Humeurs

Vocation.

Il y a des moments où j’en arrive à me demander si je suis toujours mécontente de mon boulot, même s’il me correspond vraiment. Ou peut-être que je ne l’ai pas encore trouvé, le boulot qui me correspond vraiment.

Vocation.J’ai l’impression bizarre que, à chaque fois que je me trouve dans un bureau, j’y suis parce qu’on m’a proposé de l’argent pour y être et rien d’autre. Soyons clairs, quand je suis au chômage je suis vraiment malheureuse, mais j’ai cette impression bizarre que, même si je trouve assez facilement du boulot, je ne le supporte vraiment que si je sais qu’il va finir un jour. Comme une mission d’intérim. Ou un CDD. Ou un petit boulot pour payer mes études.

Je commence sérieusement à croire que trouver un boulot dans lequel on est bien n’est qu’une utopie, que ça mène à la ruine ou à la folie, ou que c’est parfaitement irréalisable sauf pour une quantité infime d’entre nous. Et j’en finis même par me demander si ce n’est pas moi qui suis une éternelle insatisfaite. Ça se trouve, même si on me donnait l’opportunité de faire le boulot de mes rêves, je m’en lasserais au bout d’un mois, lui trouvant les défauts les plus farfelus du monde.

Je ne sais vraiment plus quoi faire. Faudrait-il que je m’invente un métier ? Ecrivain-cuisinier ? Blogueuse-interprète ? Maquilleuse-photographe ? Dessinatrice-esthéticienne ? Tout ça me décourage de plus en plus. Avec un papa médecin et une maman infirmière, je n’ai jamais eu l’idée saugrenue d’avoir un métier juste parce que ça paye et pas parce que ça me plaît. Eux, avaient un métier qui correspondait à une vraie vocation. Moi, je me suis laissé voguer au fil des expériences. J’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais. J’ai juste été assez intelligente pour m’accrocher à des offres d’emploi qui correspondaient à mon profil, mais je n’ai jamais postulé à une annonce que je voulais décrocher, et ce, pas parce qu’elle payait bien ou qu’elle était à côté de chez moi.

Pourtant, je sais qu’on peut avoir un métier que l’on déteste toute sa vie. Et simplement s’y faire. Parce qu’on a toujours vécu comme ça. Parce que ça paye. Parce qu’on a pas le choix.  Mais à moi, ça me fait peur. En bonne fille de médecin je m’inventerais des maladies imaginaires pour ne pas aller au boulot, et à force de les inventer, je finirais par les attraper. Jusqu’à la retraite. Et une fois à la retraite je serai triste de ne pas avoir profité de ma jeunesse, pour avoir passé le plus clair de mon temps à me lamenter sur mon boulot que je déteste.

Alors ne vous inquiétez pas, j’ai peut être l’air d’une éternelle insatisfaite, mais je m’occupe comme je peux. Je rédige plein d’articles partout sur la toile, enfin où on me laisse écrire sur la toile, et je me remue pour trouver ce que j’aimerais réellement faire dans la vie. A part gagner beaucoup d’argent pour un minimum de taf.

Vous en pensez quoi vous ? Trouver un travail qui nous plaît, c’est être déconnecté de la réalité ?

(cc) Matthias Rhomberg

10 Responses to “Vocation.”

  • Pour ma part, j’ai eu de la chance, beaucoup de chance. J’ai su saisir les opportunités qui s’offraient à moi, évidemment, et j’ai pris des risques, j’ai saisi la balle au bond au moment opportun, tout ça tout ça (je te passe les détails) mais ça c’est seulement parce que j’ai toujours su que je voulais travailler dans un univers épanouissant.

    Sachant qu’on est voués à passer une bonne moitié de notre vie à travailler, autant que ce soit pas seulement dans de bonnes conditions, mais que ça nous permette aussi d’évoluer, de se sentir bien dans ce qu’on fait, d’être passionné, même un tout petit peu.

    J’ai d’ailleurs lu sur la page de My Little Paris aujourd’hui même la phrase suivante : “Choose a job you love and you will never have to work a day in your life.” Ca, c’est classe.

  • ah ah ah je pourrais écrire dix mile lignes sur cette question que je me pose si souvent ! quand on me demande ce que je fais comme boulot, déjà j’aime pas le dire parce que ça suscite des réactions bizarres, et je ne peux m’empêcher de dire que je ne l’ai pas fait par choix et que je ne ferais pas ça toute ma vie !
    Mais en attendant j’y suis dans ce boulot (et dans ce bureau) des dossiers plein mon bureau ! Je crois que finalement je l’aime bien ce boulot et puis je suis pas trop nulle dedans !

    Et pourtant tous ces boulots qui me font rêver : ingénieur, chimiste, bloggeuse, shoppeuse, glandeuse, décoratrice, écrivain… Tout ca tout ca ! mais surtout je me suis découvert il y a environ deux ans une passion pour la pâtisserie ! Mais quand je dis à ma mère que finalement je vais tout laisser pour faire pâtisserie elle fait des bons au plafond !

    Mais est ce que la pâtisserie en métier ca me plairait ! c’est pas dit non plus !

    Alors voila le problème (enfin le mien) : je sais ce que j’ai mais je sais pas ce que j’aurais si je claque tout ! et puis y a t il un boulot de rêve sans contraintes où on s’épanouit à 100 % pour tout le monde, je suis pas sure !

  • C’est à dire que j’ai pas envie de terminer comme Ayem, voyez-vous.

  • Bah je suis comme toi ma poule. Pendant 6 ans, j’ai été larbi… euh serveuse et, autant les premières semaines dans une entreprise étaient plutôt plaisantes, autant, dès que j’étais parfaitement au point, je ne supportais plus. La routine, savoir ce que j’allais faire à chaque moment précis, voir toujours les mêmes têtes. Sans compter que ce boulot était loin d’être ma vocation. Trèèèès loin, même.
    Aujourd’hui, je suis maman au foyer. Avec ses avantages et ses inconvénients. Mais quand ma fille ira à l’école, il faudra bien que je reprenne le boulot (peut-être même avant, vu l’état des finances…) et je sais que le seul boulot que j’aimerais faire, c’est écrire. J’ai eu la chance de faire quelques articles pour un magazine guadeloupéens (qui n’a pas vu le jour puisque son actionnaire principal a fini en taule pour proxénétisme…) et j’avais adoré, quitte à prendre sur mon temps libre.

  • @electricalstorm: je suis contente de pas être la seule :) Disons que ton cas est plutôt “classique” vu qu’en general, en cas de grossesse, c’est presque toujours le parent qui a une moins bonne situation financière que l’autre qui part en congé parental.
    Je vais voir ce que donne le temps, je suis sûre que les opportunités ne manqueront pas avant que je trouve quelque chose qui me plaise vraiment. C’est un peu optionnel, que le taf te plaise finalement, j’ai l’impression. A partir du moment où tu gagnes du fric et que tu as un copain et un appart’, tout va bien. Le reste semble absolument optionnel aujourd’hui. Comme si le bien-être était quantifiable.

  • Oui malheureusement. il y a deux ans, j’avais lâché un boulot où je me tapais 10h par jour de service, je bossais le soir jusqu’à minuit passé et je n’avais aucun week-end. Tout ça pour la formidable somme de 1200 euros par mois. Au bout d’un an et demi, j’ai trouvé un autre taf dans un resto où je ne bossais que le midi (12-15h) et seulement la semaine, pour 800 euros par mois.Ok, je gagnais moins, mais ça faisait un taux-horaire nettement supérieur et puis, avec quelques extras, je pouvais facilement avec arriver à mon ancienne paye. Mais surtout, j’avais du temps pour faire ce que je voulais. J’ai enfin pu faire des soirées et des journées plage avec des amis, de la peinture, des promenades… Bref, c’était nettement plus épanouissant, d’autant que j’avais des patrons fabuleux qui me respectaient (contrairement à l’ancien).
    Eh ben, je vous raconte pas ce que je me suis pris dans la tête. Pour beaucoup, c’était honteux que je n’affiche pas un amour inconsidéré pour mon boulot, que je n’ai pas envie de passer tout mon temps à faire un taf de merde sans prendre de vacances, d’amasser un paquet de pognons sans jamais avoir le temps de le dépenser… Ça m’a foutue hors de moi. J’avais écrit un article à cette époque, si je le retrouve je le poste ici.

  • Je te comprends. Finalement il y a énormément de personnes qui ne comprennent pas que, même si nous sommes très reconnaissants d’avoir trouvé un boulot et tout ce qu’il nous apporte, on puisse ne pas être épanouis dans celui-ci. “Tu devrais être contente, au moins, t’as un boulot”. C’est ce genre de culpabilisation dont je parle, comme si ne pas avoir de boulot te faisait plus souffrir que de faire un boulot que tu n’aimes pas.

  • Moi aussi, j’ai eu énormément de chance, puisque j’ai trouvé le moyen d’accorder mon taf à ma philosophie de vie. En gros, je m’étais donné comme mission de faire connaître la parole du Seigneur mon Dieu. Résultat, tu sais où j’en suis…
    Même si c’est pas super payé ce que que fais, et que parfois, c’est un peu lourd, je me rappelle que mon métier correspond à ce que j’aspirais au plus haut point, et ça, ça vaut toutes les baisses de salaire du monde.

  • quand j’étais petite, je me souviens avoir pensé que je voulais “inventer” ma vie professionnelle parce que l’image des voies toutes tracées m’ennuyaient déjà…. pour le coup, je me suis pas loupée! depuis quelques années, j’ai enchainé divers trucs, ça m’a permis de faire plein d’expériences, de voir différents horizons. évidemment pendant ce temps mes études n’avançaient pas. mais je me suis bien amusée au moins. et j’ai fini par trouver ce que je voulais faire.
    je crois qu’il faut arriver à déterminer ce qu’on attend vraiment de son travail, et se donner les moyens d’y arriver. ça peut impliquer des choses importantes, comme refaire sa vie au loin. j’ai remarqué que souvent les gens qui s’ennuient des années dans leur job, c’est aussi parce qu’il n’arrivent pas à envisager de faire les changements qui leur permettraient de changer de travail.
    en ce moment ce que je veux, c’est que mon travail m’apporte de l’expérience et me permette d’avoir du temps à côté, pour voyager, lire, écrire. résultat, je travaille moins d’une semaine par mois (et ce n’est pas une exagération) et je peux faire tout ça. et payer mes factures. mais voilà, sur le coup, j’ai aussi dû changer quelques plans pour avoir cette vie que je voulais, et ce travail.
    je ne suis pas sûre que l’épanouissement dans le travail ne soit réservé qu’à certaines personnes, mais ce dont je suis sûre, c’est que pour ça, il faut se laisser guider par ses véritables envies, en se détachant des attentes des autres …

  • Justement @Storia, j’aimerais bien trouver quelque chose qui me plaise vraiment. Pour l’instant j’ai trouvé quelque chose qui paye vraiment. Je ne sais pas si je vais tenir comme ça longtemps, mais je suis sûre qu’il y a une solution pour chacun, il suffit juste de la trouver.
    Je sais que tu as galéré longtemps pour avoir ce poste, aussi. Moi je galère juste autrement :)

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