bouquin

Voyage au bout de la nuit

Voilà un livre dérangeant, tant on a peur, en lisant toutes les horreurs que dénonce ce roman, de découvrir sa vraie nature humaine… Il faut ajouter à cela le spectre de l’antisémitisme de Céline qui n’est jamais loin…

Voyage au bout de la nuit« Voyage au bout de la nuit » peut-être considéré comme une biographie romancée. Ferdinand Bardamu, héros du roman et double de l’auteur, raconte sa vie, ses vagabondages : l’engagement dans l’armée en 1914 (révélateur de la bêtise humaine).

Il découvre ensuite l’Afrique coloniale (révélateur de la veulerie humaine) ; s’ensuit le séjour en Amérique  (révélateur de la misère humaine au milieu de l’abondance. Nous avons sous nos yeux la vérité du XXè siècle, irréfutable, débile, monstrueux, rarement dansant et vivable.

Céline dénonce également la déshumanisation : le travail à la chaîne dans les usines, le capitalisme. À Paris, il évoque le monde des boutiquiers, la misère des employés minables qu’il soigne dans son cabinet médical.

L’ écriture est particulière, à fleur de peau. Mais tant de manque d’humanisme m’a gênée, pour ne pas dire glacé le sang. Pas d’amour ici (les hommes se sautent dessus comme tels des animaux). La lecture est rendue difficile par le style parlé, celui du “type normal, sans plus” qui – je trouve- est ici particulièrement ancré dans une époque : celle révolue de la gouaille du titi parisien des années 50.

A lire comme une expérience littéraire…

“- Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat. – Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans. Je ne la déplore pas moi. Je ne me résigne pas moi. Je ne pleurniche pas dessus moi. Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle.

Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.”

Voyage au bout de la Nuit de Louis-Ferdinand Céline – Ed. Folio – 11,50 euros.

Prochaine lecture : « Belle du seigneur » d’Albert Cohen.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>