Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

18. mai 2013

Mot de passe oublié

Juh

(Critique positive du spectacle « Se Trouver » de Luigi Pirandello, mise en scène de Stanislas Nordey ; faite dans le cadre d’un cours)

« Se Trouver », est une pièce de Luigi Pirandello ( 1867 – 1936 ; prix Nobel de littĂ©rature en 1934 ), peu connue en France. MontĂ©e une seule fois auparavant ( par Claude RĂ©gy en 1966 ), elle demeure nĂ©anmoins une Ĺ“uvre fondamentale dans le paysage théâtral, abordant des thèmes forts et centraux de ce dernier. Notamment, la question de la condition du comĂ©dien ( de la comĂ©dienne en l’occurrence ), de son rapport avec son mĂ©tier et des interrogations, inĂ©luctables, entre vie rĂ©elle, vie jouĂ©e, mensonge, vĂ©ritĂ©… Autant de notions complexes qui sont pourtant essentielles dans la vie de tout artiste.

setrouveer.jpgLuigi Pirandello avait touchĂ© du doigt ici quelque chose qui le concernait intimement, puisque lui mĂŞme s’est vouĂ© presque entièrement Ă  sa passion de l’Ă©criture pour Ă©chapper, en quelque sorte, Ă  sa vie, et surtout Ă  son mariage (qui fĂ»t d’une part arrangĂ©, et d’une autre fortement Ă©tiolĂ© par la folie croissante de sa femme, mais Ă  laquelle il resta dĂ©vouĂ©).

L’histoire, plutĂ´t sommaire, se met agrĂ©ablement au service du thème du double : une femme, Donata Genzi, grande comĂ©dienne dont le succès ne cesse de croĂ®tre, se rend compte qu’elle n’a pas, ou peu, de vie en dehors de son mĂ©tier, qu’elle ne sait pas faire autre chose que jouer. Elle rencontre un bel homme, du nom d’Ely Nielsen, marin qui ne peut souffrir le théâtre, son premier amour. Elle tente donc de dĂ©celer en elle la femme sans l’actrice, et peine Ă  se trouver. Ely, qui ne l’aide pas dans ses questionnements, lui demande alors de faire le choix entre l’amour et l’art.

Mise en abyme

Parler du théâtre au théâtre n’est ni chose aisĂ©e, ni anodin. Ici la mise en abyme est de mise. Souhaitant jouer sur les doubles sens, les procĂ©dĂ©s sont multiples ; des lumières au texte, en passant par les dĂ©cors, tout y est pour renforcer cette douce confusion.

En entrée : les décors. Trois actes, trois décors, foncièrement différents. Impressionnants de grandeur, ils évoluent tout au long de la pièce, tantôt grâce aux techniciens, tantôt grâce aux comédiens eux-mêmes. De plus en plus intimistes, ils se rapprochent du public en même temps que Donata Genzi (Emmanuelle Béart) se rapproche de son dénouement intérieur. Tout est orchestré et joué magnifiquement, respectant une sorte de « partition vocale ».

On ressent ici la pâte du metteur en scène, Stanislas Nordey, qui aime, Ă  notre grand bonheur, jouer sur des dictions très travaillĂ©es, des dĂ©placements gĂ©omĂ©triques, rĂ©glĂ©s comme du papier Ă  musique. Tout cela ramène Ă  la question du théâtre dans le théâtre : oĂą sont les vĂ©ritables tics des comĂ©diens, et oĂą sont les indications du metteur en scène ? Qu’est-ce qui est authentique et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Les lumières, en plat de rĂ©sistance, aseptisĂ©es au dĂ©but, et de plus en plus tamisĂ©es, font transparaĂ®tre le cheminement intĂ©rieur de cette actrice perdue en elle-mĂŞme. Il y a Ă©galement un important jeu d’ombres, qui, comme les silences ont une influence qu’on nĂ©glige souvent. Durant la pièce, pas un personnage qui ne possède son sombre double, virevoltant tout contre les parois du dĂ©cor, et on voit alors la portĂ©e symbolique et lyrique d’une telle image : la personnalitĂ© multiple.

L’arrivĂ©e des miroirs, au dessert, est la cerise sur le plateau. Ils permettent un beau jeu de scène entre Emmanuelle BĂ©art et son reflet, qui illustre ainsi parfaitement le thème principal de la pièce, celui du double, de la personnalitĂ©, du reflet de soi-mĂŞme, de notre propre vision… Mais qui place le spectateur Ă©galement dans la mĂŞme veine, puisqu’il va chercher Ă  trouver son reflet, en mĂŞme temps que Donata se trouve perdue dans sa recherche.

Mise Ă  nue

La scène d’exposition porte ici très bien son nom, puisque, appuyĂ©e par la lumière au nĂ©on qui donne l’impression de se trouver dans une salle chirurgicale, on voit les individus dissĂ©quant une comĂ©dienne absente. ExposĂ©e Ă  toutes les critiques, elle ne peut se dĂ©fendre puisqu’elle ne sait elle-mĂŞme pas qui elle est.

Les cinq dernières minutes du spectacle, qui font office de digestif, sont les plus Ă©poustouflantes, puisqu’on a l’impression de voir une Emmanuelle BĂ©art qui s’exprime sincèrement et vĂ©ritablement, et non plus une comĂ©dienne donnant vie Ă  un texte. La dimension de la mise en abyme se revĂŞt ici plus intimement, puisque l’actrice se donne tout entière Ă  son public et Ă  ses propos. Elle s’Ă©tait presque dĂ©vĂŞtue, Ă  proprement parler, durant le second acte, illustrant l’idylle amoureuse qu’elle vit, et pousse ensuite le procĂ©dĂ© Ă  son extrĂŞme en jouant son propre rĂ´le.

La question du quatrième mur est Ă©galement fondamentale dans la mise en procĂ©dĂ© de la pièce. Tout en nous faisant nous questionner sur cette pensĂ©e, elle nous dĂ©robe notre condition de spectateur. Il n’y en a pas, tout en en crĂ©ant un. Le caractère intime des situations le fait vivre, mais les regards public lancinants le dĂ©truisent.

« Se retrouve-t-on en soi mĂŞme ou dans le regard de chacun ? », question obsĂ©dante qui va habiter chaque spectateur, et lui laisser un arrière-goĂ»t ”Pirandellien” rempli d’interrogations. La pièce se terminant sur « l’idĂ©e qu’on ne peut se trouver que seul », apporte sa touche finale Ă  cette pièce liant intime et tourbillonnement de questions, et livre, enfin, une rĂ©ponse Ă  cette pièce Ă  suspense dont on ne voit pas le bout.

« Le bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d’œuvre. »

Article Ă  voir dans son habitat naturel sur mon blog :)

 

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Comme vous aurez pu le remarquer, j’ai un peu ( beaucoup ) de mal Ă  faire une mise en page digne de ce nom, quelqu’un pourrait-il me conseiller ?

Merci d’avance


 

Hello Juh, le plus simple serait d’Ă©viter les Copier-Coller/CtrlC-CtrlV/PommeC-PommeV dans la mesure du possible. Comme cette mesure est souvent chiante, appelons un chat un chat, il faudrait que tu ailles fureter dans le code HTML.


Quand tu Ă©dites un de tes articles, en cliquant sur la petite icĂ´ne HTML (dans la barre d’outils tout Ă  droite), tu accèdes Ă  une vue qui s’appelle “HTML Source Editor”. LĂ , il te suffit de retirer toutes les balises (le langage HTML pur jus en somme) pour avoir juste ton texte. Ensuite, repasser Ă  la vue normale pour mettre ton texte en page.


Et si tout ça est trop compliqué, en dernier recours, nous sommes là pour nous en occuper ;)


A ta disposition au besoin :)


 

Éviter le copier/coller va ĂŞtre effectivement compliquĂ©, puisque j’Ă©cris d’abord mes textes sur mon ordi, mais je vais faire comme vous me dites, enlever tout les codes HTML. Si jamais je n’y arrive toujours pas, je reviendrais vers vous. Merci beaucoup ! :)


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