Humeurs

Avant l’hiver

J’ai oublié d’oublier, que tu vas partir loin très loin en me déchirant le cœur, en l’emportant même avec toi. J’ai oublié d’oublier le mal, la terreur et la tristesse qui m’attendent.

Avant l’hiverJe me souviens de tout, des premiers moments sous les cerisiers en fleur, des premiers mots et des balbutiements, je me souviens de tout, de toi, de moi, de nous et des promesses.

Alors, le soir, quand j’y pense je me dis « Comment peux-tu ? Décider d’aller là bas, tout rompre d’un claquement de doigts », cet appartement deviendra trop grand, comme tous les autres d’ailleurs, puisque je me contenterais d’un trou à rat si tu n’étais plus là. Ce lit deviendra trop froid, cette chambre trop vide, et ma tête sera si lourde de nos souvenirs.

J’ai décidé de t’attendre, encore, toujours, tout le temps, Byzance n’aura jamais raison de notre amour, il est si grand. Dis moi, j’ai raison n’est-ce pas ? J’ai raison de me dire que tu reviendras… ?

J’ai peur, regarde-moi, vois comme je tremble, je t’en prie, ne me quitte pas des yeux, pas une seconde, pas une seule, attarde toi une dernière fois sur moi avant l’hiver. J’ai déjà si froid. Mon corps entier brûle pourtant, l’enfer paraît si proche.

Je pleure, je n’arrête pas de pleurer alors que tes bras se détachent de moi, j’imagine déjà la scène, pourquoi être si cruel ? Qui a besoin de ça ?

« Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu’elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu’à terre
Ça y est! Elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu’elle tournera toujours »

Orly – Jacques Brel

(cc) d o t i s m

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