Il y a des soirs comme ça, oĂą on sait que le sommeil ne viendra pas. Juste parce que si on cesse toute activitĂ© qui mobilise un minimum l’esprit le « petit vĂ©lo » se met en marche… Vous savez, ce petit engin qui, emportĂ© par son Ă©lan, ne s’arrĂŞte plus de rouler…Â
Clic clic clic, rouages enclenchés. Les idées fusent et refusent de se poser, de me laisser en paix. Pas les bonnes idées, celles qu’on couche sur le papier. Les idées brouillons, les idées souillons, les idées grognons, les idées mauvaises. Les mots sournois, les mots narquois, les mots qui résonnent, et reviennent, et s’entêtent. Les mots « et si ? », les mots « et puis ? », les mots haïs.
Clac clac clac, changement de vitesse. Les images se bousculent et s’immiscent dans les idées, se mêlent aux mots et en rajoutent. J’imagine le pire, je vois les ennuis, je vois les barrières, je vois tout trop loin, je vois tout trop haut. Je me vois petite, je me vois inerte, je me vois vaincue. Je vois tout trop fort, je me vois foutue.
Tic tic tic, la pendule s’en fout. Elle avance quand même, elle me nargue gaiement. La nuit s’amenuise, le sommeil s’éloigne encore un peu, les minutes s’allongent, le temps est mon ennemi. Et le vélo roule sur ces heures mauvaises, il arpente le lit, il arpente ma tête, il arpente mon ventre de ses roues moqueuses.
Tac tac tac, mon cœur bat plus fort. Pas de doute, à ce stade, que le sommeil est mort. Mon cœur se serre, ma poitrine se remplit de cet étrange froid qu’on appelle l’ennui, mais qui n’en est pas. C’est l’angoisse insidieuse qui en a fait son lit, qui s’y vautre, s’y étire et l’inonde tout à fait. Le plexus et la gorge sont eux-mêmes annexés, et rendent les armes devant la peur hideuse, la pire de toute, qui s’efface au matin : la peur d’avancer, la peur d’essayer, la peur du lendemain.
Ce foutu vélo n’est pas près de rouiller. Un livre, parfois, arrive à le stopper. Il s’était fait discret, je le croyais disparu. Il est là à nouveau, il caracole et roule, et roule encore.
Cette fois je t’aurais, cette fois je t’affronte ! Cette fois j’ai une arme, j’utilise des mots. Les mêmes dont tu te sers pour me faire espérer le matin plus que toute autre chose.
Les mots qui peuvent servir une cause bien plus douce, et me faire rêver à un monde à ma taille, à un monde rassurant, à un monde où je gagne. Mais je me bats toujours, et le vélo est là . Le vélo ralentit, mais ne s’arrête pas.
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(cc) Fairy Heart ♥
posté le 23/04/2012 | 1157 vues | 13 commentaires | tags: penser cogiter lune sommeil insomnie nuit humeur peur | 2 ont aimé
J’aime beaucoup ta phrase!
Alors celui-lĂ il est sorti en 5 minutes, sans que j’y rĂ©flĂ©chisse le moins du monde… très Ă©trange d’ailleurs, de dĂ©couvrir au fur et Ă mesure que j’Ă©cris…
Merci pour ton message ;)
HAHAHA c’est la meilleure manière d’Ă©crire selon moi voui voui car c’est Ă©galement comme cela que je fais. Je ne sais jamais ce que je vais Ă©crire ce n’est qu’ensuite que je dĂ©couvre et lĂ bim le choc, syncope, direction l’hĂ´pital ^^
et toi tu Ă©cris Ă la main ou au pc ? les deux ? c’est super intime comme question hein ? ^^
Très intime, oui! ;)
J’Ă©cris sur l’ordi, car Ă la main je vais trop lentement et je perd le fil du coup… je trouverais ça tellement plus romantique d’Ă©crire sur des carnets, mais bon…
@ Street Book : pour rĂ©pondre Ă tes questions existentielles du moment moi j’adore Ă©crire Ă la main dans des carnets mais j’ai peu d’user mes carnets alors j’Ă©cris Ă l’ordi parce que je peux pas poster du manuscrit sur LR. Mais dès que je peux je reprend mon stylo favori parce que j’aime son bruit sur le papier et parce que j’Ă©cris trop joliement !
@ Laurie 83 : C’est trop beau ton texte j’adore.
J’ai plus de facilitĂ© Ă Ă©crire Ă la main qu’au pc, je ne sais pas pourquoi, mais j’aime sentir ma main s’affaiblir au bout de la dixième pages recto verso noircie.
Je commence en posant mon stylo sur une page, je ne sais toujours pas ce que je vais Ă©crire…et lĂ BIM ayĂ© le voilĂ partit dans une course folle avec mon imagination dans une valse des plus endiablĂ©e…^^
Imaginez qu’un jour bim votre ordi passe l’arme Ă gauche combien d’entre vous perdront leurs leurs textes ? Alors qu’en les Ă©crivant Ă la main on garde une trace, et on a plus de chance de tomber nez Ă nez avec un texte retrouvĂ© IRL que sur son pc^^ .
Vous l’aurez compris j’ai des textes dans tout les coins et sur pas moins de trois disques durs.
Il vous arrive de vous relire (genre trois ou quatre ans plus tard) et de vous rendre compte que oui vraiment vous n’Ă©crivez plus comme çà …?
J’adore savoir comment les gens font ^^
Je fais des sauvegardes! Et puis mes textes, les autres, ceux que je ne montre pas, je les ai sur papier quand mĂŞme…
Oui je me relis parfois, et pas la peine d’attendre trois ans, ce que j’ai Ă©crit il y a deux mois me semble bof, pas fini. Ce que j’ai Ă©crit il y a longtemps c’est diffĂ©rent : non je n’Ă©crirais plus la mĂŞme chose, mais en mĂŞme temps ça me replonge dans un Ă©tat d’esprit passĂ©, qui parfois semble dĂ©suet mais qui fait sourire… ou pas d’ailleurs.
Et toi, t’en as d’autres des questions comme ça? lol
moi j’ai honte de certains c’est pour cela que je supprime souvent des textes, car d’une ou je devais vraiment mais vraiment ĂŞtre bien bourrĂ©e quand je les aient Ă©crits ou bien car ils ne reprĂ©sentent plus ce que je suis.
Mais retomber sur des textes écrits je ne sais pas moi aller au collège pour ne citer que lui ^^ je donnerais ma chatte au premier venue (scarlette mon bébé ^^) pour retomber sur juste un ^^
Mes anciennes rĂ©dactions celles ci mĂŞme ou me donnait des 18 ou des zero car bein j’aurais Ă©tait Hors Sujet ^^
J’adorais les Hors sujet la prof nous file une trame et bim moi je tombe dans le drame ^^
oui oui j’ai encore pleins d’autres questions ^^ car j’adore les rĂ©ponses ^^
J’ai gardĂ© mon cahier des poème que j’Ă©crivais quand j’Ă©tais au collège. Ils sont tous Ă©crits soigneusement Ă la plume. Et ce me fait sourire de les relire mais j’ai pas honte des vieux textes. C’Ă©tait moi Ă une Ă©poque et je trouve ca dommage de les supprimer.
Donc nous sommes d’accord, nous accordons plus de sentiments aux textes que nous Ă©crivons Ă la main …? Ou bein non c’est kif kif la main le pc ce qui compte c’est ce que l’on imagine sous la caboche^^
C’est pas ça, c’est juste qu’Ă l’Ă©poque on n’avait pas d’ordi! (je ne suis pas si vieille que ça pourtant!)
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“Mon cĹ“ur se serre, ma poitrine se remplit de cet Ă©trange froid qu’on appelle l’ennui, mais qui n’en est pas.”
@ta phrase m’a automatiquement fait penser Ă l’une des miennes ^^
“Une envie de jouir
De cette sombre mascarade
Que l’on appelle la vie, au pire
La mort, au mieux l’ennuie.”
Très très très beau texte j’aime beaucoup … comment l’as tu Ă©cris? Il t’es venu comme çà clic clac ou genre deux heures pour y penser et cinq pour l’accoucher ?
En tout cas merci pour le partage ^^
H