Oui, j’aime bien mettre mes sens en ébullition. Et le Vendredi soir venu, je frétille de bonheur dans la foule. L’ambiance est électrique, la foule se meut en pagaille plus ou moins au rythme de la musique, j’ai l’impression que tous les types autour de moi sont possédés.
Très vite, je perds de vue l’amie qui m’accompagne. Les basses sont tellement puissantes qu’il me semble que mon palpitant bat à l’unisson. Je décide d’essayer de m’avancer. Au fur et à mesure que j’approche de la scène, le son se fait de plus en plus fort. Mon corps n’est plus que vibrations.
Arrivée aux toutes premières loges, prise en tenailles entre la barrière qui sépare le public de la scène et la cohue en question qui me bouscule contre les barreaux métalliques, je regarde les membres du groupe s’affairer. Ils semblent tout autant azimutés que nous autres, aux prises avec leurs claviers constellés de centaines de commandes, le corps moulé dans des jeans droits et des t-shirts maculés de transpiration.
Leurs visages sont entièrement dissimulés sous des cagoules de Venom, l’ennemi symbiotique de Spiderman. Ça leur donne un certain charisme, assez troublant. L’agitation est grandissante. Mes oreilles commencent à bourdonner légèrement. A ma gauche, une dizaine de mecs ont renversé une barrière et tentent de monter sur la scène. Les vigiles se précipitent sur eux. C’est l’occasion ou jamais.
Je saute par-dessus ma barrière, me hisse sur la scène le plus vite possible. Je me retourne vers la masse humaine en bas. Aperçois mon amie. Elle brandit un pouce levé en ma direction. Je regarde les musiciens. Je pourrais passer le reste du concert postée derrière n’importe lequel d’entre eux, à le regarder bidouiller tous ces potards. Mais l’un des vigiles m’a vue et s’apprête à venir me faire descendre.
J’avise un briquet posé sur l’une des tables de mixage. Je cours le chiper, en bonne groupie. Puis respire un grand coup. Prends mon élan. Et saute dans la foule. Je suis déplacée dans les airs par une marée de bras inconnus. Mes oreilles bourdonnent de plus belle. Quand on me repose par terre, j’ouvre le poing que j’avais gardé serré jusque là . Je contemple mon briquet-trophée. Il y a une moto dessinée dessus.
(cc) Thomas Hawk
posté le 24/01/2012 | 340 vues | aucun commentaire | tags: le saut adrénaline foule anecdote Scène fiction concert
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