My Space

Ma nuit au cirque

Le cirque, je n’y connais rien. J’ai dû y aller deux fois quand j’étais petite, à l’occasion du passage dans ma petite ville d’un Zapatta ou d’un Gruss. Pour moi, le cirque rime rimait – jusqu’à hier soir – avec un chapiteau mal chauffé, des clowns pas très drôles et des animaux dressés. Une amie m’avait déjà parlé du Cirque Eloize, au Grand Rex jusqu’à dimanche, alors quand j’ai eu l’opportunité d’y être invitée, j’ai pris cette copine sous le bras et nous y sommes allées… Je ne verrai plus jamais le cirque de la même manière !

Ma nuit au cirqueCréée en 1993, la troupe Canadienne réinvente le cirque dans chacune de ses créations, en propose une version “contemporaine” : comprenez, pas de piste, pas d’animaux, pas de clowns. On a parfois même l’impression de ne pas être au cirque, mais d’assister à un ballet contemporain, le tout dans un décor urbain illuminé de projections numériques ! Et puis, tout à coup, un jongleur fait son entrée, un acrobate surgit, les artistes interpellent le public, saluent à la fin de leur numéro et on retrouve alors les codes du cirque.

Durant presque deux heures, j’ai eu le souffle coupé, les yeux plein d’étoiles et le cœur battant devant ces quatorze artistes aux talents multiples. Car, quand vous croyez avoir identifié la spécialité d’un artiste, le jonglage par exemple, il revient en acrobate ou en danseur et vous cloue sur place. Les numéros, tous différents l’un des autres, s’enchaînent, mais racontent aussi une histoire : celle de deux bandes rivales qui se défient pour une femme. Des styles différents, donc, mais aussi des rythmes différents. On passe d’un duo dansé plutôt lent à un numéro collectif de danse hip-hop ou de trampoline haletant.

Si j’ai – évidemment – été impressionnée par les numéros spectaculaires (le vélo acrobatique, le numéro d’équilibre sur des chaises etc), j’ai surtout été touchée par deux duos. Le premier numéro que je ne suis pas prête d’oublier ouvre le spectacle : un homme et une femme se croisent dans une foule qui déambule. Débute alors un dialogue entre deux corps qui se rencontrent, entre attraction et répulsion, force et douceur. Des portés classiques côtoient des figures contemporaines mâtinées de hip-hop. La beauté à l’état pur.

Puis, dans la deuxième partie du spectacle, il y a eu le numéro qui a presque réussi à me tirer des larmes. Encore une fois, il s’agit d’un duo homme/femme. La femme est suspendue dans les airs, elle s’enroule dans deux rubans de tissu blanc, effectue des figures effrayantes mais extrêmement poétiques. Au sol, un jeune homme aux longues dread locks juché sur des rollers tente de l’atteindre. Les deux artistes sont aériens, ils semblent se mouvoir au ralenti avec une facilité déconcertante. Bref, c’est magique.

A l’issue des deux heures de spectacle, je n’avais qu’une envie : que ça recommence… Et que le Cirque Eloize revienne en France avec leur nouveau spectacle !

© 2010 Théâtre T & Cie / Valérie Remise

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