Aujourd’hui j’ai regardé Eat, Pray, Love. aka Mange, Prie, Aime. Un ami m’avait parlé du livre il y a quelques mois en me disant qu’il lui avait donné envie de voyager. L’ami en question étant le garçon le plus casanier que je connaisse, j’étais super curieuse de me confronter à l’œuvre.
Le speech était plutôt alléchant : une fille qui plaque toute sa vie pour partir pendant un an autour du monde. Je ne suis jamais tombée sur le bouquin dans mes errances bibliothéquales, mais en ce jour pluvieux de la Saint Valentin j’ai mis la main sur le DVD. Super contente de ma trouvaille j’ai ramené le truc chez moi, sauté dans mon canapé un pot de glace aux cookies dans les bras et visionné la chose.
(Bon à savoir : la star du film c’est Julia Roberts, je préviens au cas où certains d’entre vous fassent de la JuliaRobertophobie, personnellement je fais de la NicolasCageophobie alors je comprends.)
Premières minutes du film : Julia est allongée dans son lit aux côtés de son mari, elle a les yeux grands ouverts, l’atmosphère est lourde et tendue. Le mec fait semblant de dormir et elle aussi. Rien ne se passe et puis soudainement elle lui assène un “Je ne peux plus continuer comme ça” dans les gencives.
Après quoi elle se barre dans la salle de bain et s’adonne à un délire mystique, pleurant et appelant Dieu à la rescousse. Moment étrange où elle entend une voix intérieure à l’accent autoritaire qui lui dit d’aller se coucher. Mais le lendemain, cela ne va pas mieux.
Car le gros problème de la dame, c’est qu’après avoir passé des années à construire un truc avec son mec (maison, projet d’enfant etc) elle se rend compte qu’elle s’ennuie. La maison et la famille, projet qu’ ils se sont tout les deux défoncés à réaliser ne suffit pas à la rendre heureuse. Alors elle divorce : pof, comme ça (au bout d’ un quart d’heure de film.)
10 minutes plus tard : Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle rebondit vite. Elle a rencontré un autre homme, un genre d’hippie adepte de chakras et de massages aux huiles essentielles, qui joue dans la pièce qu’elle a écrite. 15 minutes après : Elle le largue, elle a besoin de temps pour elle. Pas chiante la meuf. Je commence à me désintéresser du truc, et j’ai presque fini mon pot de glace.
5 minutes plus tard : Elle décide de voyager parce qu’“elle ne sait plus qui elle est.” (et qu’accessoirement elle a reçu une énorme avance de son éditeur pour effectuer ce voyage et écrire.) Okay, petite précision Julia a genre 40 ans dans le film. Elle sait déjà qui elle est. Elle ne sait pas quoi faire de sa vie. Grosse différence.
Temps indéterminé : Elle est à Rome. Elle mange. Et c’est tout. 10 minutes plus tard: Je suis au-delà du delà de l’ennui. Tout son séjour en Italie se résume à de la pizza, des pâtes, un achat de nouveaux pantalons à taille élastique, des sessions yoga parce qu’elle se trouve grosse, la préparation d’un repas de Thanksgiving et des discussions interminables sur le plaisir de faire un pique-nique au soleil. Fascinant.
Ai perdu notion du temps : Elle est en Inde ! Ma jauge à intérêt remonte vitesse grand V. Elle a décidé d’être spirituelle, tout ça parce qu’elle a commencé le yoga et qu’il faut bien qu’elle aie toute la panoplie maintenant. Elle est dans un ashram où elle a fait vœu de silence (pas plus mal). Elle se fait un ennemi en la personne d’un Texan d’une cinquantaine d’années, elle brise son vœu de silence, elle est énervée, personne ne s’occupe d’elle, elle boude.
Puis soudainement en assistant à un mariage hindou, elle trouve la foi. Beurk. Le plus gros raccourci vers la spiritualité jamais filmé. Comme si en te collant un bijou au milieu du front et un sari et en embrassant un éléphant en pleurant t’avais une révélation et que quelque chose “d’ancien et de profondément enfoui” en toi allait se décider à rejaillir.
Plus tard : Finalement, elle est pote avec son ancien ennemi. Trop prévisible. il lui sort un conseil guimauve du genre “il faut que tu crois de nouveau en l’amour.” Intérêt retombé. Je me fais un casse croûte.
Quand je reviens : Elle est en Indonésie, autre voyage que je veux faire. Sauf que vu comment elle a ruiné l’Inde je me méfie. Ai bien raison. Elle loue une baraque énormissime et magnifique et fait du vélo. Elle boit et finit ivre à une soirée sur la plage et est à deux doigts de coucher avec un Don Juan surfeur. Le lendemain, elle a un accident de vélo et rencontre Javier Bardem. En deux trois promenades au marché, il est amoureux. Elle est forte Julia.
Plus loin : Elle rencontre un vieillard chaman tout rigolo qui lui prédit son avenir. Il adore la phrase “See you later alligator”. Seul moment un peu fun des deux heures du film. La Fin (enfin) : Elle embrasse Javier. La conclusion de son bouquin sera “je suis spéciale et mérite le bonheur, je dois me pardonner mes fautes car je suis quelqu’un de super génial.”
Conclusion : Eat, Pray, Love est un film sur une femme dont le mariage bat de l’aile qui décide de fuir pendant un an New York, pour se concentrer sur elle. Elle visite l’Italie où elle mange. Elle va en Inde, où elle médite. Et puis elle s’envole pour Bali où elle rencontre un homme. Mange, Prie, Aime, voilà , la boucle est bouclée.
Le moins que l’on puisse dire c’est que il n’y a pas de tromperie sur marchandise, le titre résume parfaitement bien le film. Le truc est présenté en forme de guide spirituel, super prétentieux et énervant. J’ai absolument DÉTESTÉ !
Je suis sûre que si c’était l’histoire d’un homme, on en aurait pas fait tout un foin. Vous imaginez le truc ? Un homme qui lâche sa femme qui l’aime, sort avec une jeune actrice sexy puis la largue elle aussi pour manger, boire et coucher avec d’autres sexy étrangers tout autour du globe sous le prétexte fallacieux d’un voyage intérieur ? Et qui finit par se dire au bout d’un an entier de voyage “mes erreurs n’en étaient pas, je suis génial”? Le gars en question serait immédiatement catalogué dans la catégorie gros porc et jeté aux oubliettes.
Est-ce-que c’est vraiment un chemin spirituel sous prétexte que le porc est en fait une truie ? Quelque chose qui vous inspire ? Un moteur d’émulation ? Vous en pensez quoi ?
http://girltravelling.wordpress.com
posté le 26/02/2012 | 598 vues | 6 commentaires | tags: eat pray love julia roberts ennui critique cinoche
Je n’ai ni lu le livre, ni vu le film mais il est possible comme souvent que l’adaptation ne soit pas Ă la hauteur du livre !
Dans la mesure du possible j’essaie de lire les livres avant de voir les films !
Alors soyons clairs: le film est un navet hollywoodien a regarder un jour de dĂ©prime, ok. Mais le livre est vraiment très bien. Il parle de la foi dans sa gĂ©nĂ©ralitĂ©, et pas seulement dans le sens religieux du terme mais dans le sens spirituel. Il faut lire le livre, pas regarder le film. Vraiment. Et le livre n’a pas mĂ©ritĂ© cette surmĂ©diatisation qui a dĂ» empĂŞcher un certain nombre de personnes Ă le lire parce que le film est immonde.
Comme je l’ai dit au tout dĂ©but de l’article, cette critique concerne le film. La spiritualitĂ© ne m’a jamais rebutĂ© Mimi, et j’ai compris le message cachĂ© sous ces heures d’ennui cinĂ©matographique, c’Ă©tait lĂ©gèrement Ă©vident. Simplement Ă aucun moment je ne me suis sentie connectĂ©e avec le personnage. Quand ses doutes, ses petits bonheurs et gros malheurs auraient dĂ» me toucher je n’ai ressenti qu’agacement. J’ai trouvĂ© le film extrĂŞmement maladroit (il n’y a qu’Ă compter les clichĂ©s qui le parsèment), lent et très mal racontĂ©. Ceci n’est que mon avis.
@ Tevouille : cela confirme ce que je pensais ! je vais me contenter du livre ! y en a vraiment marre de ces adaptations cinématographiques ratées !
Comme je fais partie de celles qui dĂ©testent Julia Roberts, je vais me contenter de lire le livre. Je l’ai dans ma bibliothèque d’ailleurs, en version originale qui plus est - je sens bien que c’est le genre de bouquins qu’on lit en Ă©tĂ©, Ă buller tranquillement dans un parc. :) Merci pour ton article !
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beaucoup de gens passent Ă cĂ´tĂ© du message essentiel de ce film (qui est une histoire vraie) en ne se concentrant que sur l’aspect purement cinĂ©matographique, le film est un peu trop long, c’est vrai…
sous une apparence lĂ©gère, le message est beaucoup plus complexe. cette femme a fait ce que beaucoup de personnes n’arrivent pas Ă faire. se rendre compte que nos choix de vies ne nous correspondent plus et oser affronter le changement. et elle, pour changer, elle a dĂ©cidĂ© de vivre une transition en partant. on suit l’Ă©volution de son personnage, on est pas censĂ© adhĂ©rer Ă tout ce qu’elle fait, mais Ă rĂ©flĂ©chir en mĂŞme temps qu’elle Ă la manière dont elle avance, dont elle apprĂ©hende les choses, pour finalement la suivre dans son Ă©volution. il y a une grande part de spiritualitĂ© dans ce film, en gĂ©nĂ©ral, c’est ce qui rebute les gens…
la fin est magnifique, quand le vieil homme lui dit d’aller retrouver javier, en lui disant qu’elle ne doit pas avoir peur d’un dĂ©sĂ©quilibre dans sa vie, car c’est justement ce dĂ©sĂ©quilibre qui crĂ©e l’Ă©quilibre des choses… encore faut-il comprendre tout ça…
Ă mon avis, tu es passĂ©e Ă cĂ´tĂ©…