musique

Song’s Story’a #4 : Personal Jesus

Vous connaissez mon goût assez prononcé pour tout ce qui est musique kitschissime des années 1980. Je suis née durant cette décennie, et j’ai l’impression que certains groupes, nés quasiment en même temps que moi, me poursuivront toute ma vie. C’est le cas d’Indochine et surtout de Depeche Mode. Les deux groupes ont commencé leur carrière effective en 1981 et poursuivent toujours leurs pérégrinations.

Aujourd’hui, je vais donc m’attaquer à un classique de la new-wave, bien que ce morceau date de 1989 et que ce genre était considéré depuis quelques années déjà comme complètement has-been. C’est bien là le tour de force de la bande à Dave Gahan : avoir persisté dans cette voie sans pour autant tomber dans l’oubli comme tous les autres. Parce que le dégueulis de claviers avec boîte à rythmes, ça a quand même bien évolué et mal vieilli depuis les années 1980…

http://www.youtube.com/watch?v=cNd4eocq2K0&ob=av2e

Your own personal Jesus
Someone to hear your prayers
Someone who cares
Your own personal Jesus
Someone to hear your prayers
Someone who’s there

Feeling unknown
And you’re all alone
Flesh and bone
By the telephone
Lift up the receiver
I’ll make you a believer

Take second best
Put me to the test
Things on your chest
You need to confess
I will deliver
You know I’m a forgiver

Reach out and touch faith
Reach out and touch faith

Your own personal Jesus…

Feeling unknown
And you’re all alone
Flesh and bone
By the telephone
Lift up the receiver
I’ll make you a believer
I will deliver
You know I’m a forgiver

Reach out and touch faith

Premier extrait de l’album Violator (1990), Personal Jesus précède de 7 mois la sortie de l’album. C’est le premier morceau de Depeche Mode qui met davantage en avant la guitare de Martin Gore, le compositeur du groupe, que les claviers d’Andrew Fletcher. D’ailleurs, c’est ce riff de guitare, très blues, mélangé aux rythmiques guerrières et au refrain scandé Reach out and touch faith, qui fera le succès du morceau.

Ce morceau, très rock, est complètement à rebours de ce que faisait Depeche Mode jusqu’à présent. Etant donné que l’album n’était pas prévu avant le premier trimestre 1990, la publicité pour le single s’est faite en Angleterre avec des encarts dans les journaux : Your own personal jesus et un numéro de téléphone où on pouvait entendre la chanson.

En ce qui concerne les paroles de la chanson, Martin Gore dit en avoir eu l’idée après avoir lu la biographie de Priscilla Prestley, nommée Elvis et moi, où elle racontait qu’elle appelait Elvis son Jésus personnel. Il faut savoir que la spiritualité, comme la mort ou les sexualités alternatives, est une des inspirations principales de la new-wave. La personnalité de Jésus-Christ, et le christianisme en général, est parodié ou mis en exergue comme ici pour mieux interroger son utilité.

Même si la chanson n’a pas atteint les premières places des charts, elle reste l’une des plus emblématiques de Depeche Mode. En effet, composée après le tournant du groupe qu’est Music for Masses (1987), où les mélodies sont moins naïves et moins pop, elle amorce un tournant dans le groupe. Selon le marronnier bien connu du show-business, on peut dire que Violator est l’album de la maturité. C’est aussi celui qui leur permettra de faire la carrière internationale qu’on leur connaît actuellement.

Outre de multiples remixes et remasterisations, depuis le début des années 2000, certains artistes se sont amusés à en faire une reprise. Certains ont pris le parti de jouer à fond le côté dark, d’autres ont plutôt joué le jeu du blues.

La plus évidente : Marylin Manson (2004)

Marylin Manson ne pouvait reprendre ce morceau qu’avec maestria. Et le chantre du dark s’en tire avec les honneurs. La trame musicale est exactement la même – comment faire autre chose que de l’electro-rock, quand on s’appelle Marylin Manson ? –, la voix est juste un petit peu plus saturée que l’originale. Enfin, la thématique autour du christianisme parodié colle tout à fait à l’univers de celui qui est censé être une des figures de proue du satanisme des années 2000.

La plus étonnante : Johnny Cash (2002)

C’est en entendant cette reprise que l’on voit toute la dimension blues du riff original de Martin Gore. Johnny Cash est mal en point, mais cela n’empêche pas d’apprécier toute sa verve de vieux cow-boy qui ajoute un supplément d’âme au morceau. Il est inclus dans un sublime album de reprises, American IV: The Man Comes Around. Le producteur a même fait participer Martin Gore à cette reprise, en le faisant travailler avec John Frusciante, qui collabore sur l’enregistrement, pour donner une trame acoustique à la bande-son.

La plus récente : Shaka Ponk (2011)

Et oui, les petits Frenchies en forme de ce début de décennie se sont aussi prêté à l’exercice. Le résultat est un peu moins rock et plus ancré dans la new-wave, avec des claviers proéminents et des voix retravaillées. Le résultat ressemble beaucoup à du Goldfrapp avec une voix tout aussi aérienne, bien que beaucoup plus grave que l’originale.

Quoi qu’il en soit, bien que le nombre de reprises se multiplient, ce n’est pas pour autant que Depeche Mode oublie de se réapproprier le morceau. Un nouveau remix est sorti l’an dernier, et à mon avis, ce n’est pas le dernier. Preuve, s’il en est, qu’une chanson ne reste pas figée dans une seule interprétation.

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