremblante vers le décontracturant avant de plonger dans un sommeil lourd, qui, dieu merci, s’avéra salvateur. Je crois qu’en me rendant témoin de ça, l’univers essayait de me dire quelque chose.

Acte 2. Ma copine MarieJo est à la maison. Elle rêve d’aller aux champs. Oui, moi aussi parfois elle m’inquiète. L’Homme se souvient encore des souffrances du matin, il a l’air goguenard lorsqu’il nous propose d’y aller le lendemain. MarieJo est contente, et vous savez quoi ? Moi aussi. À croire que j’ai deux fils qui se sont touchés dans ma tête, léger court-circuit. Mais je vous l’ai dit, je suis une fille de la campagne, alors peut-être sous cette folie passagère un infime sens de l’honneur se cache-t-il… Et une dose de masochisme aussi, sans doute, dans la mesure où, si l’Homme a des courbatures, ça veut dire que je risque l’hosto.

Bref, le dimanche matin je me réveille à 6h, bien décidée à aller aider à la récolte. Et là, c’est le drame : mon dos refuse de bouger. Ça m’arrive régulièrement, mais ce matin-là ce n’était pas du tout le moment d’avoir un bout de bois à la place de la colonne. C’est donc l’œil humide et la rage au ventre que je les regarde partir sans moi.

Acte 3. Quand je les ai vus revenir tout aussi pleins d’entrain qu’à l’aller, je me suis jurée d’y aller le lundi matin, dussé-je passer deux semaines au lit à réclamer de la morphine. Le jour dit, je me suis donc levée, remplie d’une froide détermination. J’avais mal au dos ? J’ai gobé un anti-inflammatoire, comme ça au moins j’aurai peut-être un trou dans l’estomac mais je conserverai un semblant de motricité.

Ă€ 6h40, j’étais dans la voiture, en tenue de combat, sans maquillage aucun et un bandeau sur le crâne, bref hyper glamour et dĂ©terminĂ©e Ă  aller affronter la gouge. Une gouge, c’est une sorte de grand chausse-pied de 60 cm de long. (Et tu te dis sans doute : “Pour un engin comme ça, t’aurais pu mettre du mascara”. Et tu n’as pas tort, sur le fond. Mais je n’ai pas l’esprit aussi tordu que toi. Tu devrais avoir honte.)

Bref, arrivée sur les lieux, première impression : « euh… elles sont où les asperges ? ». Ben oui, t’as beau savoir que ça pousse sous terre, tu t’attends à un truc un peu plus spectaculaire. Que nenni, ce sera six buttes de terre d’un mètre de largeur environ, sur 250 mètres de longueur. Recouvertes de plastique troué çà et là. Le ramassage peut commencer.

Première difficulté : repérer l’asperge à ramasser. Seul un œil exercé peut voir la petite tête pointer sous le plastique (ou une fille qui a les idées carrément mal placées, ce qui n’est pas mon cas, alors ça suffit s’il te plaît), ou la légère craquelure de la terre annonciatrice d’un mouvement souterrain ascendant. Et si par malheur tu en vois une de l’autre côté de la butte, tu te rends vite compte qu’essayer d’enjamber un mètre de terre sans le toucher, comme ça à froid, ça demande un certain entraînement. Oui, je me suis vautrée lamentablement. Pas qu’une fois, tant qu’à faire.

Seconde difficulté : extraire l’asperge sans la casser. Non parce que ça a l’air facile comme ça, mais il ne faut pas oublier que c’est un mĂ©tier, hein. Et en plus c’est bien gentil de donner un coup de main, mais si tu ruines la rĂ©colte c’est un peu embĂŞtant, quoi. Si la gouge est trop loin de la racine rien ne vient, si elle est trop près tu abĂ®mes le pied, si elle est de travers tu casses la tĂŞte ou le pied d’à cĂ´tĂ©. Et certaines ne veulent juste pas sortir, elles veulent juste faire chier, leur race. Bref, t’as la pression. D’autant que quand j’ai levĂ© les yeux je me suis rendue compte que j’avais fait 10 mètres, contre 100 pour les habituĂ©s. “Alors, Manon des Sources, on fait moins la belle hein ?” “Ça va, ta gueule, j’ai cassĂ© que deux asperges alors fous-moi la paix.” (quota de vulgaritĂ© atteint, nous pouvons continuer).

Troisième difficulté : la position assis-debout. Ouais, celle qui te flingue les muscles des cuisses au bout de trente secondes trois minutes. Penchée en avant, les genoux légèrement fléchis, un coude en appui sur une cuisse, un bras tendu qui fait levier avec la gouge, pendant deux heures. Moi pour qui passer l’aspirateur est un problème… Je n’osais même plus essayer de me redresser, de peur de me rendre compte d’une panne des articulations survenue inopinément, avec interruption momentanée des programmes, nous travaillons à résoudre ce problème au plus vite, merci de votre confiance. Bip.

Sorti de toutes ces considérations purement techniques, et donc totalement triviales, c’était vachement bien tout ça. Évidemment cela n’a duré que deux heures, contre 4 à 5 habituellement, donc j’ai peu de mérite. Surtout en comparaison de ceux qui font ça tous les matins, par tous les temps, et qui enchaînent sur le tri / découpage / pesée / préparation des bottes juste après. Mais, compte tenu de ma forme physique, de ma musculature inexistante et de mon dos de mémé, j’étais très contente de l’avoir fait.

Et puis se lever tôt et prendre l’air de bon matin, ça fait du bien. Je n’en suis que plus admirative du travail des agriculteurs, qui font un boulot considérable, qui ont des horaires qui feraient cauchemarder plus d’un syndicaliste, et qui parfois n’ont aucune aide. Le champ entier, tout seul, ça arrive, et je peine à imaginer ce que ça représente. Respect total.

Le bilan ? Il faut absolument noter que mon dos ne s’est pas coincé, miraaaacle ! Par contre le lendemain j’ai eu la surprise de découvrir mon corps d’une façon peu agréable : la douleur m’a fait prendre conscience du moindre de mes muscles, des pieds à la taille, et des omoplates à la nuque.

Je peux te dire un truc : il y en a beaucoup, en vrai. Si si. “Mais qu’est-ce que… ? Non, lĂ  aussi ? Et ça c’est… ? Quoi, mais comment c’est possible ?!” Ouais ma grande, on a beau ne pas avoir fait de sport depuis 1999, on a du tissu musculaire dormant. Et, contrairement aux volcans d’Auvergne, il peut se rĂ©veiller Ă  tout moment.

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Derniers commentaires

 

héhéhé étant moi même une VRAIS fille de la campagne

voui voui moi aussi les champs je les culbutaient.


Moi aussi le tracteur je le conduisait^^ haaa

que de bons souvenirs que cette campagne lĂ .


Non mais vraiment on pourra dire ce que

l’ont veut sur la campagne, on rĂŞve tous d’y retourner.

Moi The first .


C’est vrais qu’ils ont du mĂ©rite les paysans,

mais pour avoir vécue avec eux durant des années

je sais de source sures que jamais au grand jamais

ils n’Ă©changeront leurs carrĂ© de pomme de terre

contre un 9 m2 sans ascenseur.


Je te remercie donc pour cet article des plus poilants,

si si si il m’a bien fait rire, et respect pour ton engagement je suis

sure que ton amie est au courant de tes maux de dos et te voir

au turbin malgré tout, lui aura je pense fait plaisir.


En passant encore merci de nous faire vivre Ă  travers

les tiennes ses aventures ^^


Bisous H


 

Tu as raison : mĂŞme si ce n’est pas tous les jours facile ils ne voudraient pas d’une vie citadine !

Merci Ă  toi pour ces compliments, c’est vraiment gentil ;)

Biz!


 

Sourire …. c’est racontĂ© avec tellement d’humour !

j’ai beaucoup aimĂ©


 

Oh merci! Ça me fait vraiment plaisir ;)


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