Article sĂ©lectionnĂ© par electricalstorm lors de sa semaine de rĂ©dac’chef !
Ce n’est pas que j’ai une expĂ©rience dĂ©mentielle, parce que je n’ai pas un long chemin derrière moi ni mille histoires comparatives… En revanche, Ă travers mon expĂ©rience et celle de ceux qui m’entourent, j’ai longuement rĂ©flĂ©chi sur la question : c’est quoi ĂŞtre amoureux ? Et pourquoi parfois ça ne marche pas ?
Au dĂ©part, on tombe amoureux comme dans les films. On a le cĹ“ur qui bat, on donnerait n’importe quoi pour passer chaque seconde avec l’ĂŞtre aimĂ©, c’est lui, on en est sĂ»re dans les cinq premières minutes, voilĂ c’est comme ça que ça doit ĂŞtre l’amour, le premier baiser et hop ! La belle au bois dormant qui pionçait tranquille au fond de nous se rĂ©veille d’un coup pour nous faire savoir que c’est le bon, The One !
Et puis, l’homme de sa vie, avec le temps, il est beaucoup moins parfait du coup… On a passĂ© un temps fou Ă essayer d’ĂŞtre la femme de la sienne de vie, Ă oublier qui on Ă©tait pour ĂŞtre celle qu’il attendait, et en fin de compte, ça ne ressemble pas au conte de fĂ©es que l’on avait imaginĂ©. C’est passionnel, viscĂ©ral, et ça nous rend malheureuse, on se bat pour ĂŞtre avec celui qu’on aime parce que ce n’est jamais simple… Ou bien simplement, on est tombĂ©e amoureuse certes, mais juste de l’homme qui ne fallait pas.
Lui veut vivre en banlieue, avoir six enfants, partir en vacances en Norvège, et moi je veux un loft Ă Paris ou Ă New York, visiter les plus belles plages du monde et faire maximum deux enfants parce que c’est du boulot… Il est levĂ© Ă 7h le dimanche et veut faire le marchĂ©, Ă peu près une heure plus tard après l’heure Ă laquelle j’ai rĂ©ussi Ă trouvĂ© le sommeil… Bref, mon histoire ou celle des autres, la passion qu’on a vĂ©cu s’avère destructrice et douloureuse, parce que malgrĂ© tout ce qu’on ressentait au dĂ©part face au quotidien finalement elle ne pèse pas lourd très longtemps !
Mais normalement, l’amour ça ne doit pas rendre malheureux ? Ça devrait ĂŞtre une ressource d’Ă©nergie et de tendresse, de joie et de sĂ©rĂ©nitĂ©, et pas un tumulte dans lequel on se perd et on ressent les choses avec violence, non ? Alors ça ne doit pas ĂŞtre ce genre de passion, qui vous grignote et dont on sort lessivĂ©e. Pourtant, c’est de cette façon que je concevais l’amour, comme beaucoup de gens, quelque chose qui transporte qui est intense et presque dĂ©vastateur. Cette mĂŞme passion qui a fait naĂ®tre de si magnifiques poèmes, de si beaux films, mais qui dans la rĂ©alitĂ© s’avère dĂ©vorante. Et on arrive toujours Ă se demander après cela, est-ce que je pourrais encore ressentir des choses ? Tomber amoureuse, c’est tomber, et ça fait mal…
Et puis de rencontre en rencontre, d’expĂ©rience en expĂ©rience, un jour, on passe du temps avec quelqu’un. On est pas raide dingue amoureuse dans la minute, mais on se sent bien. Petit Ă petit, on passe des bons moments, qui se dĂ©multiplient, on construit des petits projets, rien d’extraordinaire, partir en week-end, peindre un mur en vert, une sortie théâtre… et ce sourire qui ne quitte pas le visage est bien agrĂ©able. Non rien de violent, pas de signe de bondissement Ă©norme au creux du ventre, ni mĂŞme l’impression d’avoir Ă©tĂ© heurtĂ©e par un 33 tonnes Ă pleine vitesse… non juste un sourire qui ne veut pas s’effacer.
C’est lĂ qu’on se rend compte que lorsqu’il nous arrive un truc bien ou mal, une anecdote drĂ´le, ou une bonne grosse galère, la première personne Ă qui on a envie de parler c’est lui. Et rien que le son de sa voix nous calme, et le sourire malgrĂ© tout revient tout seul s’afficher sur notre visage apaisĂ©. On se surprend Ă faire des projets de plus en plus loin, et ça paraĂ®t simple.
Il faut donc se rendre Ă l’Ă©vidence, l’amour s’est glissĂ© dans votre cĹ“ur, alors qu’on aurait pas pariĂ© un euro sur le jeune homme, et lĂ on imagine pas vraiment la vie sans lui. Mais quand est-ce que ça m’est tombĂ© dessus ? Tout doucement, sans claques, naturellement sans avoir Ă en souffrir, juste avec de petits riens qui ont construit peu Ă peu le sentiment.
Finalement beaucoup de gens recherchent la passion, celle qui brĂ»le et qui laisse derrière des ruines. Je suis heureuse d’avoir compris que l’amour ne blesse pas, ne triche pas avec lui-mĂŞme. C’est une douceur au quotidien, ma paix et mon Ă©nergie, la ressource pour affronter le reste, l’inspiration crĂ©atrice, pour me construire et construire l’avenir ensemble.
(cc) jennifer buehrer
posté le 13/02/2012 | 604 vues | 1 commentaire | tags: sérénité passion Ego trip amour
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Some kind of unreal music #27 Chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter...
Some kind of unreal music #26 Voici donc les 5 sensations du printemps à l’essai. Alors oui, il y a beaucoup d’albums de vieux briscards...
Vente privée Fripesketchup Vous connaissez Fripesketchup ? La marque de vêtements, bijoux et accessoires Vintage...
Le couple, tout un concept. Je ne suis pas douée pour la vie à deux, je crois que ce n'est plus un secret pour vous. Je suis maladroite, chiante, un peu brute et j'en passe... Et il y a quelque chose qui me titille...
Nuits Fauves - le titre de Fauve, me trotte dans la tête depuis que je l'ai découvert. Subjuguée à chaque écoute par la violence, l'urgence de vivre et d'aimer qui émane de ces paroles. Ce titre fait écho au roman...
Du temps où Internet n’existait pas, quand il n’était pas possible de prouver dans la seconde la véracité de certains propos, toute rumeur devenait une information capitale. Les invasions vikings...
Le pire parfois, en catéchisme, ce sont ces laïcs dévoués qui s’offrent à former les enfants aux arcanes de la religion. Je me souviens d’une dame, la trentaine, habillée et coiffée...
Bang, bang ! Après les « Two mothers » indignes, voila les « Two Fathers » torturés. 2011 fut une année bénie : en France, Michaël Fassbender (Shame), Ryan Gosling (Drive)...
Manon a été troublée par ce contact physique inattendu. L’électricité transmise est remontée le long de son dos et n’était pas pour lui déplaire. Mais la morale lui interdit d’imaginer autre chose...
Très bel article.
Un jour, mon oncle m’a dit que la vie Ă deux est une souffrance. On a beau aimer l’autre, il faut des concessions, des sacrifices, vivre avec ses petits dĂ©fauts et manies au quotidien et, quelque part, s’oublier un peu. Pour que ça marche. Au dĂ©but, je me suis beaucoup oubliĂ©e pour mon chĂ©ri parce que j’avais dĂ©cidĂ© que ce serait lui et que, s’il avait peur de s’engager, je devais avoir confiance pour deux. Surtout, exacerber des traits de mon caractère qui lui plairaient Ă coup sĂ»r et en effacer d’autres. Au bout d’un certain temps, je me suis affirmĂ©e et ça n’a pas Ă©tĂ© sans heurts, mais, aujourd’hui, bien que la passion soit loin derrière nous, je sais que je l’aime et que je ne pourrais vivre avec personne d’autre. Parfois, je me dis que je ne suis plus amoureuse de lui, je l’aime, c’est autre chose et peut-ĂŞtre plus durable.