Cette semaine, BritBrit a voulu nous faire part d’un projet qui lui tient Ă cĹ“ur, une association qui vient en aide aux enfants d’HaĂŻti. La rĂ©daction de Ladies Room a dĂ©sirĂ© laisser la parole Ă notre chef de rubrique ego trip pour nous parler de ces gens dont plus personne ne parle mais qui ont encore dĂ©sespĂ©rĂ©ment besoin d’aide, sur un sujet qui reste, pour nous, d’actualitĂ©.
Sur Ladies Room, on aime prendre la vie du bon côté. La langue bien pendue, on critique sans condescendance mais toujours avec justesse, on se moque des autres comme de nous-mêmes, on affiche avec humour nos déboires et success stories, et je crois ne pas être la dernière quand il s’agit de décrire avec acidité les situations du quotidien ou les travers de mes congénères.
Mais ce qui fait la force des filles de la Room, c’est aussi notre capacité à nous montrer responsables, sérieuses et graves quand il le faut. Parce que plus que des filles à la page, nous sommes aussi des citoyennes du monde qui savent quand il est temps d’agir et pallier à l’urgence. Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui c’est de la cause haïtienne dont nous allons parler parce qu’il est aussi de notre devoir de vous informer de ce qu’il se passe là -bas.
Cela fait 2 ans que la terre d’Haïti a tremblé. 2 ans déjà  ! C’était en janvier 2010. Mais 2 ans, c’était il y a longtemps et depuis tout le monde se désintéresse aujourd’hui du sort de la terre vaudou. Sauf que la perle des Caraïbes est loin de briller autant que ce que l’on avait pu espérer. Elle est toujours ce pays le plus pauvre de l’hémisphère nord, toujours aussi décharnée, toujours aussi affamée, toujours maudite.
Pourtant, l’espoir était de mise. Au lendemain du séisme, c’est le monde entier qui s’est précipité au chevet de la belle Haïti, lui soutenant la tête à coup de visites diplomatiques et la réconfortant avec des promesses d’un avenir meilleur. Aux promesses, c’est effectivement ce à quoi les haïtiens ne croient plus.
Les élections présidentielles qui devaient être sécurisées par l’ONU pour ce pays très instable politiquement se sont déroulées dans la terreur, l’argent récolté semble ne jamais avoir trouvé la route vers Haïti et ce sont toujours des toiles de tente et des amas de tôles de fortune qui se dressent au milieu des gravats. Sans compter les éléments qui continuent à se déchainer apportant avec eux leur lot de souffrances.
Les rĂ©pliques du tremblement de terre qui se sont enchaĂ®nĂ©es pendant plus de 10 mois après, les tornades, le cholĂ©ra meurtrier, la famine… Rien n’est Ă©pargnĂ© Ă ce peuple fier mais malgrĂ© tout Ă terre. Évidemment les premiers Ă souffrir sont les plus pauvres, femmes et enfants en première ligne.
Il est impossible de rester insensibles et inactives face à cette misère. On se demande souvent que faire, comment apporter son aide, par qui passer pour être certaines que les dons bénéficient réellement aux personnes qui en ont besoin ? Voilà pourquoi, et une fois n’est pas coutume, nous vous proposons aujourd’hui de soutenir le projet d’une association – l’AFEJ - dont le but est d’apporter son aide directement sur le terrain aux enfants d’Haïti et à leur famille.
Son ambition pour ce début d’année est, entre autres, de financer pendant un an minimum les repas des 470 élèves d’une école haïtienne qui accueille des enfants issus d’une communauté rurale très pauvre car le besoin pour cet établissement est réellement de l’ordre de l’urgence. En effet, il est important de savoir que l’école, en plus de dispenser un enseignement, est aussi le moyen pour tous ses élèves de manger.
Quotidiennement, elle leur sert une bouillie le matin et, le midi, un plat à base de riz ou de pâtes accompagné le plus souvent possible de sauce aux haricots rouges pour l’apport protéinique. Ces deux plats constituent leurs seuls véritables repas de la journée. Malheureusement, les réserves alimentaires actuelles ne permettront pas de nourrir encore bien longtemps ces enfants.
Je ne cherche pas par cette description à vous faire pleurer comme des Margot dans des chaumières, mais juste vous donner l’envie de participer à un projet concret qui permettra à des enfants de grandir, de s’épanouir et surtout de construire un avenir. Pour eux. Pour Haïti.
Prêtes pour donner un coup de main ? Rendez-vous sur le site de l’AFEJ, rubrique « Comment soutenir l’AFEJ » ou téléchargez ici le bulletin de soutien. Vous le savez, il n’y a pas de petits gestes, tous vos dons seront les bienvenus !
Go Ladies, Go ! C’est le moment ou jamais d’agir. Et pour toutes vos questions, c’est par là  ou là  !
(cc) oblivion head
posté le 16/02/2012 | 1541 vues | 7 commentaires | tags: entraide AFEJ donation Haïti soutien solidarité actu Edito | une personne a aimé
Merci, BritBrit, de ta sollicitude Ă propos de notre Perle des Antilles (et non des CaraĂŻbes), mais pitiĂ©, je t’en supplie, change donc cette phrase dans ton texte :
“Elle est toujours ce pays le plus pauvre de l’hĂ©misphère nord, toujours aussi dĂ©charnĂ©e, toujours aussi affamĂ©e, toujours maudite.”
Cela fait deux ans que le sĂ©isme a ravagĂ© le pays mais cela fait aussi deux ans que l’on se bat contre ce type de propos. Pour mieux t’expliquer l’importance de ma remarque, je te recommande de lire les quelques articles ci-dessous car c’est une question qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© beaucoup dĂ©battue.
Il y a aussi ces quelques mots explicites, de Dany Laferrière dans une interview pour lemonde.fr en 2010.
« Il faut cesser d’employer ce terme de malédiction. C’est un mot insultant qui sous-entend qu’Haïti a fait quelque chose de mal et qu’il le paye.
C’est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises, il n’y a pas eu de tremblement de terre d’une telle magnitude depuis deux cents ans. Si c’était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias… Ils feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j’ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s’entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l’Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d’employer le terme de malédiction, Haïti n’a rien fait, ne paye rien, c’est une catastrophe qui pourrait arriver n’importe où. »
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=6974
http://blackbazar.blogspot.com/2010/01/haiti-nest-pas-une-terre-maudite.html
http://www.atd-quartmonde.org/Haiti-le-temoignage-bouleversant.html
http://afriscoop.net/journal/spip.php?article1016
http://www.slate.fr/story/15723/haiti-%C2%ABpays-maudit%C2%BB-nen-rajoutez-pas
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9154
http://www.africalib.eu/pages/content/tous-les-articles/haiti-maudite-suite.html
J’espère que tu comprendras…
Merci de ton commentaire? Je comprends…
… Mais je maintiens le terme de “MalĂ©diction” car il n’est pas employĂ© dans le sens de “malheur semblant venir d’une puissance supĂ©rieure”. Je m’explique.
S’il y a des raisons gĂ©ographiques explicant les diffĂ©rents cataclysmes naturels que subit HaĂŻti - je n’ai jamais Ă©crit le contraire -, pour en avoir parlĂ© avec des haĂŻtiens sur le terrain, le sentiment de malĂ©diction est assez partagĂ© (cf. cet article paru dans le Nouvelliste, journal haĂŻtien Ă peu près Ă©quivalent au Monde http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=88354
ou encore celui-lĂ : http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=87533 oĂą on peut lire “Ce devait ĂŞtre l’occasion de repartir Ă zĂ©ro. Une chance” pour conjurer la malĂ©diction haĂŻtienne, disaient mĂŞme des sinistrĂ©s.).
Tu sais aussi bien que moi, que la culture haĂŻtienne est très proche de tout ce qui est Ă©sotĂ©rique et religieux… Ceci expliquand peut-ĂŞtre cela.
Mais au-delĂ de cet aspect, et si l’on s’en remet Ă la dĂ©finition de “MalĂ©diction” telle qu’elle est donnĂ© par le Larousse, la malĂ©diction n’est pas forcĂ©ment divine, elle peut aussi venir des hommes (ex : la malĂ©diction paternelle, la malĂ©diction colonialiste,…) et ĂŞtre tout simplement synonyme de “Malheur”.
Et c’est dans ces sens prĂ©cisĂ©ment que j’ai souhaitĂ© employer ce terme car je ne pense pas que le malheur soit le rĂ©sultat d’une volontĂ© de dieu.
Par contre, et oĂą je te rejoins tout Ă fait, pour m’ĂŞtre rendue lĂ -bas, je te confirme que les haĂŻtiens sont un peuple fier, travailleur et plein d’Ă©nergie et courageux.C’est très anecdotique et très occidental comme vision, mais malgrĂ© la misère, les personnes sont propres sur elles, bien apprĂŞtĂ©es et se tiennent très droites, les regards ne sont jamais baissĂ©s.
Après ne nous voilons pas la face, tout comme dans toute sociĂ©tĂ©, l’entraide n’est de mise que sous certains points. A lire cet article de Slate Afrique oĂą une des causes Ă©voquĂ©es expliquant les freins au dĂ©veloppement en HaĂŻti sont les divisions de races et de classes : http://www.slateafrique.com/81069/pourquoi-haiti-ne-se-developpe-pas.
Mais finalement, tout cela est un autre dĂ©bat qui, pour le projet qui nous prĂ©occupe aujourd’hui, n’est pas en jeu et j’espère très sincèrement que tu seras des nĂ´tres !
PS : je m’excuse pour toutes les coquilles sur le commentaire ci-dessus. Je fais une cure de frappe au clavier ce WE assortie d’un boulottage de Bescherelle.
“Tu sais aussi bien que moi, que la culture haĂŻtienne est très proche de tout ce qui est Ă©sotĂ©rique et religieux… Ceci expliquand peut-ĂŞtre cela.”
Oui c’est tout Ă fait vrai mais c’est justement pourquoi il faut refuser d’entrer dans ce jeu : des vaudouisants se sont fait tuer Ă coup de pierres par la population qui les accusent d’ĂŞtre la cause de cette fameuse “malĂ©diction”. De nombreux haĂŻtiens sont enclins Ă se croire maudits, Ă croire qu’il Ă©tait fatal que certains enfants dĂ©cèdent et d’autres non, selon le niveau de bonne moralitĂ© accordĂ©e Ă leur maman, par exemple. Pour les personnes en deuil, ce terme de malĂ©diction ajoute au symptĂ´me traumatique et les PrĂŞtres de tout bord n’hĂ©sitent pas Ă brandir la carte de la culpabilitĂ© judĂ©o-chrĂ©tienne dans leurs sermons. C’est pourquoi les grandes instances religieuses d’HaĂŻti, toutes religions confondues, se sont rĂ©unies en 2010 et Ă©rigĂ©es ensemble contre ce terme de malĂ©diction. La religion se doit d’ĂŞtre un soutien pour les croyants, pas un poids supplĂ©mentaire sur leur Ă©paules.
En aucun cas on ne peut cautionner ce terme destructeur.
Le malheur haĂŻtien a des causes totalement rationnelle et les responsables sont des ĂŞtres humains, le terme de “malĂ©diction” masque par exemple, les erreurs de gouvernance des Duvalier père et fils qui ont engendrĂ© la misère actuelle et l’urbanisme dĂ©sastreux qui a menĂ© Ă cette hĂ©catombe du 12 janvier. Or en ces temps difficile, avec Martelly Ă la prĂ©sidence, Duvalièriste reconnu qui prĂ´ne le pardon et l’oubli face Ă ces horreurs, il est plus que jamais indispensable de laisser tomber ce terme de malĂ©diction qui est une injure au passĂ© haĂŻtien car il disculpe les vrais responsables.
Les juifs et le reste du monde accepteraient-ils le terme de “malĂ©diction” concernant la charia?
Je rappelle aussi que le Nouvelliste n’est pas exempte d’orientation politique…
Concernant les divisions haĂŻtiennes de classes sociales et de couleur de peau, ce que tu dis est très vrai, mais ce n’est pas non plus une malĂ©diction : ce système rĂ©sulte de l’ancienne colonisation et de l’esclavagisme.
Concernant la teneur du projet AFEJ, je ne peux me prononcer avant d’avoir reçu les renseignements que j’ai demandĂ© Ă leur sujet. Il est fort probable que leur travail soit sĂ©rieux. Ce qui m’inquiète, c’est la provenance du riz qu’ils distribuent Ă travers les cantines scolaires. Celui-ci est souvent fournit par le PAM (Programme Alimentaire Mondial de l’ONU) qui Ă©coule de cette façon les surplus de l’agriculture subventionnĂ©e amĂ©ricaine, ce qui dĂ©truit les filières de la production de riz national et donc les revenus des agriculteurs, les parents de ces mĂŞmes enfants envoyĂ©s Ă l’Ă©cole. En quelque sorte, ils donnent de la main gauche ce qu’ils reprennent de la main droite. La façon dont fonctionne le PAM en HaĂŻti est une aberration.
Je souhaiterais savoir aussi quel est le niveau d’implication du Ministère de l’Éducation haĂŻtien dans le programme AFEJ afin d’espĂ©rer pouvoir juger de la pĂ©rennitĂ© de celui-ci.
DĂ©solĂ©e d’ĂŞtre si pointilleuse, mais si certaines ong font du très bon travail, d’autres sont vĂ©ritablement toxiques, mĂŞme si je ne pense pas que ce soit le cas de l’AFEJ, a priori.
J’espère que tu ne prends pas tout cela comme une attaque personnelle, HaĂŻti est un pays d’une complexitĂ© extrĂŞme et plus tu y vis, plus tu y constates, annĂ©e après annĂ©e l’Ă©tendue de ce qu’il te reste Ă essayer de comprendre…
Bon week-end.
Écoute carol, je ne fais le jeu de personne. Je trouve tes remarques malvenues sur cet appel et du coup assez malhonnĂŞtes intellectuellement. Tu mĂ©langes beaucoup de sujets et me fait dire des choses que je n’ai jamis ecrites (ex: le rapport ente l’article de Slate et le mot malediction. OĂą as-tu Ă©tĂ© chercher ça ?)
Tout ce que je peux dire c’est que l.AFEJ travaille avec des partenaires locaux, que c’est une petite association qui fait un boulot formidable. Je ne sais pas auprès de qui tu as demandĂ© des “renseignements” mais n’ai aucune crainte par rapport Ă ce que tu en retireras. Sache que cette assos est le “partenaire” français de la Fondation Enfant JĂ©sus sise en HaĂŻti. Tu peux aller voir leur blog, le site de la fondation, faire tout ce que tu veux pour te rassurer sur l’honnĂŞtetĂ© de ces deux organismes et mĂŞme leur Ă©crire un mail afej@afej.asso.fr, mais s’il te plaĂ®t arrĂŞte de faire des hypothèses malsaines qui traduisent plus une volontĂ© de nuire consciente ou inconsciente que d’aider rĂ©ellement HaĂŻti et son peuple.
Tu as le droit d’ĂŞtre sceptique, de ne pas ĂŞtre d’accord avec un mot sur un texte qui en compte 4000, mais ici n’est pas le lieu du procès.
Erratum (avec toutes mes excuses) : le parrainage d’un enfant de l’Ă©cole est de 25 euros par mois… Pour l’enfant, cela reprĂ©sente :
- un accompagnement pédagogique
- les repas
- un suivi sanitaire
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