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29. mai 2012

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La Chieuse

RĂ©cit d’un amant de la mort - Partie II

Lire la première partie de “RĂ©cit d’un amant de la mort”

LA MORT ET MOI

- Avant de te raconter notre histoire, il te faut savoir que ce que nous sommes en train de vivre en ce moment, les questions que tu me poses, tu me les a déjà posées plus d’une fois.

recitdunamant2.jpg- Comment est-ce possible, je ne m’en souviens pas…

- Chut, laisse-moi te guider, mon amour : laisse-moi parler.

- Pourquoi ces mots doux rĂ©sonnent naturellement Ă  mes oreilles…

« Car mon amour, toi et moi, contrairement aux autres, notre histoire est le résultat de la plus grande erreur que « Dieu » ait jamais commise. Nous sommes les victimes éternelles de son erreur, mais son erreur voit tu auras permise à la naissance d’une autre justice autre que divine.

Il faut que tu saches que « Dieu » n’existe pas réellement pour le commun des mortels. Il est une entité camouflée derrière moult superstitions et croyances, il a différents noms, il représente plus de la moitié des religions mortelles. Le Dieu qui guide les humains n’est pas réellement celui que tout le monde connaît, essaie mon amour, un instant, de croire à l’impossible.

Imagine que, rĂ©ellement, nous ne sommes pas seuls dans l’univers et que dans cet univers, d’autres planètes existent. Le “Dieu” dĂ©signĂ© par la terre n’est qu’un autre dieu parmi les autres dieux qui dirigent les autres planètes de l’univers.

A la naissance de la planète Terre, « Dieu » reprĂ©sentait la mort et la vie. La mort et la vie s’Ă©quilibraient divinement bien grâce Ă  une mĂ©thode infaillible : Ă  chaque mort correspondait une vie.

Les Bouddhistes et les Égyptiens avaient compris avant tout le monde ce système de réincarnation : pour chaque âme qui disparaissait, une autre était « réinstallée » dans une nouvelle vie.

Un jour pourtant, un grain de sable vint se greffer dans les conduits parfaitement huilĂ©s de cette mĂ©canique, et ce grain de sable, mon amour, c’est toi. Alors que ma mort Ă©tait programmĂ©e depuis des millĂ©naires, tu l’as combattue, et tu m’y as rejoint.

Et c’est là l’erreur de « Dieu » car ta mort n’était pas programmée, elle n’était pas écrite ; « Dieu » a pourtant écrit de force ton nom dans le livre des morts. Chose qu’il n’aurait jamais dû faire, cela a entraîné une succession de chaos et d’horreur. Des morts pourtant écrites ne mourraient pas ; des vies ne naissaient plus.

Les « Dieux » des autres planètes prirent alors la décision extrême d’enlever le choix de vie et de mort à « Dieu » et me nommèrent à sa place. Ils ont réécrit l’histoire en effaçant notre amour, te réintroduisirent dans une vie, mais je leur fis promettre de nous laisser, à chacune de tes morts, une année humaine.

Comme tu n’as pas de trace des souvenirs de notre amour, je me rappelle Ă  toi de toutes les manières possibles. »

- OĂą est-il ?

- Tu sais très bien où il est.

- Va ; il t’attend.

Je me dirigeais vers ce qu’il me semblait être une porte, pourtant à mon contact elle disparut et laissa place, de nouveau, à ce couloir sans fond et sans âme. Je sentis l’épiderme de ma peau se soulever tel un bout de fer que l’on aimanterait. IL était là.

- Voilà longtemps que je ne t’ai pas vu petit humain, ta tête me manquait.

- Et bien vous l’avez devant vous et croyez-moi, cela va vous faire bizarre.

- Quoi donc mon petit ?

- De vous prendre une raclée par un humain.

- Mais que tu es drôle : ton humour aussi m’avait manqué. Voyons, sois sérieux : je suis Dieu, et tu n’es rien d’autre qu’une âme en éternelle perdition. Tu ne peux rien contre moi, par contre moi je peux te renvoyer d’où tu viens, ici et maintenant.

- Et comment feriez-vous cela, Dieu, car aux dernières nouvelles, vous n’avez plus ce droit de mort et de vie. Je me trompe ? Si je me souviens bien, la Mort est ma fiancée.

- Justement elle n’est que ta fiancée, votre amour n’est rien comparé à la force de Dieu.

- Poupette, tu peux venir un instant ?

- Mon amour je t’aime, mais appelle-moi encore comme cela et c’est moi qui te tue.

- Veux-tu m’épouser ?

- Vous ne pouvez pas l’épouser : vous êtes mort !

- En fait : je suis ni mort, ni vivant, souvenez-vous bien. Ma puce, comment fais-tu pour faire venir les autres comme lui ?

- Les autres dieux ? Je ne sais pas, ils viennent d’eux-mêmes, mais ils ne se sont pas déplacés depuis…

- Depuis que l’autre a jouĂ© avec ma vie et ma mort, c’est ça ? HĂ© ho vous m’entendez bande d’enfoirĂ©s de dieux de seconde zone : c’est le zombie qui vous parle ! Ramenez vite vos miches divines chez la mort, elle vous attend !

- Mon amour, tu ne peux pas faire ça, ils vont te tuer.

- Mon amour, ils l’ont déjà fait.

(cc) Lauren Treece

 

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