Histoires

Non, maman, t’approche pas !

Ma fin de grossesse est difficile, comme pour ma fille aînée. Col ouvert depuis 6 mois et demi de grossesse, allergie massive la semaine dernière. Je me traine, j’ai mal partout, c’est long et j’en ai marre.

Non, maman, t’approche pas !Ma fille en profite donc pour faire sa crise d’adolescence des trois ans, bien sûr. Bref, ça n’est pas très facile, et étant donné la difficulté de ma première grossesse, je savais que ça allait se passer comme ça. Donc je fais avec et je patiente, tant bien que mal.

Mais ma mère… Ma mère n’a jamais été maternelle. Il n’y a jamais eu chez elle d’élan d’amour à mon égard, petite fille non désirée, 3ème fille là où on espérait tant un garçon, fille toujours plus décevante à ses yeux.

Je ne sais pas si elle m’a aimée ou pas, mais une chose est sure, ça n’est pas son amour qui m’a construite. Lors de mon enfance, c’était une éternelle absente, en proie à ses propres démons puisqu’elle était dépressive.

Lors de mon adolescence, je suis devenue sa rivale, il était donc impensable de m’aider dans une féminité difficile à acquérir pour moi. Lors de ma jeunesse, ce sont mes études qui ont déçu, puisque j’ai fait le choix saugrenu de n’être qu’infirmière.

Lors de mon mariage, lorsque mon fou de père s’est battu avec le DJ, elle n’a eu de cesse de dire que mon père n’était responsable de rien, n’avait rien fait de mal. Peu importe que mon mariage ait été gâché par une colère de mon père, comme à peu près tout dans ma vie. Lors de ma première grossesse, elle n’était pas là, n’osant pas défier mon père pour me voir.

Alors aujourd’hui, quand elle m’appelle 5 fois par jour pour prendre de mes nouvelles (et se plaindre de sa soeur, qui est si méchante), elle ne trouve aucune oreille attentive. Alors aujourd’hui, quand elle veut encore et toujours que je lui confie ma fille aînée, je sais que je n’en suis pas capable. Je n’ai confiance ni en elle, ni en mon père, et rien ne m’enlèvera cela de la tête.

Elle n’a pas été là pour moi, jamais, aux moments douloureux. Peu importe qu’elle soit là aujourd’hui. Je me suis construite sans elle, comme j’ai pu, et cela m’a couté assez cher en psychothérapie pour que désormais je la tienne à distance.

(cc) pfv.

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